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Église paroissiale Notre-Dame, place de l'Eglise

Église paroissiale Notre-Dame, place de l'Eglise (église paroissiale, 2e moitié 14e siècle ; 2e quart 15e siècle) fait partie du patrimoine du Folgoët (Finistère) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationéglise paroissiale
Datation2e moitié 14e siècle ; 2e quart 15e siècle
Matériauxgranite, pierre de taille, kersantite, pierre de taille
Statutpropriété de la commune
Domainearchitecture religieuse
RéférenceIA29002659

Historique

Le nom breton du Folgoët, en français “ le fou du bois ”, vient d’un simple d’esprit nommé Salaün, qui vivait là au XIIIe siècle près d’une fontaine et bénissait à longueur de journée la Vierge. Selon Albert Le Grand, la fondation de cet important sanctuaire marial remonterait à 1365, aussitôt après la victoire de Jean IV de Montfort sur Charles de Blois à Auray.Si l’on admet cette version, les premiers travaux durent se poursuivre jusque vers 1380 mais furent interrompus par la guerre. Le même auteur rapporte que l’église “ parfaite ” fut dédiée en 1419 par Alain de La Rue, évêque de Léon, peu avant que ce dernier ne devienne évêque de Tréguier. Cette mention est à interpréter avec prudence et peut signifier que l’édifice loin d’être achevé, en tout cas dans sa forme actuelle, était suffisamment avancé pour être en partie livré au culte. L’église est ensuite consacrée en 1423, en présence de Jean V, qui l’érige en collégiale et y vient à cinq reprises entre 1420 et 1434. Cette promotion est suivie en 1426 d’un mandement ducal qui ajoute aux quatre chapelains déjà prévus, un doyen, trois choristes et un secretain*. En 1427, le pape Martin V concède à Notre-Dame du Folgoët le titre de basilique mineure, ce qui en fait la plus ancienne de Bretagne. Le succès du pèlerinage, la faveur ducale et l’afflux des dons entraînent rapidement un changement de parti, qui modifie complètement la forme de toute la partie orientale de l’édifice. C’est sans doute à cette époque, vers 1430-1440, que s’imposent la formule de chapelle en demi-croix vers le sud, la construction du grand porche qui lui est associé et celle de la sacristie et de la “ chambre du trésor ” au-dessus. Le chantier se poursuit au milieu du XVe siècle par l’érection du jubé, qui porte à son revers les armes de l’évêque Guillaume Le Ferron (1440-1472), celle de la clôture de chœur, et la mise en place de quatre somptueux autels, l’ensemble réalisé en kersantite*. Un calvaire est édifié devant l’entrée sud de la basilique par le cardinal Alain de Coëtivy (1407-1474), qui joua un rôle de premier plan dans les relations entre la Bretagne et Rome et se fit représenter en donateur au pied de la croix.Grâce aux dons d’Anne de Bretagne, qui fit trois fois le pèlerinage entre 1499 et 1505, la flèche de la tour nord est construite vers 1505, sur le modèle de Quimper, tandis qu’au sud de la collégiale est édifié un important manoir canonial appelé le Doyenné, associé à une hôtellerie pour les pèlerins.La tour sud, restée inachevée, est coiffée au XVIIe siècle d’un étage à fortes colonnes ioniques. En 1708, un grave incendie ravage la nef dont on dit que les “ voûtes ” s’effondrent : ce terme, employé jadis aussi bien pour les voûtes de pierre que pour les couvrements en bois, désigne sans doute ici un lambris. Avant le sinistre, la toiture de l’église comportait trois sections : un toit pour la nef et un pour chacun des bas-côtés, comme on peut encore le voir à Locronan. L’ensemble de la couverture fut refait en 1716 avec un toit à deux versants et un système de lambris simple, en berceau pour le vaisseau central, en demi-berceau pour les bas-côtés, disposition relevée par le marquis de Coëtlogon en 1852.Vendu à la Révolution au titre des biens nationaux, l’édifice, menacé de démolition en 1808, est racheté par des habitants des environs qui le rétrocèdent gracieusement à la paroisse de Gicquelleau. Les mesures gouvernementales concernant l’enlèvement des marques de féodalité avaient causé d’importants dégâts : toutes les niches extérieures ornées d’emblèmes héraldiques avaient été bûchées et tous les vitraux comportant des armoiries détruits. Quant à la statuaire ornant les multiples niches des murs ouest et sud, elle fut dispersée puis remise en place dans un ordre incertain au XIXe siècle. Au cours de la première moitié du siècle, un violent orage aurait entrainé l’effondrement du porche ouest dont les débris sont aujourd’hui conservés dans le bâtiment du Doyenné. À partir de 1895, l’édifice, en piteux état, fait l’objet d’une importante restauration qui concerne l’ensemble des couronnements, la partie supérieure du porche sud et le réseau de la grande baie du pignon de la chapelle au sud du chœur. À cette occasion, des voûtes sont restituées sur la nef et les collatéraux à partir des tas-de-charge laissés par un premier projet de voûtement du XVe siècle, non réalisé si l’on en croit le changement de parti que montre le couvrement du choeur. (Jean-Jacques Rioult, Philippe Bonnet, enquête thématique régionale, 2003/2019)

