Abbaye de Bénédictines, dite abbaye Saint-Georges, caserne Saint-Georges, rue Gambetta
Abbaye de Bénédictines, dite abbaye Saint-Georges, caserne Saint-Georges, rue Gambetta (abbaye, 10e siècle ; 3e quart 17e siècle) fait partie du patrimoine de Rennes (Ille-et-Vilaine) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.
| Dénomination | abbaye |
|---|---|
| Datation | 10e siècle ; 3e quart 17e siècle |
| Matériaux | granite, schiste, moellon |
| Statut | propriété de la commune |
| Domaine | architecture religieuse |
| Référence | IA35022376 |
Historique
L'abbaye Saint-Georges de Rennes est la plus ancienne abbaye de femmes de Bretagne. Elle est fondée en 1032 lorsque le duc Alain III de Bretagne offre à sa sœur Adèle cette "porcion de sa comté de Rennes laquelle il luy octroya, et à la requeste d'elle la fist consacrer et dédier en abbaye perpétuelle en l'honneur de Saint-Georges martyr" d'après Pierre Le Baud dans son Histoire de Bretagne. Adèle de Bretagne devient donc la première abbesse de l'abbaye Saint-Georges, fonction qu'elle exerce jusqu'à sa mort vers 1062. Cette première abbaye est brulée à la fin du 12ème siècle tout comme une partie de la ville par Henri II d'Angleterre. L'abbaye Saint-Georges est ensuite reconstruite en 1670. Cette abbaye est notamment réputée pour avoir accueilli des femmes venant de l’élite, comme des filles nobles ou de la haute bourgeoisie. Toutefois, il semblerait que cette démarcation sociologique ne soit plus aussi claire en 1789. En effet, sur 44 religieuses retrouvées à cette date, on dénombre une douzaine de sœurs converses (religieuses employées principalement aux travaux domestiques et d'extraction plus populaire), soit plus du quart de l’effectif des religieuses.Au moment de la Révolution française, les bénédictines de cette abbaye se montrent particulièrement résistantes face aux agents municipaux qui ne parviennent pas à faire appliquer les lois. Elles refusent notamment de signer les procès verbaux ou d'élire une supérieure et une économe comme la loi l'exige. Le 14 mai 1792, un arrêté est pris pour faire évacuer l'abbaye même si pour cela, la force doit être employée. Celui-ci stipule que « l’arrêté du département doit avoir son entière exécution, que les commissaires ayant épuisé tout moyen de douceur, il ne reste plus quand on y est contraint qu’à employer ceux de la force ». Ainsi le directoire autorise à « recourir à la force pour faire évacuer la maison dite Saint-Georges » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1Q880). C’est ainsi que le 15 mai, les commissaires retournent à Saint-Georges et trouvent les portes fermées. La supérieure refuse cette fois-ci catégoriquement de les faire ouvrir et les commissaires ordonnent donc au serrurier de crocheter la porte pour accéder à l’abbaye. Puis à nouveau ils trouvent la porte du cloître fermée ce qui amène à un nouveau crochetage. Les commissaires après avoir fait le tour de l’abbaye finissent par trouver toutes les religieuses réunies dans la chapelle des morts. Cette fois ci, les bénédictines n’ont plus d’autre choix que de suivre les directives des commissaires et l’abbesse déclare donc au nom de toutes qu’elles veulent être transportées chez les dames Budes ce qui est fait mais ne sera en réalité qu'une situation provisoire puisque le couvent des dames Budes de Rennes est lui aussi fermé le 19 octobre 1792. La fermeture de l'abbaye en mai 1792 est d'ailleurs très précoce et se fait avant même que les décrets officiels sur la fermeture des couvents ne soient actés. Cette fermeture est notamment dû à une volonté du district de Rennes de transformer ces bâtiments en caserne de Dragons comme en atteste le passage suivant: "L’avis du district tendant à lequel la maison de st Georges soit designée pour l’etablissement d’une cazerne comme etant la seule qui puisse convencre, reunissant pour les avantages qui y sont propres, savoir la facilité d’y loger un Regiment entier de dragons et par Conséquent l’assurance d’une surveillance prompte et active, la commodité d’y