Que faire ce week-end ?

Eglise Paroissiale Notre-Dame, Runan

Eglise Paroissiale Notre-Dame, Runan (église paroissiale, 14e siècle ; 1ère moitié 15e siècle ; 3e quart 16e siècle ; 1er quart 19e siècle) fait partie du patrimoine de Ploëzal (Côtes-d'Armor) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationéglise paroissiale
Datation14e siècle ; 1ère moitié 15e siècle ; 3e quart 16e siècle ; 1er quart 19e siècle
Lieu-ditRunan
Matériauxgranite
Statutpropriété de la commune
Domainearchitecture religieuse
RéférenceIA00004056

Historique

Le lieu de Runargan, en breton « la colline d'argent », serait le site d'un sanctuaire antique, à Belenos ou Toutatis, établi sur le passage de l'ancienne voie menant de Nantes à Coz Yaudet. Ce lieu est mentionné en 1182, dans une charte apocryphe, parmi les biens de l'ordre du Temple en Bretagne. La première chapelle, passée dès le XIIIe siècle aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, est rattachée à la commanderie du Palacret située en la paroisse de Saint-Laurent, près de Bégard. Elle est entièrement reconstruite à partir de la fin du XIVe siècle, probablement à l'initiative du duc Jean IV de Montfort soucieux de marquer sa suprématie sur la maison de Penthièvre à laquelle sa victoire dans la guerre de succession de Bretagne lui a permis de reprendre les places fortes de La Roche-Derrien, de Châteaulin-sur-Trieux et de Guingamp. A cette première reconstruction appartiennent les deux bras de transept, y compris les arcs ouvrant sur la croisée, ainsi que les arcades du côté nord de la nef.Dès le début du XVe siècle, les dons et les faveurs de la maison ducale affluent : les Lettres et mandements de Jean V font état de concession d'une première foire annuelle en 1414, puis d'une seconde en 1421, « pour augmentation de la ditte chapelle et du service divin en icelle », d'une autre foire annuelle et perpétuelle au jour et fête de saint Barnabé, dont le duc confie la garde et la police au seigneur du château proche de La Roche-Jagu, enfin en 1436, d'une quatrième foire le samedi précédant le pardon. Les travaux auraient commencé par le chevet, reconstruit vers 1420 : R. Couffon établit cette datation à partir de l'analyse des armoiries présentes dans la maîtresse-vitre. En même temps que le chœur, on construit, à l'extrémité ouest de la nef, un clocher porche et l'on entreprend la reconstruction du collatéral sud.Une enquête demandée par le duc en 1439 suite à la plainte du commandeur Pierre de Keramborgne d´avoir vu ses armes, apposées sur la chapelle sud, détruites par deux frères de la famille de Kernech´riou, seigneurs de Lestrézec en Ploezal, fait état de ces importants travaux commencés depuis peu. Ce texte, l´un des premiers en Bretagne à décrire une oeuvre architecturale, mérite d´être cité au moins partiellement : « que en celle chapelle et église de Runazhan, devers le midi, a esté puis naguère une chapelle commencée et faicte o près de faicte, et que au pingnon d´icelle nouvelle chapelle, devers ledit midi, est assise et levée une belle fenêtre de pierre de taille, et que en une belle pierre de taille assise en hault d´un côté d´icelle fenêtre, par dehors devers midy, ledit exposant avait faict mettre et entailler un écusson où estoient mises et entaillées les armes d´icellui exposant avec son timbre au-dessus d´icelles armes, semblans en figure que celx deux leons tenoient ledit escuçon où estoient celles armes ».Il faut enfin rattacher à la campagne de reconstruction du XVe siècle, l'édification à l'angle sud-ouest de l'enclos d'un calvaire dont la partie inférieure, une cuve octogonale fermée par une porte, servait de chaire extérieure. Ce dernier était associé à un portail qui fermait l'enclos.Fondation des ducs Jean IV et Jean V et des familles de Trogoff, Plusquellec et Traoumenez ; édifice 14e siècle ; sauf chevet de 1421 à 1423 ; porche et chapelle sud de 1435 à 1438 ; ossuaire en 1552 ; bas de la tour début 15e siècle, partie supérieure remontée en 1822. Collatéral nord reconstruit en 1895, sacristie édifiée à la même époque contre le mur sud du chœur, charpente lambrissée de la nef refaite.