Description

Plan et ordonnance intérieureLe parti initial est celui d’un édifice de plan rectangulaire simple, à trois vaisseaux et nef principale obscure, nef et bas-côtés étant alors prévus couverts de voûtes d’ogives. Le chœur est sans doute conçu dans la foulée de la nef, de même hauteur que celle-ci, avec trois vaisseaux et éclairage par les baies des collatéraux. Les piles fasciculées de la nef sont composées en alternance de colonnettes et de gorges. Les colonnettes les plus fortes reçoivent l’intrados des arcs, ainsi que l’arc-doubleau des collatéraux, d’autres colonnettes plus fines à petits chapiteaux recevant les autres corps de moulures, en alternance avec des moulures qui descendent jusqu’aux bases. Cette composition semble annoncer celle que l’on retrouve, plus aboutie, à la nef de la cathédrale de Quimper où les colonnettes flanquent une pile massive octogonale dans laquelle viennent mourir directement les moulures intermédiaires.Quatre éléments archéologiques au moins attestent un rapide changement de parti. Bien visible sur tous les plans de l’édifice, le doublage du mur sud du chœur prouve que le grand porche associé à la chapelle sud n’était pas initialement prévu. À l’extérieur, la greffe traitée avec soin est néanmoins bien visible, avec décalage des lits de pierre entre l’appareillage du mur sud de la nef et celui du grand porche sud. À l’intérieur, les deux premières travées du collatéral sud du chœur, sensiblement plus basses que celles de la nef et traditionnellement appelées “ la voûte obscure ”, sont liées à la construction de ce porche. En outre, l’examen de la pile sud, qui contient l’escalier d’accès à la plate-forme du jubé et au clocheton médian, montre que l’arc d’entrée de ce bas-côté est une reprise en sous-œuvre. Ce changement de conception, intégrant un programme plus complexe, expliquerait ainsi la fenêtre percée dans le haut du mur sud du chœur, seul moyen du fait du massif du porche plaqué au sud de récupérer à cet endroit un éclairage pour le chœur. De fait, l’édification du porche, directement liée à celle d’une grande chapelle en demi-croix, réservée à l’usage de la famille princière ou des ses représentants, vient complètement subvertir l’orthodoxie du projet initial.Il en résulte une nouvelle conception du chœur, radicalement différente de celle de la nef : du côté sud, il se compose de deux travées courtes, auxquelles fait suite une large travée ouverte d’une grande baie sur la nouvelle chapelle ducale ; au nord, de trois travées d’égale section. L’élévation du sanctuaire sur ce modèle, totalement dissymétrique entre nord et sud, ne peut évidemment se concevoir qu’avec la disposition actuelle d’un lambris de couvrement, de même que la très haute maîtresse-vitre dont le sommet entame largement le triangle du pignon est. Le changement de parti semble avoir été étendu à la nef, comme l’indique une baie percée au dessus de l’arc-diaphragme, bien visible sur les dessins antérieurs à la restauration du XIXe siècle. Il est probable que l’ensemble nef et chœur fut alors couvert d’un lambris. Ainsi, contrairement à ce qui a toujours été avancé, il semble que les “ voûtes ” de la nef, réputées avoir brûlé en 1708, correspondaient plus certainement à un lambris, installé à la même hauteur que celui du chœur, dont la nature inflammable dut amplifier les dégâts.Le jubé et la clôture du chœurChef-d’œuvre du gothique flamboyant, entièrement réalisé en kersantite*, le jubé du Folgoët est une pièce majeure, seule de ce genre en Bretagne. À juste titre présenté en 1852 par le marquis de Coëtlogon comme l’un des plus beaux de France, il est très proche et contemporain de celui de la basilique Notre-Dame-de-l’Épine en Champagne, important sanctuaire de pèlerinage qui bénéficie entre le XIIIe et le XVe siècle de la faveur des rois de France. Le jubé de la cathédrale d’Exeter, édifié en marbre de Purbeck entre 1318 et 1325, dans le plus pur Decorated Style, lui a probablement servi de modèle. Le même parti de trois travées voûtées retombant sur des piles fasciculées, le même décor de lambrequins ajourés qui souligne les arcs, et jusqu’au motif en résille à base de quadrilobes du garde-corps du Folgoët, identique à celui des coursières employé partout dans la cathédrale anglaise, établissent la filiation stylistique. Au revers, sur l’arc central, un écu chargé de trois fasces, qui passe pour être celui de Guillaume Le Ferron, situe la construction de ce jubé vers le milieu du XVe, voire dans le troisième quart de ce siècle. À la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, le jubé fut complété par une clôture de chœur destinée à enfermer les stalles des chanoines. Celle-ci présente sur ses faces extérieures trois arcades aveugles surbaissées qui correspondaient aux enfeus de différentes familles nobles. La qualité exceptionnelle de la sculpture du jubé fit l’admiration des archéologues dès les années 1830, mais faillit pâtir en 1840 d’un projet de restauration visant à restituer les arcs-boutants qui r

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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