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Cathédrale Saint-Samson, place de la Cathédrale

Cathédrale Saint-Samson, place de la Cathédrale (cathédrale, 13e siècle ; 14e siècle) fait partie du patrimoine de Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationcathédrale
Datation13e siècle ; 14e siècle
Matériauxgranite, pierre de taille
Statutpropriété de la commune
Domainearchitecture religieuse
RéférenceIA35049731

Historique

L´évêché de Dol, associé dès le haut Moyen-âge à la défense de la souveraineté bretonne, devient l´instrument d´une politique d´indépendance vis-à-vis du pouvoir carolingien. La métropole religieuse contestée de l´état breton est alors le siège d´un archevêché auquel sont attachés le pallium, la croix à double traverse puis la dignité comtale. La cathédrale primitive sur laquelle on ne sait quasiment rien, accompagnée d´un château, convoité par les ducs normands et les rois francs, appelé - la tour de Dol -, constituait un ensemble épiscopal isolé au nord-ouest de la ville. Les vestiges romans conservés à la base de la tour nord, seuls éléments conservés de cette époque, ne sont pas aisés à interpréter. Quoi qu´il en soit, cette position excentrée de la cathédrale romane, tangente au rempart, et dont le front ouest était peu accessible, pèsera d´un poids déterminant sur la reconstruction de l´édifice.La construction de la cathédrale actuelle, entreprise par la nef vers 1250, est réalisée en deux temps. Les grandes arcades et les collatéraux sont tout d´abord édifiés par un premier maître d´oeuvre ; le triforium et les fenêtres hautes ensuite par un deuxième. L´ensemble de la nef est terminé - à l´exception des voûtes ? vers 1275-1280. Le transept, le choeur et ses chapelles latérales sont construits au cours de la seconde moitié du XIIIe siècle : commencés sous l´évêque Jean Mahé (1266-1280), ils sont pratiquement terminés à la mort de son successeur Thibaut de Pouancé en 1301. L´installation d´une grande verrière d´axe consacrée aux épisodes de la vie du Christ, de saint Samson, de sainte Catherine et de sainte Marguerite, vers 1290-1300, marque la fin du chantier.Au début du XIVe siècle, une chapelle d´axe avec abside polygonale, consacrée à Saint-Samson, est greffée contre le chevet et raccordée au déambulatoire. Une salle capitulaire est aménagée sur deux travées dans l´angle rentrant du bras sud et de la nef, une sacristie, servant aussi de pièce pour le trésor, de l´autre côté du même bras, contre la première travée du choeur. Un grand porche, ouvert sur trois côtés, est également plaqué contre le portail du bras sud. À la même époque se poursuit l´édification de la tour sud. Les interventions du XVe siècle se limitent à des remaniements de détails tels ceux apportés sous l´évêque Étienne Coeuret (1405-1429) dans le décor du petit porche et probablement aussi dans celui du grand porche dont la voûte porte les armoiries de ce prélat ainsi que les murets qui en ferment les arcatures latérales.Au début du XVIe siècle, en 1507, l´installation contre le pignon du bras nord du tombeau monumental en arcade de l´évêque Thomas James, commandé aux frères florentins Juste, introduit sans doute pour la première fois en Bretagne le nouveau style italien. Vers 1515, l´évêque Mathurin de Plédran (1504-1521) entreprend la reconstruction de la tour nord en enveloppant la souche de l´ancienne tour romane. Cette construction renforcée par un épais et massif contrefort biais demeure inachevée et marque la fin du chantier de la cathédrale gothique. La tour sud, qui abrite l´horloge, reçoit en 1663 un campanile au sommet de son escalier en vis, dû à l´architecte Pierre Corbineau tandis qu´une nouvelle sacristie est construite au chevet, dans l´angle sud-est, en remplacement de celle située à l´angle du choeur et du bras sud. En 1700 enfin, lors de l´installation d´un nouvel orgue, la verrière occidentale est réduite et son réseau remplacé par trois simples baies surmontées d´un oculus ; c´est sans doute aussi à cette époque que le porche occidental est démonté. Vers le milieu du XIXe siècle, le grand porche sud est restauré, son décor de bas-reliefs en calcaire refait en totalité en 1898.(Enquête thématique régionale , Jean-Jacques Rioult 2008)De l'édifice roman subsistent : la base de la tour nord dans le collatéral nord qui peut dater du 11e siècle (?), le mur sud de la même tour du 12e siècle ainsi que le parement intérieur de la tour sud et quelques éléments d'appareillage à la base de la façade occidentale. La construction de la cathédrale actuelle est entreprise par la nef vers 1250. Les grandes arcades, les collatéraux et le petit porche sud sont édifiées lors d'une première campagne. Après changement de parti, un deuxième maître érige les parties hautes avec triforium et fenêtres hautes. A cette date les piles initiales sont renforcées et entourées de colonnes montées en délit. Le transept, le choeur avec ses chapelles latérales furent construits au cours de la 2ème moitié du 13e siècle, le choeur est pratiquement terminé vers 1300, date de l'installation de la maitresse-vitre. Au début du 14e siècle, édification de la chapelle d'axe du chevet, puis construction du grand porche accolé au bras sud et de part et d'autre de ce dernier, à l'ouest, la salle capitulaire, à l'est le trésor. Au cours du 14e siècle, fermeture latérale du grand porche sud. Au 15e siècle, remaniements de détails au petit porche sous l'évêque

