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Enclos paroissiale et église Saint-Jean-Baptiste

Enclos paroissiale et église Saint-Jean-Baptiste (église paroissiale, 15e siècle ; 16e siècle) fait partie du patrimoine de Saint-Jean-du-Doigt (Finistère) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationéglise paroissiale ; ensemble religieux
Datation15e siècle ; 16e siècle
Matériauxgranite, pierre de taille
Statutpropriété de la commune
Domainearchitecture religieuse ; architecture religieuse
RéférenceIA29005112

Historique

Selon la légende, un jeune homme de Plougasnou aurait enlevé le doigt de Saint-Jean, que Sainte Tècle avait transporté de Jérusalem en Normandie, à Saint-Jean-de-Daye (Manche), pour l'apporter au 15e siècle dans la paroisse de Plougasnou. Suite à une série de miracles, le duc Jean V s'y rendit et fit élever une église dont la première pierre fut posée par lui-même le 1er août 1440. La construction s'achève en 1512. Le clocher, de la fin du 15e siècle, est de forme pyramidale à base octogonale. Deux étages de galeries à jour décorent le côté sud et servent de passage pour se rendre de l'escalier au côté opposé.L’édifice actuel remplace une ancienne chapelle totalement disparue dédiée à saint Mériadec. Le lieu continue d’ailleurs d’être appelé jusqu’au XVIIe siècle Traon Mériadec ou Saint-Jean-de-Mériadec. C’est le transfert au XIVe siècle d’une relique du doigt de saint Jean-Baptiste, conservée dans la paroisse de Saint-Jean-de-Daye en Cotentin, qui est à l’origine d’un important pèlerinage et de la fondation de l’actuelle chapelle. Les références archivistiques concernant la construction de cet édifice sont inexistantes et il passe pour avoir été fondé en 1440 par le duc Jean V, sans que l’on connaisse d’acte qui corresponde à cette date. Curieusement, il n’est pas cité dans les registres de la Chambre des comptes des ducs de Bretagne, et les comptes de la fabrique eux-mêmes ne commencent qu’au milieu du XVIe siècle, date à laquelle la quasi totalité du monument est achevée. Lors de son Tro Breiz en 1505 la duchesse Anne fit un pèlerinage à Saint-Jean-du-Doigt et des dons importants pour l’achèvement du chantier lui sont attribués.L'étude épigraphique de C. Millet, menée à l'occasion d'un colloque consacré en 1998 à Saint-Jean-du-Doigt renouvelle l'approche de la commande de l'édifice. Le déchiffrage de trois inscriptions, l'une “ M P CHEVALIER FIT FAIRE ”, en relief sur la troisième pile sud de la nef, la deuxième, “ M J MAREC RECTOR DE CESTE PAROESSE TRESORIER DE CORNOUAILLE ET CHANOINE DE TREG ”, et la troisième “ M P MILITIS CANONICUS TRECOR R DE KEMPERGUEZENNEC ”, à près de dix mètres en hauteur au droit des dernières piles avant le chevet, a permis à l'auteur de les rattacher à deux membres d'une famille de la petite noblesse locale, les Marec, en français Chevalier et en latin Miles, possessionnée sur le territoire de Plougasnou. Le personnage identifié comme étant Jean Marec, recteur de Plougasnou, chanoine de Tréguier, trésorier de Cornouaille et proche du duc Jean V, signalé vers 1425, serait le maître d'ouvrage de la première campagne de construction. Le deuxième, Prigent Marec, lui aussi chanoine de Tréguier, mentionné en 1460 comme seigneur d'un petit manoir des environs, aurait commandité la deuxième campagne de travaux, et serait le même personnage que celui mentionné par la première inscription. A l'encontre des idées reçues de la tradition orale mettant surtout en avant la famille ducale et la haute noblesse, ces identifications inédites mettent en évidence dans le cadre du chantier de Saint-Jean-du-Doigt l'importance primordiale du clergé local issu de la petite noblesse.

