Que faire ce week-end ?

Ensemble fortifié (Po 5), Domaine de la Tour de Cesson, rue de la Tour

Ensemble fortifié (Po 5), Domaine de la Tour de Cesson, rue de la Tour (ensemble fortifié, 2e quart 20e siècle) fait partie du patrimoine de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationensemble fortifié ; blockhaus ; casemate ; poste d'observation
Datation2e quart 20e siècle
Lieu-ditPointe de Cesson
Matériauxbéton, béton armé
Statutpropriété de la commune
Domainearchitecture militaire ; architecture militaire ; architecture militaire ; architecture militaire
RéférenceIA22133670

Historique

Saint-Brieuc et le Domaine de la Tour de Cesson occupés par l’Allemagne naziePlusieurs garnisons occupent la ville de Saint-Brieuc. A Ploufragan, l’Allemagne nazie s’intéresse particulièrement à l’Aérodrome des Plaines-Villes inauguré en 1939 : les premiers avions de la Luftwaffe (arme de l’Air) de la Wehrmacht (armée du IIIe Reich) y atterrissent le 18 juin 1940. L’aérodrome devient une base aérienne dite Flugplatz Saint-Brieuc : il est agrandi, doté de pistes de service et de dispersion et d’édifices logistiques (hangars, baraquements et bunkers).Du fait de sa position stratégique, sur un plateau situé à 70 m au-dessus du niveau de la mer, face à la Baie de Saint-Brieuc, la demeure construite par Alexandre Glais de Bizoin (1800-1877), propriété de Georgette Combes (1894-1982) qui l'utilise comme lieu de villégiature, est réquisitionnée le 13 octobre 1940 comme "cantonnement". Les "prestations de cantonnement" sont supportées par l’État français. Des indemnités sont vraisemblablement versées à la propriétaire pour cette réquisition. Dix prisonniers français, sous la responsabilité de gendarmes et nourris par la mairie de Saint-Brieuc sont envoyés pour le "nettoyage" de la demeure. Un vitrier est envoyé pour poser des carreaux. Trois cents mètres de tuyau sont saisis pour pouvoir alimenter en eau courante la demeure. Le commandant du service chargé de l’achat et de la répartition du matériel de cantonnement, trésorerie départementale allemande (Heeresunterkunftsverwaltung, HUV) demande, via le préfet des Côtes-du-Nord et le maire de Saint-Brieuc, à ce que la propriétaire entreprenne des travaux de réparation.En mai 1941 pourtant, l’autorité allemande (Kreiskommandantur Saint-Brieuc) demande toujours la remise en état de la demeure, notamment du vestibule, de la cuisine, du dallage de la sortie arrière, de la cage d’escalier, des quatre chambres (deux grandes et deux petites) et d'une salle à manger ; les planchers des chambres sont décrits comme "pourris". Une demande est faite un mois plus tard pour faire raboter le parquet (elle est transmise à l’architecte Hévin). Meubles, literies et rideaux doivent aussi être commandés pour meubler la maison.En juin 1942, un courrier précise que le lambris du vestibule est attaqué par des champignons. La "canalisation électrique" est remise en état à plusieurs reprises ; la couverture de la demeure est réparée en décembre 1942 et en octobre 1943. Les couvertures en poivrière des deux tourelles doivent être détruite, mais "le résultat doit être intéressant au point de vue de la beauté de l’ensemble" [sic].Le parc est également remis en état. Des contrôles sont demandés - nuit et jour - à la gendarmerie pour éviter l’abattage sauvage des arbres du parc par la population. Le Mur de l’Atlantique (Atlantikwall)La directive n° 40, du 23 mars 1942 du commandant suprême de la Wehrmacht, définit le cadre, la stratégie générale et les instructions de combat pour la défense des côtes européennes (voir les extraits de la directive n° 40 en annexe). Elle marque le lancement officiel du Mur de l’Atlantique (Atlantikwall), fortifications conçues pour empêcher une invasion du continent européen depuis la Grande-Bretagne. Le Mur de l’Atlantique est réalisé à partir d'août 1942 le long des côtes européennes, de la Norvège aux Pyrénées et dans les îles anglo-normandes (Jersey, Guernesey, Sercq, et Alderney - Aurigny), seuls territoires britanniques sous contrôle de l’Allemagne nazie. À partir de juillet 1943, le Mur du Sud (Südwall) est également élevé sur les côtes méditerranéennes.Les objectifs stratégiques des fortifications de la Pointe de CessonDepuis la Pointe de Cesson, des pièces d’artillerie de moyenne portée doivent permettre la défense contre un débarquement ennemi sur la Plage de Saint-Laurent à Plérin (entre 1 et 2,2 Km au Nord-nord-est) et dans l’Anse d’Yffiniac (au maximum à 2,6 Km vers l'Est). Plus largement, cet ensemble fortifié contribue, avec d’autres ensembles fortifiés (comme ceux de la Pointe-à-l'Aigle à l’embouchure du Gouët, de la Pointe de Châtel Renault et de la Pointe du Roselier), à la défense des abords du Port du Légué. En cas de débarquement, l’objectif est de détruire les navires blindés transportant des troupes, des chars et des armes lourdes.L’unité d’infanterie de la Heer (armée de terre) qui a en charge la défense des côtes et l’ensemble fortifié de la Pointe de Cesson doit également pouvoir se défendre contre un "coup de main", c’est à dire une attaque surprise venant des versants Nord et Est de la pointe, et du Sud. C’est le rôle des cinq équipages des bunkers - postes d’observation et de tir, dont trois Tobruk-Stände, en charge de la défense rapprochée.Un nid de résistance (Widerstandsnest)Dans le cadre du Mur de l’Atlantique, onze bunkers en béton armé sont donc construits sur la Pointe de Cesson, qui devient un "ensemble fortifié" ou "point d’appui". Dans la terminologie de la Wehrmacht, les points d’appui sont désignés comme Widerstandsnester (p

