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Eglise paroissiale Saint-Ronan, place de l'Eglise

Eglise paroissiale Saint-Ronan, place de l'Eglise (église paroissiale, 1er quart 15e siècle ; 2e moitié 15e siècle ; 16e siècle) fait partie du patrimoine de Locronan (Finistère) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationéglise paroissiale
Datation1er quart 15e siècle ; 2e moitié 15e siècle ; 16e siècle
Matériauxgranite, pierre de taille
Statutpropriété de la commune
Domainearchitecture religieuse
RéférenceIA00005195

Historique

Le lieu doit sa renommée au culte de saint Ronan, ermite originaire d´Irlande qui vécut au 9e ou plus probablement au 10e siècle. En 1031, apparaît la première mention de Locronan dans un acte du cartulaire de Sainte-Croix de Quimperlé, par lequel le comte Alain Canhiart fait don à l´abbaye de l´église de Saint-Ronan avec toutes les terres alentour. Si cette date est contestable, la fondation de Sainte-Croix elle-même n´étant pas antérieure à 1050, le fait décisif est la faveur manifestée au sanctuaire par la lignée comtale de Cornouaille, qui accédera bientôt au trône ducal. Au 13e siècle, le pèlerinage, fréquenté par Pierre Mauclerc qui, selon Ogée, érige l´église en prieuré par son testament de 1250 et fait don de revenus pour subvenir aux frais du service religieux, et par saint Yves, connaît un développement important. De Jean IV à Anne de Bretagne, les princes de la dynastie de Montfort invoquent saint Ronan comme intercesseur pour assurer la prospérité de leur lignée. Les habitants du bourg qui, dès le 14e siècle, fabriquent des toiles à voiles exportées en Angleterre et en Zélande, bénéficient d´une exemption de fouage accordée par Jean IV vers 1389, confirmée par son fils en 1408, 1426 et 1441. Jean V, qui se rend en pèlerinage à Locronan en 1408 et y délègue son fils aîné en 1430, participe directement à la reconstruction de l´église en octroyant en 1424 une somme de 50 écus d´or pour l´édifice du pignon, qui marque l´ouverture d´un chantier mené assez rapidement, d´ouest en est, en l´espace d´un demi-siècle.La progression des travaux est marquée par la présence, sur la clé de voûte de la sacristie, des armes du prieur Guillaume de Villeblanche, conseiller de Pierre II qui, en 1451, confirme à son tour et étend les exemptions fiscales dont jouit Locronan. Enfin, en 1475, François II adresse un mandement autorisant les habitants à utiliser pour l´achèvement de l´église le produit du billot, impôt sur la vente du vin. En 1485, Pierre Le Goaraguer, maître d´oeuvre du transept de la cathédrale de Quimper, se trouve à Locronan : cette présence est certainement à mettre en rapport avec l´ouverture du chantier de la chapelle du Pénity, accolée au sud-ouest de l´église, entreprise à la fin du 15e siècle et achevée au début du 16e grâce au mécénat d´Anne de Bretagne, dont les armes (mi-parti de lys et d´hermines) figurent à la maîtresse-vitre.En 1808, le clocher pyramidal qui couronnait la tour occidentale est renversé par la foudre. L´architecte diocésain Bigot intervient à partir de 1846 en réparant la couverture de la nef, en dégageant les abords, en reconstruisant des sections de voûte dans la chapelle du Pénity. En 1850, pour résoudre les problèmes d´infiltration causés par une couverture défectueuse au niveau des galeries du toit, les chéneaux en pierre sont couverts par une structure en zinc, et les joints détériorés comblés au ciment. Depuis 1893, le service des Monuments historiques procède avec plus ou moins de régularité à des travaux d´entretien ou à des restaurations ponctuelles de l´édifice.

