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Chapelle Notre-Dame-du-Kreisker, rue Cadiou, rue Verderel

Chapelle Notre-Dame-du-Kreisker, rue Cadiou, rue Verderel (chapelle, 15e siècle) fait partie du patrimoine de Saint-Pol-de-Léon (Finistère) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationchapelle
Datation15e siècle
Matériauxgranite, calcaire, pierre de taille
Statutpropriété de la commune
Domainearchitecture religieuse
RéférenceIA00064999

Historique

Édifice antérieur roman, détruit vers 1375. Élévation occidentale, nef, transept et chœur en partie fin 14e siècle. Travaux entre 1436 et 1472 affectant le bas-côté sud, puis construction des chapelles à pignons multiples aveuglant la nef. Construction de la flèche mesurant plus de 75 mètres probablement peu avant 1440 s' inspirant du modèle de la chapelle détruite de Notre-Dame-du-Mur à Morlaix construite entre 1372 et 1426. Influences stylistiques normandes (Saint-Pierre de Caen) et anglaises (style perpendiculaire) . Tour contemporaine de celles de Quimper et du Folgoët. Réparations en 1576. Édifice menaçant ruine en 1633. Réparations importantes au clocher en 1639 endommagé par la foudre. Nouvelle menace de ruine à la fin du 18e siècle. Restauration de la flèche en 1807 sur l' ordre de Napoléon Ier, à cause de son intérêt vital pour la navigation maritime. Le Kreisker est un édifice majeur de l' architecture religieuse bretonne.(Christel Douard, Catherine Toscer; Inventaire topographique.1984)L'origine du vocable de la chapelle du kreis kaer, attesté au moins dès le XIVe siècle et dont la traduction littérale signifie le “ centre de la cité ”, n'est pas clairement établie. Une très ancienne chapelle, sans doute romane, dont on sait seulement qu'elle était déjà consacrée à la Vierge, aurait préexisté sur le site. Cette tradition pourrait expliquer l'irrégularité du plan de l'édifice actuel qui aurait du tenir compte des contraintes de l'ancien dont les chroniques rapportent qu'il fut incendié en 1375 par les Anglais lorsqu’ils saccagèrent la ville. Cette date permet en tout cas de situer dans le dernier quart du XIVe siècle le début de la reconstruction de la chapelle. A l'instar de Notre-Dame de Quimperlé, de Notre-Dame-du-Mur à Morlaix ou de Notre-Dame-du-Guiaudet à Quimper, celle-ci servit dès sa reconstruction de lieu de réunion au corps de ville. Ce double usage religieux et municipal, auquel il faut adjoindre celui de surveillance et de défense de toute la partie sud de la ville, explique pour une bonne part la conception originale du Kreisker.La façade ouest, à l'exception de son extension vers le sud qui date du XVe siècle, les bras de transept et le chœur peuvent remonter à la première campagne de reconstruction, dans le dernier quart du XIVe siècle. Très rapidement, en particulier lors de l'édification de la tour de croisée, des changements de parti, en plan comme en élévation, interviennent et ce dès le premier quart du XVe siècle. D'abord, on décide d'élargir les chapelles méridionales de la nef et d'aligner leur mur sur celui du chœur : en même temps, on construit l'élégant porche sud qui ouvre sur la première travée du collatéral sud. Les armes de l'évêque Jean Prigent (1436-1439) à la clef de voûte de la croisée situent dans les années 1430 la construction de la tour centrale. Tous ces bouleversements du programme initial entraînent entre autre l'occlusion quasi totale des fenêtres hautes de la nef dont on ne conserve que l'éclairage du réseau. Le chantier se termine vers le milieu du XVe siècle par la construction d'un important porche au nord.(Jean-Jacques Rioult. enquête thématique régionale, Bretagne gothique. 2008)