Description

Onze bunkers en béton armé, dispersés sur la Pointe de Cesson (et des tranchées aujourd’hui remblayées), composent cet ensemble fortifié du groupe défensif côtier de Pontrieux. Le plateau sommital de la pointe est délimité par un mur de clôture ancien faisant mur de soutènement. Au Nord (vers le Gouët) et à l’Est (vers la baie de Saint-Brieuc), la pointe est naturellement défendue par des versants abrupts. Il est vraisemblable que les approches Ouest et Sud aient été défendues par des réseaux de barbelés et des mines. Le parapet en maçonnerie de moellon du mur de clôture a été abaissé et bétonné à deux endroits à l’Est et au Sud-est, afin de le transformer en emplacement de tir (pour une mitrailleuse ?). A l’extrémité orientale de la pointe, près du bunker - casemate Sud, le parapet (en partie basculé) porte les dates de construction "21.3.1943", "22.3.1943" et peut-être, les initiales entrelacées "GR" pour Grenadier-Regiment (régiment de grenadier) tracés dans le béton frais.Sur la tour médiévale, au Nord-est à côté de l’emplacement du pont-levis, des échelons et un ancien passage de corde sont visibles. C’est également le cas sur le tronc du pin de Monteray situé à l’extrémité orientale de la pointe qui a servi, selon des sources orales, d’observatoire (des vestiges d’échelons sont également visibles).La force de construction ou résistance structurelle (Baustärke) des bunkers permet de les classer en trois grandes catégories : - construction permanente (Ständig Ausbau, abrégé en St) :On trouve à l'extrémité de la pointe un bunker - abri de type 502 pour 20 soldats et deux bunkers - casemates (l’un de type 612, le second de type 680) conçus pour abriter chacun une pièce d’artillerie et ses munitions. Murs et dalles de couvertures en béton armé mesurent 2 m d’épaisseur (Baustärke B).- construction de campagne renforcée (Verstärkt feldmässiger Ausbau, abrégé en VF) :Le bunker - casemate situé au Sud-est, abritant à l’origine une pièce d’artillerie de 5 cm, est à classer dans cette catégorie avec son mur frontal d’un mètre d’épaisseur et sa dalle de couverture de 40 cm.S’ils ne sont pas renforcés par un mètre de béton armé, les trois postes d’observation et de tir de type 58c (sans préfixe VF) dits Ringstände ou Tobruk-Stände (Nord, Est, Sud) sont également classés dans cette catégorie. Murs et dalles de couvertures en béton armé mesurent 40 cm d’épaisseur.- construction de campagne (Feldmässiger Ausbau, abrégé en FA ou Fm) :Avec des murs périphériques et une dalle de couverture mesurant 30 cm d’épaisseur, le bunker - poste d’observation et de tir situé à l’extrémité de la pointe, la casemate de flanquement située sur le versant Nord vers le Gouët et les deux niches à munitions (Est et Sud) sont à classer dans cette catégorie.Un poste de transmission de signaux lumineux modulables (Lichtsprechgerät) est signalé sur la pointe (source : Atlantikwall Superforum). De jour, il pouvait fonctionner jusqu’à 4 km de distance et la nuit, avec un filtre infrarouge, jusqu’à 3 km. Ce système pouvait être abrité dans un Tobruk ou dans un bunker dédié comme le poste d’observation situé à l’extrémité de la pointe.

Dossier d'inventaire complet et photographies sur patrimoine.bzh

Agrandir la carte · Itinéraire · Carte © contributeurs OpenStreetMap

Autour de Ensemble fortifié (Po 5), Domaine de la Tour de Cesson, rue de la Tour

Monuments historiques à proximité

Lieux à visiter à proximité

Plages à proximité

Sorties à venir à proximité

Patrimoine à proximité

Voir aussi : que faire à Saint-Brieuc · patrimoine des Côtes-d'Armor

Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

Visites et activités en Bretagne

Liens partenaires GetYourGuide : nous percevons une commission sur les réservations, sans surcoût pour vous.