Description

Plan et ordonnance intérieureLa construction de la cathédrale actuelle fut entreprise probablement vers 1245-1250, après le retour des reliques de saint Samson de Normandie en 1223. Le nouvel édifice devait être à la mesure des prétentions du siège de Dol à être depuis le haut Moyen-âge la métropole de la Bretagne, indépendante de Tours. Les travaux commencèrent à l´ouest par la nef, à partir de la tour romane nord. Dans un premier temps, la nef fut édifiée jusqu´au-dessus des grandes arcades, et scandée de piles monocylindriques, principe qui rappelle les élévations de maintes églises de basse Normandie et que l´on emploie au cours de la première moitié du XIIIe siècle dans les choeurs de Coutances et de Lisieux, à l´église abbatiale de Hambye, dans les nefs de la collégiale Saint Évroult de Mortain ou de l´église Notre-Dame de Vire, mais aussi dans le déambulatoire du Mans, dont les bases à huit pans sont ornées d´arcatures semblables à celles des piles de Dol. Ce parti d´élévation originel a subi d´importantes modifications qui en ont radicalement travesti l´aspect. Les murs des collatéraux furent également édifiés au cours de cette première campagne. Leurs fenêtres sont constituées de deux lancettes jumelées sous un arc dont les tympans sont percés d´oculi ornés de réseaux de calcaire de Caen finement évidés. Ce principe ornemental que l´on retrouve dans le décor sculpté du petit porche sud fait référence aux grands chantiers de la Normandie toute proche, comme le cloître du Mont-Saint-Michel, la nef de Coutances ou encore le déambulatoire d´inspiration normande de la cathédrale du Mans. Tous ces éléments rattachent indéniablement la filiation des références du premier maître d'oeuvre de Dol à la mouvance normande.L´analyse menée par A.-C. Le Boulc´h dans sa très pertinente étude du chantier de Dol a mis en évidence l´interruption de cette première campagne et les différentes modifications apportées aux piles des arcades ainsi qu´aux collatéraux. Il est probable que le premier projet, arrêté au-dessus des grandes arcades pour le vaisseau central, y prévoyait un mur peu épais, dépourvu de galeries de circulation dans les parties hautes. Ce parti d´élévation comportant des ouvertures béant sur les combles des collatéraux et des fenêtres hautes simples laissant de chaque côté un important plein de mur, se retrouve dans la première moitié du XIIIe siècle dans de nombreuses églises de Normandie, par exemple dans les chœurs de Hambye et dans l´élévation des nefs de Vire et de Mortain.L´arrivée d´un deuxième maître d´œuvre qui modifie de façon radicale le parti initialement prévu apporte à l´élévation de la nef son indéniable originalité. Des colonnettes détachées disposées en croix sont ajoutées après coup aux piles des grandes arcades. Du côté de la nef, elles reçoivent la retombée des voûtes ; du côté du collatéral, leur extrémité supérieure, en saillie par rapport à la retombée des voûtes, trahit complètement leur ajout postérieur. Les nouvelles piles composées obtenues, cantonnées de colonnettes détachées en délit du côté de la nef et des collatéraux et de colonnettes adossées et assisées dans le plan des arcs sont très probablement d´influence anglaise. Dans les bas-côtés, les colonnes recevant les voûtes sont curieusement encastrées dans les murs gouttereaux dans lesquels on a au préalable réservé des gaines bien visibles, tandis qu´en face, faute de place, les nervures des voûtes retombent maladroitement, à l´étroit sur les tailloirs des piles de la nef.L´importante modification des parties basses de la nef est étroitement associée à l´édification des parties hautes dont la conception remarquable et atypique mérite d´être soulignée. L´ordonnance du triforium, à deux arcades, et celle du niveau des fenêtres hautes où le mur est dédoublé par trois arcatures à l´aplomb intérieur, rappelle bien sûr les élévations des églises romanes normandes. Le dépouillement de l´ornementation, le jeu avec la plastique des parois davantage dû à la hiérarchisation de la modénature y a des accents nouveaux, inspirés des exemples d´outre-Manche.La claire-voie du triforium est divisée en deux arcades qui retombent sur une unique colonne médiane. Sur la paroi du fond, ces deux arcades sont chacune plastiquement recoupées par deux petites arcades géminées qui reposent sur des consoles en forme de culots coudés, principe qui n´est pas sans rappeler celui des fenêtres du collatéral nord. L´examen en contre-plongée de l´ensemble montre bien que ce parti, loin d´être purement esthétique, est aussi structurel. Les arcades principales sont en effet doublées, en retrait de leurs rouleaux par d´autres arcs qui travaillent à la manière de petites voûtes, répartissent les charges et soulagent les parties inférieures de l´élévation. Les petites arcades plaquées dans le tympan contre la paroi du fond et ancrées dans celle-ci à l´aide de consoles en culots coudés servent à recevoir les queues des pierres qui constituent ces grands arcs de

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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