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Couvent des Filles de la Croix puis des Soeurs du Christ, rue Saint-André

Couvent des Filles de la Croix puis des Soeurs du Christ, rue Saint-André (couvent, 4e quart 17e siècle ; 4e quart 19e siècle ; 3e quart 20e siècle) fait partie du patrimoine de Tréguier (Côtes-d'Armor) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationcouvent
Datation4e quart 17e siècle ; 4e quart 19e siècle ; 3e quart 20e siècle
Matériauxschiste, moellon, granite, moellon, granite, pierre de taille
Statutpropriété publique
Domainearchitecture religieuse
RéférenceIA22133307

Historique

Origine des Filles de la CroixLa congrégation des Filles de la Croix prend naissance dans la petite communauté fondée à Roye (Picardie) en 1625 par le prêtre Pierre Guérin. Sous sa direction spirituelle, cette communauté de quatre maîtresses, les Filles dévotes, s'emploie à l'instruction des jeunes filles de la ville. Le siège de Roye en 1636 oblige la compagnie à déménager près de Paris (Brie-Comte Robert), accueillie par Marie L'Huillier, veuve de Monsieur de Villeneuve (maître des requêtes de l'hôtel du Roi) qui consacre sa vie à de bonnes oeuvres. A cet effet, elle entretient une correspondance nourrie avec Vincent de Paul (fondateur de la Mission), Jeanne de Chantal et François de Sales (fondateurs de la Visitation). Elle s'intéresse vivement à l'institut des Filles de la Croix et songe à transplanter cet institut à Paris. Rapidement, elle entre en désaccord avec Pierre Guérin notamment sur la question des voeux, ce denier refusant que les filles prononcent des voeux irrévocables conformément aux règlements de la communauté. L'institut se scinde alors en deux en 1644 : - la branche de Roye, refusant de faire des voeux avec Guérin pour directeur avait trois maisons (Roye, Brie-Comte Robert et l'école Saint-Servais),- la branche de Paris faisant des voeux avec Froger pour supérieur, avait la maison centrale du Séminaire de la Croix à Paris, celle de Ruel et allait bientôt se ramifier par de nombreuses fondations à Aiguillon, à Barbezieux, à Guingamp, à Limoges, à Montluçon, à Moulins, à Narbonne, à Paris, à Québec, à Rouen, à Saint-Brieuc, à Saint-Flour, à Saint-Malo, à Tréguier, etc.Conformément à leurs constitutions, les Filles de la Croix ont pour vocation d'instruire les jeunes filles en élevant chez elles des pensionnaires ou en tenant des petites écoles, d'accueillir des femmes plus âgées souhaitant vivre dans le recueillement et la méditation ou des personnes en retraite.Les Filles de la Croix à TréguierAppelées de Saint-Flour (Auvergne) par monseigneur Balthasar Grangier, évêque de Tréguier, deux premières soeurs arrivent dans la cité épiscopale le 29 mars 1667. Après sept années passées à l'hôpital général, elles acquièrent, en octobre 1674, un important terrain et deux petites maisons entre la rue Saint-André et la rue des buttes dans lesquelles elles établissent leur couvent. Elles obtiennent leurs lettres patentes en 1682 et commencent la construction du couvent l'année suivante. Dans les dernières années du 17e siècle, Hélène Vorèse, mère supérieure et fondatrice de la communauté, fait construire la maison conventuelle dont la chapelle est bénite le 3 mai 1700.Dans le courant du 18e siècle, le couvent se développe grâce aux exercices de retraites mis en place par la Mère Vorèse dont le modèle servira dans toute la Bretagne. En 1706, la communauté compte déjà 45 religieuses.A la Révolution, le couvent est vendu comme bien national, les religieuses se dispersent et la communauté est dissoute. Celle-ci se reforme en 1804 et loue une partie du couvent mais, victime de discriminations, elle périclite d'année en année et se voit obligée de quitter Tréguier en 1820 pour le couvent de Montbareil à Guingamp. Treize ans plus tard, les soeurs réussissent à racheter leur couvent, à le restaurer pour s'y installer à nouveau avant d'acquérir, en 1839, le grand enclos qui dépend de leur monastère.Avec la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'interdiction aux congrégations d'enseigner (7 juillet 1904) engendre la fermeture de l'école. Cependant, la communauté assure toujours les retraites spirituelles et l'accueil des personnes âgées. Le compromis trouvé entre Pie XI et la République, via la création des associations diocésaines (1924), permet aux soeurs de diriger à partir de 1927, l'école Notre-Dame (rue Lamennais) et d'ouvrir un internat. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands réquisitionnent les bâtiments de la ville et l'école Notre-Dame est rapatriée au couvent en 1940. Son développement nécessite la construction d'une nouvelle aile à l'est en 1962, en remplacement de l'ancien pensionnat.En 1976, la congrégation prend le nom de "Soeurs du Christ" après sa fusion avec d'autres communautés. La maison de retraite se développe avant de fermer en 2008. En décembre 2017, le couvent est racheté par Lannion-Trégor-Communauté en vue de sa réhabilitation.Organisation spatiale d'origine du couventSur le plan cadastral de 1834, on retrouve l'organisation primitive des bâtiments conventuels et leurs dépendances, tels qu'ils sont décrits dans les inventaires révolutionnaires de la fin du 18e siècle (cf. Annexe).La porterie se trouve à l'angle nord-ouest et les parloirs situés en retour d'angle le long de la rue Saint-André ouvrent sur une petite cour nord. Celle-ci forme un espace tampon entre les parloirs et la maison conventuelle à l'époque où les soeurs étaient cloîtrées.Autour du parterre, l'ensemble comprend : - au nord, la maison conventuelle avec la chapelle d'origine (intégrée dans le bât

