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Cathédrale Saint-Tugdual

Cathédrale Saint-Tugdual (cathédrale, 12e siècle ; 13e siècle ; 14e siècle ; 15e siècle ; 16e siècle) fait partie du patrimoine de Tréguier (Côtes-d'Armor) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationcathédrale
Datation12e siècle ; 13e siècle ; 14e siècle ; 15e siècle ; 16e siècle
Matériauxgranite, pierre de taille
Statutpropriété de la commune
Domainearchitecture religieuse
RéférenceIA22017539

Historique

Fondé au 6e siècle par le moine gallois Tugdual, le monastère de Landreguer ou Lan Tréguer, bénéficie d´une aura précoce. Devenue le siège d´un évêché, son église, saccagée par les normands, fut rebâtie vers 970 puis de nouveau au 12e siècle. La tour dite de Hasting, située à l´extrémité du bras nord du transept, conserve le souvenir de l´important édifice roman rebâti alors, sans doute majeur dans le contexte breton. La volonté de conserver cette partie de l´église, sacralisée par le tombeau de saint Yves, situé dès la mort de ce dernier dans le bras nord et objet d´un pèlerinage précoce, explique sans doute la survivance de ces vestiges.Le chantier de la cathédrale gothique fut entrepris par la façade occidentale bien avant le 14e siècle. Les parties basses de cette façade ainsi que celles des travées occidentales des collatéraux, en schiste, pourraient correspondre à cette première campagne gothique, situable dans le dernier quart du 13e siècle. Les travaux semblent avoir repris pour la partie orientale des collatéraux, le reste de la nef et surtout l'ensemble de ses parties hautes à partir de 1339, sous l´évêque Richard Du Perrier. A cette campagne se rattache également le porche sud dit du peuple. Le chantier à peine redémarré fut interrompu vers 1345 lors de la guerre de Succession de Bretagne et reprit durant la seconde moitié du 14e siècle. Le transept et le chœur furent essentiellement réalisés dans le dernier quart du 14e siècle et autour de 1400 : la clef de voûte de la 2e travée du chœur porte les armes de l´évêque Pierre Morel (1385-1401) originaire de Guingamp. La tour des cloches, édifiée vers 1430 à l´extrémité du bras sud et percée elle-même de son propre porche, renforce l´accent sur la façade méridionale. A la même époque se construit au nord, à la rencontre du collatéral nord et du transept, la chapelle funéraire du duc Jean V. Enfin, vers 1450-1460, la construction d´un cloître au nord du chœur, sous l´épiscopat de Jean de Ploeuc, marque la fin des campagnes de construction de la période gothique. La flèche de la tour des cloches, à l´extrémité du bras sud, non réalisée à l´époque gothique est une création de 1785 qui s´inspire librement du modèle trégorrois. Le mobilier de la cathédrale fut saccagé sous la Révolution, les tombeaux de saint Yves et du duc Jean V détruits. La restauration de l´ancienne cathédrale commencée en 1841 se poursuivit jusqu´à la fin du 19e siècle : elle a concerné essentiellement tout le couronnement de la nef et du chœur, garde-corps et pinacles, laissés inachevés depuis la fin du Moyen Age. Enfin le lambris de couvrement du cloître fut restitué lors des travaux de 1910.La tour dite de Hasting, à l’extrémité du bras nord est un vestige de l'édifice roman datable du milieu du 12e siècle. La cathédrale actuelle est construite à partir de la façade occidentale et les trois premières travées de la nef entre le troisième et le dernier quart du 13e siècle. Les parties hautes de la nef et le porche sud dit du peuple sont attribuables aux travaux commandés par l’évêque Richard du Perrier. Le chevet et les chapelles rayonnantes édifiés entre le troisième et le dernier quart du 14e siècle. Le transept est reconstruit dans le premier quart du 15e siècle ainsi que la tour des cloches et son porche. Le cloitre réalisé dans le troisième quart du 15e siècle, commencé sous l'épiscopat de Jean de Ploeuc est terminé sous celui de Christophe du Chastel.

