Château de la Roche-Jagu
Château de la Roche-Jagu (château fort, 14e siècle ; Temps modernes ; Epoque contemporaine) fait partie du patrimoine de Ploëzal (Côtes-d'Armor) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.
| Dénomination | château fort ; demeure |
|---|---|
| Datation | 14e siècle ; Temps modernes ; Epoque contemporaine |
| Lieu-dit | Roche Jagu |
| Matériaux | grès, maçonnerie, moellon, granite, pierre de taille |
| Statut | propriété du département |
| Domaine | architecture militaire ; architecture domestique |
| Référence | IA00003987 |
Historique
La seigneurie de la Roche-JaguLe château de la Roche-Jagu s’inscrit dans un réseau de châteaux forts et de demeures fortifiées implantés sur le Trieux et ses affluents. A 9 km en amont se trouve Pontrieux (au sud de cette ville se dressait la résidence ducale de Châteaulin-du-Trieux), à 8 km en aval est implantée Lézardrieux et son château. Immédiatement au nord de la Roche-Jagu se trouvait le château de Botloï (Botloy) à Pleudaniel sur le Trieux, au sud était implanté à la confluence du Trieux et du Leff le château de Frinaudour à Quemper-Guézennec.La seigneurie de la Roche-Jagu s'étend dans les paroisses de Ploëzal, Hengoat et Pommerit-Jaudy et dans la trève de Runan. Outre le domaine proche avec sa retenue, les moulins et les métairies (Kereven, la Roche Jagu et de Camporz), le rentier de 1510 énumère les noms d’une cinquantaine de fermes dépendantes de la seigneurie.La seigneurie de la Roche-Jagu dépend de la châtellenie de Châteaulin-du-Trieux qui appartient à la baronnie d’Auvaugour et relève du comté de Goëllo. La dévolution de la seigneurie de la Roche-JaguJagu vit dans la seconde moitié du 11e siècle, il est traditionnellement considéré comme le fondateur de la Roche-Jagu (la Roche de Jagu). Il se serait vu confié un fief par Étienne, comte de Trégor et de Guingamp, seigneur de Goëlo, puis comte de Penthièvre en 1093.En 1123, Riou de la Roche, fils de Jagu est mentionné dans un document concernant l’érection de la paroisse de Saint-Sauveur de Guingamp.Les terres nobles de La Roche-Jagu passent ensuite à Richard, qui a épousé Vilaine de Rohan dans la première moitié du 13e siècle, puis à Prigent, leur fils, époux de Constance de Quélen (il participe à la Septième croisade menée par le roi Louis IX dit Saint Louis ; il est cité en 1284 dans des comptes ducaux), puis à Richard II (vers 1260-1320), leur fils, époux de Gasceline de Montfort (vassal direct de Jean II de Bretagne, il est mentionné dans le Livre des Ostz en 1294 où il doit un demi-chevalier pour le fief de Ploëzal).Leur fille, Denise (1320-1386), héritière de la seigneurie de la Roche-Jagu, épouse Henri de Troguindy.Catherine de Troguindy (1340-1418), fille de Denise de la Roche-Jagu et d’Henri de Troguindy, hérite de la seigneurie de la Roche-Jagu et épouse Maurice du Parc (1321 - vers 1383-1390). Lors de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364), Maurice du Parc, chevalier, prend parti pour Charles de Blois, époux de Jeanne de Penthièvre, duchesse de Bretagne contre les Monfort (capitaine de Quimper ; il est choisi pour le Combat des Trente en 1351 ; il est chambellan en 1359). Pendant cette guerre civile qui voit la victoire de Jean de Montfort, le château fort de la Roche-Jagu est démantelé par le connétable Olivier de Clisson afin qu’il ne puisse pas servir à nouveau. Maurice du Parc passe ensuite au service du roi de France : lieutenant et gouverneur de la vicomté de Limoges puis gouverneur de La Rochelle en 1377. Catherine de Troguindy, commanditaire du nouveau château de la Roche-JaguEn 1405, Catherine du Parc, dame de Troguindy et de la Roche-Jagu obtient du duc Jean V de Bretagne, "de faire édifier et rebâtir son château qui avait été démoli durant la Guerre d’Auray à la charge que le duc y aurait toujours son entrée libre sans empêchement de ladite Catherine".Durant le chantier, Marguerite de Clisson, héritière des Penthièvre et possédant Chateaulin-du-Trieux fait prisonniers les ouvriers en 1407. C’est Jean V qui les fait libérer en juillet de la même année.Les fils de Maurice du Parc, Henri du Parc (1365-1423, qui a épousé Catherine de Kersaliou et qui fut chambellan de Jean V, mais aussi gouverneur des places de Rennes et de Guérande) et Alain du Parc (mort en 1443, il a épousé Guillemette de Tréal) meurent sans descendance. La seigneurie de la Roche-Jagu passe à leur sœur Jeanne mariée à Rolland Madeuc, seigneur du Gué-Madeuc. Leur fille, Sybille épouse Geoffroy Péan, seigneur de Grandbois.C’est Roland Péan qui hérite de la seigneurie ; il épouse Marguerite de Tréléver. Leur fils, Jean Péan, époux d’Isabeau de Malestroit est élevé au rang de banneret en 1451 par le duc de Bretagne. Son fils, Pierre Péan, membre de la haute noblesse (2 000 livres de rentes nobles en 1481), époux de Marguerite de Coëtquen, commande l'une des lances de l'évêché de Tréguier : en reconnaissance de ses services au duc de Bretagne, il voit ses seigneuries de la Roche-Jagu et Grandbois érigée en baronnie en 1487. Pierre Péan meurt au combat en 1488 à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier.Sa fille Françoise (1472-1555) hérite de la seigneurie de la Roche-Jagu. Enlevée et mariée en 1590 à Louis de Coëtmen, vicomte de Tonquédec (mort en 1492), elle se remarie en 1494 avec Guillaume d’Acigné. Dès lors, le manoir de Villemario (Ville-Mario) à Saint-Quay-Portrieux est préféré au château de la Roche-Jagu. Son fils Jacques, époux de Françoise Chesnel, hérite de la seigneurie et la transmet à son fils Louis qui épouse Claude de Plorec, dame du Plessis-
