Cathédrale Saint Paul-Aurélien, place Alfred de Guébriand
Cathédrale Saint Paul-Aurélien, place Alfred de Guébriand (cathédrale, limite 13e siècle 14e siècle ; 2e quart 15e siècle ; 3e quart 15e siècle ; 2e moitié 16e siècle ; 1er quart 20e siècle) fait partie du patrimoine de Saint-Pol-de-Léon (Finistère) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.
| Dénomination | cathédrale |
|---|---|
| Datation | limite 13e siècle 14e siècle ; 2e quart 15e siècle ; 3e quart 15e siècle ; 2e moitié 16e siècle ; 1er quart 20e siècle |
| Matériaux | pierre, calcaire, granite, kersantite, pierre de taille |
| Statut | propriété de la commune |
| Domaine | architecture religieuse |
| Référence | IA00064958 |
Historique
Transept de style roman partiellement conservé datant du 12e siècle, construit sous l'evêque Hamon. Nef et massif occidental à deux tours d' inspiration normande fin 13e ou début 14e siècle. Reconstruction partielle du transept et achèvement du chœur sous les évêques Jean Prigent (1436-1439) et Guillaume Ferron (1439-1472). Modifications aile sud 2e moitié 16e siècle. Maison 16e siècle probablement ancienne chambre forte ou salle du chapitre, actuelle sacristie. Cimetière au sud détruit en 1773. Edifice majeur de l' architecture religieuse bretonne, influencé stylistiquement, comme Dol et Quimper par les créations normandes de la 1ère moitié du 13e siècle, mais aussi anglaises (Devon, Cornwall) puis celles du domaine royal français. Emploi inhabituel en Bretagne de la pierre calcaire de Caen acheminée par voie maritime jusqu' à Pempoul et Roscoff.(Christel Douard, Catherine Toscer. 1984)La ville de Saint-Pol occupe le site de l’ancien Castellum leonensis (pour legionensis), camp retranché établi par les Romains sur le territoire de la civitas des Osismes. Conan Mériadec, prince de Domnonée, passe pour y être mort en 421. Au VIe siècle, un moine gallois du nom de Paul Aurélien débarque à Ouessant, fonde un monastère sur l’île de Batz puis devient évêque de la cité qui porte depuis lors le nom latin de Castrum Pauli Leonense, en breton Kastel Paol, rappelant ainsi sa double origine. La première cathédrale sur laquelle on ne sait rien passe pour avoir été détruite lors d’un raid normand vers 875. Un nouvel édifice fut bâti probablement au cours de la première moitié du XIIe siècle. Il en subsiste des éléments dans le bras nord du transept : des baies étroites murées et, au-dessus des voûtes actuelles, des arcatures géminées avec traces de décor peint. Cette cathédrale romane qui devait être non voûtée fut gravement endommagée vers 1170 lors de raids dans le Léon des troupes d’Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre et prétendant au duché de Bretagne. La reconstruction de la cathédrale actuelle fut entreprise par la façade occidentale, probablement vers 1230, sous l’évêque Derrien (1234-1238). L’élévation de cette nouvelle façade à deux tours de type normand s’étirera jusqu’au XIVe siècle. La nef élevée durant la seconde moitié du XIIIe siècle, sous l’évêque Yves, est consacrée en 1334. Les voûtes ne seront réalisées que plus tard, vers 1370-1380. La découverte récente de peintures au dessus des voûtes du collatéral sud confirme cette installation tardive du voûtement. Entre le porche sud et le bras sud du transept, trois chapelles ouvertes sur le collatéral sont également ajoutées au XIVe siècle. La reprise des bras de transept, vers la fin du XIVe ou le début du XVe siècle, apparaît comme un rhabillage des structures romanes dont on conserve l'épaisseur et la hauteur des murs, nettement moindre que celle de la nef. La reconstruction du chœur s'effectue sous les évêques Jean Validire (1427-1432), dont on voit les armes à la clef de la voûte de la troisième travée, puis Jean Prigent (1436-1439), dont les armes figurent sur la clef de la dernière travée. Dans la foulée de l'édification du nouveau chœur, on reconstruit également la croisée, sous l'épiscopat du même Jean Prigent. Au cours de la deuxième moitié du XVe siècle, une clôture en kersantite, en partie ajourée et sculptée, assortie d’autels orientés et d’enfeus, est établie autour du chœur. Elle est complétée par un jubé (disparu) puis au début du XVIe siècle par une double série de stalles en chêne sculpté. Les travaux du XIXe siècle concernent essentiellement, à l'extérieur, la réfection totale des garde-corps disparus de la façade occidentale, porche, galerie du sommet de la nef et garde-corps de la tour nord, la réfection du pignon du porche sud et la restitution de plusieurs éléments de couronnement. A l'intérieur, on rétablit au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle la continuité de la clôture de chœur en restituant à l'identique de ce qui subsistait les parties disparues.(Jean-Jacques Rioult. Enquête thématique régionale architecture gothique. 2008)
Description