Description

Plan et ordonnance intérieure L´intérieur de l'église présente une nef bordée d'une suite ininterrompue de cinq arcades qui ne laisse pas percevoir l'existence des bras de transept. Cette nef se développe jusqu'à la maîtresse-vitre sur une longueur de 27 m et une largeur de 6 m et ne comporte aucun arc-diaphragme. La fausse voûte lambrissée actuelle, sans entraits apparents, appartient à la restauration de la fin du XIXe siècle – ce qu'affiche sans équivoque la sculpture des sablières – et il est quasiment certain que la charpente d'origine comportait à intervalles réguliers des entraits semblables à ceux qui subsistent dans le bras nord. La réfection de la fin du XIXe siècle n'a très certainement fait ici que reprendre une modification du début du XVIIIe visant à créer un volume ininterrompu lors de l'installation en 1728 d'un grand retable contre le chevet. A l´extérieur, l'important décrochage en hauteur du faîte du toit et son décalage par rapport à l'axe de la nef traduisent cette reprise de charpente.La campagne du XIVe siècle est caractérisée par des arcades à deux ressauts simplement chanfreinés présentes à l´entrée des bras de transept ainsi que sur toute la longueur du côté nord de la nef. Les piles qui leur correspondent, de plan carré et posées à l´oblique, sont cantonnées de quatre colonnettes moulurées que coiffent des chapiteaux assez fortement renflés. Les deux premières arcades du bas de la nef, du côté sud, correspondent à la reprise du chantier au début du XVe siècle : leur mouluration complexe, à multiples ressauts, de même que leurs piles à faisceaux de colonnettes, chapiteaux à feuillages et bases polygonales en flacon, appartiennent à une mouvance stylistique nouvelle.Les exceptionnelles piles à rinceaux de la chapelle de la commanderie n´ont pas d'équivalent connu en Bretagne : ce décor habituellement réservé aux ébrasements des portails matérialise à l'intérieur de l'église un espace alors fermé par une clôture probablement en bois, qui pouvait à l'occasion accueillir la famille ducale. Leurs tailloirs à mouluration complexe, leurs chapiteaux renflés formant comme un bourrelet ont un accent anglais très marqué. Les colonnettes d'angle y présentent sur leur face antérieure un réglet, caractéristique des années 1430-1450, que l'on retrouve à la même date par exemple dans la chapelle de Tronoën à Saint-Jean-Trolimon. La maîtresse-vitre occupe toute la largeur et la hauteur du vaisseau central. Ce chef-d´oeuvre du vitrail gothique breton a conservé dans ses parties basses et dans son réseau des armoiries : R. Couffon y a reconnu en particulier les armes d´alliance d´Henry du Parc, seigneur de La Roche-Jagu, et de Catherine de Kersaliou, et celles de Jean du Perrier et de sa seconde épouse, Constance Gaudin, qui lui permettent d'avancer la date de 1423. Son programme iconographique est celui d'une Crucifixion entourée par les figures des saints patrons de différents donateurs que leurs armoiries permettent d'identifier. Cette verrière dont le haut niveau de qualité est encore perceptible malgré les nombreux plombs de casse et les restaurations du XIXe siècle, était au XVe siècle associée à l´exceptionnel retable, alors polychrome, surmontant le maître-autel. Ce retable représentant de part et d'autre de la Crucifixion les épisodes majeurs de la vie de la Vierge depuis l'Annonciation jusqu'à son Couronnement fut attribué à tord par René Couffon aux ateliers de Tournai et daté de la même époque que la maîtresse vitre ; son analyse récente par Gildas Durand a permis d'y reconnaître une production bretonne en kersantite, datant plus probablement du XIVe siècle, fortement marquée par une mouvance stylistique anglaise. Quoi qu'il en soit, la richesse de l'ensemble devait conférer au sanctuaire de Runan, malgré la modestie de ses proportions, le raffinement et l'élégance d'un édifice de rang princier.La réfection du collatéral nord à la fin du XIXe siècle a respecté l´esthétique de l'édifice : les anciennes arcades de la nef ont été conservées, seuls des arcs-diaphragmes ont été lancés, et dans le mur gouttereau entièrement reconstruit, des fenêtres passantes ont été créées, permettant un meilleur éclairage de l´église.Ordonnance extérieure Malgré la réfection d´une partie de son parement et de ses baies hautes en 1822, le clocher-porche a conservé sa silhouette, son garde-corps à quadrilobes et sa flèche d´origine, caractéristique du Trégor. A sa base, deux portes très simples dont les arcs à ressauts chanfreinés viennent se fondre dans de larges ébrasements unis, semblables à celles des porches de La Roche-Derrien et de la chapelle de Kermaria an Isquit de Plouha, prolongent au tout début du XVe siècle une tradition stylistique du XIVe.L´observation du collage entre la chapelle sud-ouest et le porche sud établit que cette chapelle appartient bien au chantier de reconstruction du début du XVe, ce que tend à confirmer le style de sa large baie dont le dessin rappelle celui de la maîtresse-vitre

Dossier d'inventaire complet et photographies sur patrimoine.bzh

Agrandir la carte · Itinéraire · Carte © contributeurs OpenStreetMap

Autour de Eglise Paroissiale Notre-Dame, Runan

Monuments historiques à proximité

Lieux à visiter à proximité

Plages à proximité

  • LedanoPlage · Paimpol · 12 km

Sorties à venir à proximité

Patrimoine à proximité

Voir aussi : que faire à Ploëzal · patrimoine des Côtes-d'Armor

Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

Visites et activités en Bretagne

Liens partenaires GetYourGuide : nous percevons une commission sur les réservations, sans surcoût pour vous.