Description
La situation géographiqueLe château de la Roche-Jagu est situé à 8 km en amont de Lézardrieux, sur la rive ouest du Trieux, là où le fleuve côtier marque un important méandre. Son implantation en hauteur - 60 m au-dessus du niveau de la mer - permet de surveiller l’amont comme l’aval du Trieux. De son implantation au sommet d’une rive escarpée vient vraisemblablement son nom roc'h, roche.Le château est alimenté en eau par le Stanco via un réservoir. Formes, matériaux et dimensionsLe plan général du château a été dicté par la présence d’une enceinte défensive côté Trieux, en rebord du plateau, que ses extrémités nord et sud débordant du logis et sa forte épaisseur trahissent. Le cadastre parcellaire de 1831 ne nous livre cependant pas d’information sur le tracé de cette enceinte et aucun diagnostic archéologique n’a été réalisé.Orienté vers le sud-ouest, le corps principal forme un angle rentrant (202 degrés) avec l’aile nord orientée vers le sud-sud-ouest. A la jonction des deux corps de bâtiment, se trouve une tour en demi-hors-œuvre abritant un escalier monumental en vis permettant la distribution verticale. Elle était probablement couronnée à l’origine d’une pièce haute en maçonnerie couverte en poivrière.Ces deux élévations sont percées de nombreuses fenêtres donnant sur la cour (quinze hautes et larges fenêtre, deux petites baies, un soupirail pour le cellier et des jours). Au niveau du deuxième étage, les portes et consoles (et têtes de poutres visibles sur des photographies anciennes) attestent de la présence d’une coursière ou "galerie" en encorbellement en bois permettant une circulation horizontale destiné à desservir, sans les traverser, les pièces de l’étage disposées en enfilade. La présence de latrines à l’extrémité nord de la coursière est attestée par un placard mural.Un second escalier en vis est implanté dans œuvre au sud du corps principal dans l’épaisseur du mur de refend et du mur gouttereau.Côté Trieux, la façade postérieure est marquée par la présence d’une tour au nord-est (en demi-hors-œuvre), d’une tour rectangulaire (en légère saillie) et d’une tour au sud-est (en demi-hors-œuvre, mais démarrant au niveau du premier étage). Les deux tours à pied - nord-est et rectangulaire - seraient des remplois du château primitif.Si les maçonneries sont majoritairement en moellon de grès rose ou rougeâtre de provenance proximale (Plourivo) simplement équarri (et en quantité moindre en "spilites de Paimpol", bleu-verdâtre, notamment dans les parties anciennes), les entourages des ouvertures, chaînes d’angle, rampants, chevronnières, escaliers en vis, cheminées, niches, corbeaux et consoles sont en pierre de taille de granite gris (granodiorite de Bréhat et de ses environs). La tour antérieure et la tour sud-est sont élevées en pierre de taille de granite.La surface du château selon le cadastre parcellaire est de 2 085 m2. La distribution du château et son fonctionnementRez-de-chausséeL’entrée se fait directement dans la salle basse. Elle est éclairée côté cour par deux grandes fenêtres à croisée et chauffée par une cheminée implantée dans le mur gouttereau postérieur. Située presque face à l’entrée, dans l’épaisseur du mur postérieure, se trouve une pièce chauffée dont l’usage n’est pas identifié (corps de garde, "bureau" de l’intendant ?)Dans l’angle sud-est se trouvent deux portes : la première donne accès à la poterne, la seconde à un escalier en vis assurant la distribution verticale sur quatre niveaux.Au sud de la salle basse et communiquant avec cette dernière par une porte se trouve un vaste cellier avec cave semi-enterrée.Au nord de la salle basse se trouve la tour qui sert d’accès à la cuisine et abrite l’escalier en vis.La cuisine et le rez-de-chaussée surélevé de la tour nord-est (dotée de deux placards muraux et servant probablement de bouteillerie ou souillarde) sont desservis par un ensemble de cinq passe-plats fermés par des volets en bois. La cuisine est dotée de trois cheminées - dont deux géminées implantées sur le pignon nord - et d’un four à pain avec hotte de cheminée (quoique relativement petit pour un château de cette dimension ?). Différente de celle des cheminées géminées (piédroits à triple colonnettes), l’ornementation de la cheminée implantée sur le mur gouttereau postérieur est identique à celle de la salle basse (large chanfrein, quart de rond chanfreiné en partie haute et pointe-de-diamant en partie basse). Des banquettes en maçonnerie permettent la desserte des plats et autres récipients. Un égout est aménagé dans l’angle nord de la cuisine. Premier étageL’escalier en vis dessert la grande salle. Elle est éclairée, côté cour par trois grandes fenêtres à croisée et coussièges, côté Trieux par deux fenêtres (dont l’une à coussiège unique) et chauffée par une cheminée implantée dans le mur gouttereau postérieur. Le mur de refend nord est doté d’une grande niche crédence. Côté Trieux, dans l’épaisseur du mur, se trouve la chapelle éclairée par une baie à remplage, fla
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Voir aussi : que faire à Ploëzal · patrimoine des Côtes-d'Armor
Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.