Description

Plan et ordonnance intérieureLe parti à trois vaisseaux couverts par un toit unique et chevet plat, typiquement breton, atteint ici des proportions extrêmes, bien perceptibles lorsque l’on regarde le chevet de l’édifice. A l’intérieur, le vaisseau central s'élève à plus de 16,50 m, à la limite de la rupture d’équilibre. Sur la base de ce plan simple, sont venus se greffer du côté sud un porche surmonté d’une chambre haute, édifié dans la deuxième phase du chantier, puis, contre le côté oriental de ce même porche, au début du XVIe siècle, une chapelle privative, et un ossuaire d’attache à l’ouest.La première campagne, qui se déroule au cours de la première moitié du XVe siècle, probablement à partir de 1425 si l'on y rattache l'inscription citée plus haut, correspond globalement à toute la partie de la chapelle située à l’ouest du porche sud, à l’exception de la travée centrale de la façade ouest qui ne date que de 1512. A cette première phase appartiennent les bases de la tour de clocher implantée au bas du collatéral sud – comme le prouve, à l’intérieur, la liaison de sa maçonnerie de pierre de taille avec les premières piles de la nef – ainsi que les trois premières travées de la nef, y compris les deux piles de la troisième travée, plus importantes que toutes les autres. A l’intérieur, la partie basse de la tour est ouverte sur la première travée de la nef et le collatéral sud par deux arcades identiques, à double ressaut et larges chanfreins, sans bases ni chapiteaux, qui déterminent depuis l’origine une chapelle des fonts baptismaux. En face, au nord, une travée fermée comprend deux salles superposées, l'une au rez-de-chaussée qui passe pour avoir servi de prison, et l'autre au-dessus, qui abritait les ornements liturgiques, les bannières et les livres de chant. Les piles de la troisième travée, plus volumineuses que les autres, présentent du côté du vaisseau central un massif triangulaire à colonnettes qui était destiné à recevoir un grand arc diaphragme. Cet arc central devait être épaulé par deux autres en contrebas, au-dessus des collatéraux. En fait, seul a été réalisé l'arc qui traverse le collatéral nord, tandis que l'amorce d'un arc identique existe du côté sud. A l'évidence, ces éléments déterminent la limite initialement prévue entre la nef et le chœur de la chapelle. Si l'on ajoute au même alignement de ce côté la porte qui dessert la tour d'escalier sur le flanc sud de l'église, on peut imaginer facilement qu'il y eut à cet endroit un projet de clocher mur. C’est donc très probablement un édifice beaucoup plus court, avec une nef réduite de trois travées qui est alors prévu dans un premier temps ; au bas de la nef, des portes dans les collatéraux devaient servir d’accès ordinaire aux fidèles. Il faut enfin remarquer que les contreforts, dans l’axe des piles pour les trois premières travées de la nef du côté nord, se trouvent complètement désaxés sur tout le reste de la chapelle, argument supplémentaire qui plaide dans le sens de la chronologie avancée et d’un changement de parti en cours de construction. Au cours de la deuxième moitié du XVe siècle, devant l’afflux des dons et des pèlerins, les dimensions initialement prévues ne suffisent probablement plus et l’on décide d’augmenter de deux travées la longueur de la nef et de décaler d’autant le commencement du chœur. Ce nouveau choix explique sans doute le retour à des piles octogonales, identiques à celles du bas de la nef, à l’exception d'une pile cruciforme du côté nord, déjà montée, pile qui devait correspondre au premier projet de chœur. L’entrée du nouveau chœur, décalée vers l'est n'est plus marquée par un arc transversal, mais, au niveau de la cinquième travée, par une poutre de gloire portée sur des corbelets de pierre, présente à cet endroit jusqu'à l'incendie de 1955. Sans doute faut-il imaginer à son aplomb au XVe siècle, une clôture ou un jubé de bois. Les colonnes des piles cruciformes, ornées d’un filet ou réglet, rappellent des modèles employés dans plusieurs édifices du Trégor et du Léon vers le milieu du XVe siècle. La comparaison des baies du chevet avec celles du chœur de la chapelle de Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic, dont la maitresse-vitre date des années 1460, permet de situer l’édification du pignon dans la deuxième moitié du XVe siècle, en tout cas et de façon certaine, avant les années 1470-1480. Le dessin remarquable de la rosace, en forme d’étoile à six branches rappelle la baie de la chapelle de la commanderie de Runan achevée en 1438, également dédiée à “ Monseigneur saint Jean-Baptiste ”, selon les termes d’un mandement de Jean V en 1439. Les photographies de l’état ancien du chevet de Saint-Jean-du-Doigt présentent à la place de la branche inférieure de l’étoile, qui est une restitution fautive moderne, une queue de comète, allusion à l’étoile de Béthléem ainsi qu’à saint Jean, précurseur du Christ. Ce dessin au fort contenu symbolique est à rapprocher d’un rituel célébré à l’occasion du pardon de Saint-Jean

Dossier d'inventaire complet et photographies sur patrimoine.bzh

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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