Description

Plan et ordonnance intérieureLe parti à trois vaisseaux entièrement voûtés est d´une ambition peu commune à cette date en Cornouaille, et même en Bretagne. Les dimensions, pourtant, ne sont pas exceptionnelles : l´édifice s´inscrit dans un rectangle long de 36 m dans-oeuvre non compris le porche et large de 19,13 m hors-oeuvre. Le plan, où l´absence de transept souligne l´unité du volume intérieur, est celui qui s´impose dans les grandes chapelles de la fin du 14e siècle, Saint-Herbot ou Saint-Jacques de Merléac. Si l´on excepte la travée sous la tour, où les départs de la voûte d´ogives effondrée en 1808 ont permis sa récente reconstruction à l´identique, l´espace est équitablement réparti entre une nef et un choeur de trois travées chacun, séparés de leurs bas-côtés (celui du nord étant plus large que son homologue du midi) par de puissantes colonnes cylindriques flanquées de quatre colonnettes à listel, qui reçoivent en pénétration les deux rouleaux externes moulurés des grands arcs, le rouleau interne retombant sur les colonnettes ouest et est. Les chapiteaux, encore présents dans le porche et dans la travée de la tour, disparaissent ensuite, preuve supplémentaire d´un chantier mené d´ouest en est. La séparation entre les deux espaces est fortement marquée par un puissant arc-diaphragme, retombant entre la troisième et la quatrième travées sur des piles plus massives, dans lesquelles sont ménagés, au nord un escalier en vis donnant accès aux chéneaux de l´édifice et au clocheton érigé au-dessus de l´arc triomphal, ainsi qu´à l´ancien jubé, au sud une armoire. Dépourvu d´éclairage direct, le vaisseau principal reçoit assez largement le jour de la maîtresse-vitre et des fenêtres des bas-côtés, ainsi que de la baie ouest de la tour, selon un dispositif qui sera repris à Penmarc´h et à Saint-Herbot.L´architecte a dû composer avec la pente naturelle du terrain. Cependant, le parti de créer une différence de niveau du sol comme des voûtes entre la nef et le choeur n´a été pris qu´en cours de chantier, comme en témoigne la présence au revers de l´arc-diaphragme, dans le vaisseau central et surtout dans le bas-côté nord, de formerets et de départs d´ogives initialement prévus de même hauteur que celles des travées précédentes et bientôt abandonnés. Bâties en moellons, les voûtes d´ogives bombées, simples dans les bas-côtés, sont dotées de liernes longitudinales et transversales dans le vaisseau central, à l´imitation de la cathédrale de Quimper. Celles de deux travées présentent des traces de décor peint héraldique, un semis d´hermines et de fleurs de lys. Au-dessus des voûtes, la charpente ancienne du vaisseau central est encore en place, avec ses entraits engoulés et ses poinçons épannelés. Des arcs-boutants intérieurs sont dissimulés dans les combles des bas-côtés. La sacristie est une salle de plan rectangulaire irrégulier, composée de deux travées voûtées d´ogives, adossée au nord du choeur, à laquelle on accède depuis la travée médiane du collatéral de celui-ci. Elle comporte un étage, en partie sous comble éclairé par une lucarne passante.La maîtresse-vitre fut sans doute mise en place avant 1486, date du décès de Marguerite de Foix, dont les armes figurent au tympan aux côtés de celles de son époux François II. Divisée en six lancettes trilobées, la verrière illustrait en dix-huit grandes scènes réparties en trois registres la Vie, la Passion et la Résurrection du Christ. Le registre inférieur, où l´on voit un seigneur de Nevet, a été restitué et complété par M. Delon en 1906, les deux autres sont authentiques. L´écu d´or au léopard de gueule de cette grande famille locale, qui avait droit d´enfeu dans le choeur, était omniprésent sur les murs et les vitraux.La chapelle du PénityÉlevée à la fin du 15e siècle, probablement sous la conduite de Pierre Le Goaraguer, la chapelle, qui abrite le tombeau de saint Ronan, est greffée sur le flanc sud de l´église, auquel la relient deux grandes arcades. De plan rectangulaire, elle compte trois travées de longueur inégale voûtées d´ogives plates à liernes, et son mur intérieur, à l´ouest, est à l´alignement de celui du porche occidental de l´église. Bien que les fouilles archéologiques n´aient pas mis au jour d´éléments appartenant à des édifices antérieurs, elle occupe vraisemblablement l´emplacement de la chapelle primitive, qui communiquait déjà avec la grande église et aurait ainsi été préservée jusqu´à l´achèvement de celle-ci. L´édifice a été durement touché en 1808 par la chute de la flèche, qui entraîna celle du clocher du Pénity et l´effondrement d´une partie des voûtes, n´épargnant que le gisant de saint Ronan.Ordonnance extérieureL´édifice est bâti en granite gris à grain fin, extrait de la montagne de Locronan et mis en oeuvre en grand appareil réglé. Le parti d´une tour-clocher dans-oeuvre précédée d´un porche hors-œuvre semble tout à fait exceptionnel en Bretagne. On ne voit guère à citer que celui de Notre-Dame de Croaz-Batz, à Roscoff, dont le chant

Dossier d'inventaire complet et photographies sur patrimoine.bzh

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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