Description

Plan et ordonnance intérieureComme l'avait justement observé Lucien Lécureux, l'intérieur de la chapelle présente des dispositions tout à fait uniques et insolites qui méritent que l'on s'y arrête. L'église reconstruite dans le dernier quart du XIVe siècle comportait primitivement une nef encadrée de collatéraux couverts d'un toit en appentis et son vaisseau central était directement éclairé par des fenêtres hautes, aujourd'hui en grande partie occultées. Le chœur quant à lui était probablement déjà flanqué au sud de deux chapelles aussi profondes que le bras de transept, si l'on en croit l'homogénéité de style entre la maîtresse vitre et celles de ces chapelles. Les bras de transept de cet édifice sont peu développés : celui du nord, en tout cas, nettement oblique s'efface devant le tracé de la rue Verderel qui est une des voies anciennes de la cité et surtout son principal accès depuis l'est. Dans la nef comme dans le chœur, l'emploi d'un même profil d'arcades, de même qu'un modèle identique de chapiteaux tout à fait particulier plaide également dans ce sens.Les élévations intérieures de la nef et du chœur présentent une ordonnance atypique dont on ne trouve guère d'équivalent en Bretagne. Sur le côté nord de la nef sont encore visibles, à l'aplomb des travées, trois fenêtres hautes, en grande partie bouchées, ces fenêtres à deux lancettes surmontées de trilobes sont isolées et percées dans un mur plein. Sur le côté sud, en revanche, ces mêmes fenêtres, également partiellement bouchées suite à l'élargissement du collatéral, sont associées à un triforium formé d'une suite continue d'arcades trilobées, triforium que l'on retrouve, sans les fenêtres, dans la partie haute du mur sud du chœur. Cette dissymétrie radicale de l'élévation intérieure, assez rare, a de quoi surprendre, tout autant que l'intégration des fenêtres hautes du côté sud dans la coursière continue du triforium, seul exemple connu de cette disposition en Bretagne. Au cours de la première moitié du XVe siècle, sans doute peu avant 1430, la construction de la vertigineuse tour de croisée devant servir à la fois de nouveau beffroi municipal et de clocher paroissial, nécessite un meilleur contrebutement. Pour répondre à ce nouveau besoin, la conception architecturale de l'édifice est alors entièrement repensée : de grands arcs diaphragmes intérieurs faisant office d'arcs-boutants sont lancés en travers des collatéraux dont les toitures, considérablement rehaussées et transformées en pignons perpendiculaires à la nef, contribuent au contrebutement de l'édifice. Cette modification radicale des collatéraux entraîne l'occultation aux deux tiers des fenêtres hautes de la nef. Au cours de cette importante transformation, la surface du collatéral sud est étendue en alignant le nouveau mur extérieur sur celui du bras sud ; en revanche, la présence de la rue Verderel au nord a empêché l'extension de la surface du collatéral nord.Ordonnance extérieureLa façade occidentale du Kreisker a conservé l'essentiel de sa composition originelle remontant à la fin du XIVe siècle : les extrémités des collatéraux, à l'origine en appentis, ont été remontées et alignées horizontalement au XVe siècle par un garde-corps continu, lors de l'extension du collatéral sud et la construction des porches sud et nord. La porte centrale, dont le style et la modénature sont caractéristiques des environs de 1400, est accompagnée sur sa gauche par une petite niche en arc trilobé, inhabituelle à cet endroit, qui servait sans doute initialement à abriter la statue de Vierge à l'Enfant du XIVe siècle, remontée au sommet du porche nord. Le sommet du pignon ouest avec ses clochetons latéraux empruntés aux compositions normandes du XIIIe siècle intègre ici un clocheton médian supplémentaire correspondant probablement à un premier projet de beffroi, si l'on rappelle que la chapelle servait de lieu de réunion pour la communauté de ville. Une disposition semblable se retrouve aux XVe et XVIe siècles, sur les églises de Malestroit ou de Guérande.L’élévation sud met l'accent sur la fonction symbolique de l'édifice qui marque et contrôle l'entrée sud-est de la ville, avec sa série de cinq pignons qui débordent largement des toits et sont doublés d'un chemin de ronde en escaliers, les étonnants petits jours percés dans les rampants ainsi que dans l'allège des grandes fenêtres, enfin son porche surmonté d'une tribune. Celle-ci, accessible depuis l'escalier en vis de la façade ouest par une volée d'escalier droite ménagée dans l'épaisseur du mur, et conçue comme pour servir à la prédication, rappelle le contexte de la fin du XIVe et du XVe siècle, celui des grands prêches donnés dans les villes par les ordres mendiants, parmi lesquels ceux de saint Vincent Ferrier sont restés célèbres. Un autre porche est construit au nord, en vis-à-vis de celui du sud, probablement vers le milieu du XVe siècle. Ce porche nord, à rapprocher de celui de Notre-Dame de Quimperlé, se présente comme une grande compositio

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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