Description

Le couvent est établi au carrefour des rues Saint-André et de la chantrerie. Les bâtiments conventuels sont édifiés autour d'un parterre fermé par un corps de passage. Hors cette clôture, au sud, la maison Saint-Joseph, quelques dépendances et l'ancienne maison des prêtres occupent une petite cour séparée qui ouvre rue des buttes. Dans l'enclos qui se développe à flanc de coteau au sud-est des bâtiments, se trouve une petite chapelle funéraire (cf. dossier correspondant). Couvrant plus de deux hectares, ce vaste terrain clos de hauts murs était divisé en deux parties : près de la Maison Saint-Joseph, un jardin d'agrément avec allées dessinées dont l'une dans l'axe de la chapelle ; dans la partie basse, une prairie qui remplace l'ancien potager-verger destiné à l'alimentation des soeurs et des pensionnaires. Occupant le côté nord de la cour, la maison conventuelle est édifiée en moellon de schiste et granite. Au rez-de-chaussée, il abrite le réfectoire et une salle de récréation (ancienne chapelle dont le volume a été divisé) séparés par un vestibule et une cage d'escalier. A l'extrémité ouest, un deuxième vestibule avec escalier dessert les deux étages occupés par les cellules tandis que le comble est aménagé en dortoir. Les trois grandes baies cintrées marquent l'emplacement de l'ancienne chapelle tandis que les petites fenêtres correspondent aux cellules des soeurs. Le toit est surmonté à l'ouest d'un campanile en charpente. A l'intérieur, les deux arcs en plein cintre ouverts dans le mur de refend ouest, au rez-chaussée et à l'étage, correspondent à l'entrée dans l'avant-choeur de l'ancienne chapelle (avant-choeur bas et avant-choeur haut ou tribune).Une courette nord forme un espace tampon entre la maison conventuelle et l'hôtellerie du couvent aménagée en retour d'angle le long de la rue Saint-André, en rez-de-chaussée. Sur cette courette donne la cuisine construite perpendiculairement au réfectoire.L'aile ouest communique au nord avec la vieille maison conventuelle, au sud avec la chapelle (neuve) construite dans son prolongement au sud. Au rez-de-chaussée, elle comprend la porterie, les parloirs, une petite pièce affectée aux marchands et deux salles de communauté dont l'une, celle des soeurs converses, se trouve sous l'avant-choeur de la chapelle, à côté d'une petite cave. Les étages abritent l'infirmerie, la lingerie et le noviciat. La façade sur rue en pierre de taille de granite présente une mise en oeuvre particulièrement soignée au niveau du pan coupé sur l'angle nord-ouest qui marque l'entrée principale du couvent. La façade sur cour en moellon offre une élévation ordonnancée à six travées avec porte médiane en anse de panier qui ouvre sur un vestibule avec escalier tournant à retours en bois. Les deux premiers niveaux communiquent avec la chapelle édifiée dans le prolongement au sud : au rez-de-chaussée avec l'avant-choeur des soeurs, au premier sur la tribune réservée aux malades depuis l'infirmerie.La chapelle proprement dite abrite donc deux unités - l'avant-coeur des soeurs et la chapelle des fidèles - que sépare un arc diaphragme orné d'un décor boisé et sculpté de style néo-gothique. Un autel à double face, aujourd'hui disparu, était placé entre les deux espaces, sous l'arc. Côté soeurs, l'avant-choeur est couvert d'une fausse-voûte surbaissée, héritage du précédent sanctuaire dont on a conservé la toiture, la charpente et le grenier par un savant étayage lors de la reconstruction. La chapelle des fidèles est accessible depuis la rue de la chantrerie, elle est couverte d'un berceau brisé en lambris et conserve un décor peint néo-gothique sous le chaulage de ses murs, comparable à celui de la petite chapelle latérale accolée à l'est. Une sacristie accessible depuis l'avant-choeur et le choeur est également accolée à l'est.La cour sud est séparée de la cour nord par un corps de passage et un grand bâtiment en T dite Maison Saint-Joseph (voir dossier correspondant) avec dépendance et remise construites dans l'alignement au sud. En vis à vis, l'ancienne maison des prêtres borde la cour à l'ouest (voir dossier correspondant).

Dossier d'inventaire complet et photographies sur patrimoine.bzh

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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