pouvoir loger les fourages pour la ration des 4 jours, d’être près de la riviere dans sa plus belle partie, deux Considération également importantes ; L’economie aussi qui en resultera puisque dans l’etat present su les 4 escadrons du regiment se trouvoient à Rennes et en couteroit par années 13892 livres pour leur cazernement que la dite maison de St Georges comparée avec celle du Colombier qui avoit été designée, ne promet, ne permet plus de douter depuis le dernier examen, qu’elle seule convient par sa solidité, son étendue, que celle au contraire du colombier outre qu’elle ne seroit pas suffisamment grande est mauvaise, que la très grande partie des murs est à refaire, qu’en un mot le principal objet, la reunion du regiment sous la surveillance des chefs, seroit évidemment manquée, tandis qu’à St Georges même les officiers et l’etat major y seroit parfaitement bien logés" (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, V 1Q880) . Une fois les religieuses évacuées, l'abbaye devient donc la caserne des dragons comme le district l'avait prévu.(Sarah Kergus, enquête thématique départementale, 2025)
Description
La première abbaye est fondée en 1032. Le domaine initial de l'abbaye avait pour limite au nord l'ancienne voie romaine de Rennes au Mans, au midi la rive gauche de la Vilaine, à l'orient les possessions de l'abbaye Saint-Melaine et à l'occident la ville de Rennes comme le rappelle Guillotin de Corson. La première abbaye de femmes est détruite lors des guerres au 12 ème siècle et reconstruite en 1670. Les deux premières pierres sont posées le 24 mars 1670 par l'évêque de Rennes Charles de la Vieuville et l'abbesse Magdeleine de La Fayette. Mais aujourd'hui, il reste à peine la moitié de l'ensemble que constituait l'abbaye avant que les révolutionnaires n'en prennent possession. Guillotin de Corson dit que "derrière le vaste édifice dont les formes architectoniques accusent la date du 17e siècle, venaient se souder en équerre, dans la direction du Nord, trois corps de logis parallèles, séparés les uns des autres par des préaux; celui du milieu était le jardin de l'abbesse, qu'entourait le cloitre, rebâti au commencement du 18e siècle. {...] Dans ces spacieux bâtiments étaient répartis, outre les cellules de l'abbesse et des dames de choeur, les dortoirs, le réfectoire, la bibliothèque, l'infirmerie, la salle du Chapitre, la sacristie et toutes dépendances de la communauté. Le cloître et les corps de logis parallèles, se dirigeant du Sud au Nord, aboutissaient à l'église abbatiale, de style roman: elle se composait d'une nef accostée de collatéraux, d'un transept ou croisée, et d'une abside terminée circulairement avec son deambulatorium, subdivisé en onze travées rayonnant". La tour du clocher a quant à elle été démolie vers 1820. Les anciennes dépendances de l'abbaye ont laissé place à des voies publiques et des propriété particulières. Aujourd'hui seule la face du palais dit Saint-Georges est encore visible. Le bâtiment central comprend une galerie orientée vers le sud et composée de 19 arcades. Au-dessus des piliers de chaque arcade se trouvent des lettres en fer formant le nom de « MAGDELAINEDLFAYETTE » en lettres capitales, ces lettres faisant référence à Magdeleine de la Fayette, l'abbesse qui a fait agrandir et moderniser l’édifice au 17e siècle. Au centre de ce bâtiment se trouve un fronton circulaire surmonté d’une croix et contenant un blason coupé de la France et de la Bretagne. Entre le premier étage et le deuxième, au niveau du fronton central ainsi qu’à chaque extrémité se trouve le blason des La Fayette. L'intérieur du palais a été totalement détruit suite à l'incendie de la nuit du 4 au 5 août 1921. Il accueille aujourd'hui la caserne des sapeurs pompiers, la police municipale, ainsi que des services administratifs de la ville. (Sarah Kergus, enquête thématique départementale, 2025)
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Voir aussi : que faire à Rennes · patrimoine d'Ille-et-Vilaine
Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.