Plan et ordonnance intérieureLa nef de la cathédrale, édifiée à partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, est un bel exemple d’architecture normande transposée en terre bretonne. A la différence de la façade et des tours, qui sont édifiés en granite, elle est entièrement bâtie en calcaire de Caen, importé par bateaux et débarqué dans l’ancien port voisin de Pempoul, à l’est de la ville. La travée d’entrée est délimitée par deux fortes piles fasciculées qui supportent la masse des tours. Les piles composées des grandes arcades présentent une ordonnance impeccable et rigoureuse. Le rouleau interne retombe sur une colonne plaquée contre un dosseret dont les angles sont retaillés par un cavet, les rouleaux externes retombant sur des colonnettes, les voûtes du côté de la nef comme du côté des collatéraux retombant sur un groupe de trois piles dont le diamètre n’excède pas celui des colonnettes intermédiaires. Avec un aspect décomposé, qui marque davantage les articulations, et une notable diminution du volume des piles qui reçoivent la retombée des voûtes, cette ordonnance est une transcription de celle des grandes arcades de la nef de Coutances. Les bases à galettes, les chapiteaux à quatre crochets, ou à feuilles stylisées repliées alternativement vers l’extérieur ou l’intérieur appartiennent également à la mouvance normande.La première travée, au droit des tours, présente une élévation à trois niveaux de type traditionnel : comme dans les modèles normands contemporains, les grandes arcades y sont surmontées d’un triforium à deux larges baies en tiers point soulignées par un tore et recoupées chacune en deux par une colonnette tandis qu’un passage au niveau des fenêtres hautes est flanqué de deux petites baies en arc outrepassé dont la hauteur s’arrête à l’appui de la fenêtre haute. A partir de la deuxième travée, sans qu'il soit avéré qu'il y eu véritablement interruption du chantier, ce parti d’élévation fut abandonné au profit d’un autre, adopté pour tout le reste de la nef. Dans cette nouvelle formule, le triforium, bordé par des frises de trilobes et de quadrilobes refouillés typiquement normandes, est constitué d’une claire-voie plus basse, à deux baies centrales encadrées par deux autres plus étroites. Cette solution originale qui aligne les baies latérales du triforium avec celles du passage au niveau des fenêtres hautes, relie plus fortement les parie hautes de l'élévation. Autre différence marquante, les colonnettes employées dans les arcatures du triforium de la première travée sont remplacées par des piédroits simplement chanfreinés dans lesquels des arcs à mouluration complexe viennent pénétrer directement selon une formule alors inédite en Bretagne, également employée pour les arcs segmentaires des portes du portail occidental. L’emploi des moulures à pénétration directe, emprunté lui aussi à l’architecture normande de la première moitié du XIIIe siècle, qui n’en fait toutefois qu’un usage ponctuel, est ici systématisé, probablement pour la première fois. Ce dépouillement relatif n’en sert que mieux la rythmique de l’élévation : des recherches semblables d’épuration de la modénature se retrouvent sensiblement à la même époque dans les élévations des chœurs de Dol et de Saint-Sauveur de Redon.Cette nef frappe par son harmonie et son homogénéité qu’entame à peine une modification effectuée au XIVe siècle au niveau des trois dernières travées du collatéral sud. On a simplement à cet endroit ouvert le mur gouttereau, construit de nouvelles arcades dont les chapiteaux à corbeille bombée et le décor floral foisonnant se démarquent des modèles épurés du XIIIe siècle, et créé trois chapelles communicantes tout en laissant au revers de l’ancien mur les masses des contreforts contre lesquels ont alors été greffées des colonnettes supportant la retombée des voûtes des nouvelles chapelles. En face, dans le collatéral nord, trois enfeus installés aux XIVe et XVe siècles, abritent depuis le XIXe siècle des confessionnaux. L'élévation du transept, qui ne comporte que deux niveaux au lieu de trois, introduit une solution de continuité dans le parti architectural. Curieusement, en face des fenêtres gothiques percées à l’ouest, les murs orientaux des deux bras de transept sont aveugles et des baies plein cintre étroites, rappelant les baies romanes primitives, ouvrent sur les combles des premières chapelles du déambulatoire. La reconstruction dut commencer par le bras sud, sans doute vers la fin du XIVe ou dans les toutes premières années du XVe siècle. Il est certain que l'on a d'abord conçu des bras de transept non voûtés, simplement couverts d'une charpente lambrissée : la charpente à chevrons-fermes soignée, avec entraits et poinçons octogones, qui subsiste dans le bras nord et dont les entraits sont en partie noyés dans l'extrados des voûtes confirme cette hypothèse. La grande baie à rosace percée dans le pignon du bras sud qui monte plus haut que le sommet des murs gouttereaux, de même qu'une autre baie p
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Voir aussi : que faire à Saint-Pol-de-Léon · patrimoine du Finistère
Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.