Description

Parti de plan et élévations intérieuresLa nef de Tréguier dont l´aspect "bizarre et irrégulier" a dérouté les auteurs du 19e siècle, est le résultat d´influences diverses, d´innovations et de reprises : normande par la frise de calcaire qui court sous le triforium et le maintien du mur épais avec passage devant les fenêtres hautes, elle présente dans les détails des bases et des chapiteaux, dans celui des ses rouleaux d´arc à simples chanfreins, ainsi que le traitement de certains fenestrages, de nombreux accents anglais.La nef : un chantier fractionné et complexeLes forte piles cylindriques de la première travée de nef, dont on retrouve trace à la base des deuxièmes piles, postérieurement reprises en piles composées à quatre colonnes, semblent avoir présidé dans un premier temps à l´ordonnance de la nouvelle nef. Les collatéraux dont les voûtes retombent sur d'épaisses colonnettes arrêtées à mi hauteur du mur par des culots sculptés, rappelant l'architecture de plusieurs églises de basse Normandie, que l'on trouve par exemple appliquée dans la salle capitulaire de Beauport, correspondent à ce premier projet de reconstruction. Toutefois leurs fenêtres à larges ébrasements que surmonte un arc non ébrasé, d'un modèle identique à celui qu'elles présentent à l'extérieur, ne permet guère de situer cette première campagne gothique avant les dernières années du 13e siècle voire le début du 14e siècle. On trouve dans les parties basses de la nef de Brelévenez près de Lannion, la mise en œuvre systématique de ce premier projet de reconstruction de Tréguier.Au niveau de la dernière travée du collatéral nord, juste avant le bras sud, une porte murée donnait initialement dans l'ancienne salle capitulaire qui occupait contre le mur sud du collatéral les deux travées existant entre le porche du peuple et le bras sud, selon une disposition semblable à celle qui est toujours visible à la cathédrale de Dol. A partir de la quatrième travée de la nef les piles de plan octogonal qui présentent surtout du coté sud une alternance de temps forts et de temps faibles appartiennent indéniablement à une deuxième campagne qui pourrait correspondre à la reprise du chantier sous l'évêque Richard du Perrier en 1340. Du côté nord, les grandes arcades comportent deux voussoirs épannelés à simple chanfrein, forme caractéristique employée en Bretagne ainsi qu´en Angleterre dans de nombreux édifices du 14e siècle. Au niveau de la troisième pile, de sensibles différences dans la retombée des arcs entre les côtés nord et sud, sont révélatrices d´hésitations stylistiques tout autant que d´innovations. Au nord le voussoir externe de l´arcade retombe sur un congé sculpté : cette formule employée en Angleterre dès le milieu du 13e siècle par exemple dans le transept de l´abbaye de Netley, ne sera guère développée par la suite en Bretagne. Sur le côté sud en revanche, au niveau de la troisième et de la cinquième pile, la fusion des voussoirs dans la masse de la pile, est une formule innovante promise à un grand succès dans l´architecture gothique bretonne des 14e et 15e siècles. Un emploi systématique de cette formule se retrouve par exemple dans la nef de l'église Sainte-Catherine de La Roche-Derrien. Au lieu d´adopter comme dans la nef de Dol ou le chœur de Saint-Malo, le modèle français à arcatures géminées, le triforium est ici traité comme une suite d´arcatures trilobées, réduite à la largeur des fenêtres hautes. L´étude récente de Philippe Bonnet sur la cathédrale de Quimper a montré l´origine anglaise, les chantiers de Chester et d´Exeter, de cette conception qui traite le triforium comme une claire-voie continue relativement basse. Toutefois, si l´on retrouve ici, semblable à celle de Quimper, la frise de calcaire sculptée d´origine normande, qui court au dessus de grandes arcades, ainsi que la forme des arcatures trilobées, la réduction en largeur du triforium à l´alignement des fenêtres hautes, à la différence du grand modèle cornouaillais réintroduit la muralité, ainsi que l´avait fait remarquer André Mussat, et le passage devant les fenêtres hautes qui ne comporte aucun garde-corps reprend une tradition normande bien antérieure adopté dès le 13e siècle dans les parties hautes de la nef de Dol. Dans les deux travées qui touchent la croisée, la claire-voie du triforium, en calcaire, présente l´étrange association de faisceaux de colonnettes et chapiteaux à feuillages et d´arcs en plein cintre à simple chanfrein, qui est visiblement le fruit d´un remontage tardif. Le tracé dissymétrique et maladroit de l´arcade de la dernière travée, s´explique par le remontage du carré de transept dont les piles sont beaucoup plus importantes que celle de l´époque romane, alors que l´élévation de la nef était déjà établie. Le débordement du nouveau transept par rapport à la tour nord, bien visible à l´extérieur, confirme cette hypothèse. Le transept et la croiséeLe transept lui-même, greffé sur la tour nord dite de Hasting, a conservé, de part et d´autre d

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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