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Front de mer : Sillon de Talbert

Front de mer : Sillon de Talbert (front de mer, Préhistoire ; 19e siècle ; 20e siècle ; 1er quart 20e siècle) fait partie du patrimoine de Pleubian (Côtes-d'Armor) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationfront de mer
DatationPréhistoire ; 19e siècle ; 20e siècle ; 1er quart 20e siècle
Lieu-ditTalbert
Statutpropriété de l'État
Domaineurbanisme et espaces amenages
RéférenceIA22014784

Historique

Le Sillon de Talbert est divisé en 4 parcelles sur le cadastre de 1829 :le Sillon est figuré en section A, parcelle 1103, avec la 'Pierre à goémon' indiquée au milieu du Sillon, le cordon de galets au bout du Sillon (A 1104), après 'Toull Sten', l'Île au Rats (A 1104) et le dernier îlot (A 1106).Ce très ancien sillon, issu de la dernière glaciation et de la transgression flandrienne (fonte des glaciers de la vallée du Trieux et de la rivière de Tréguier), aurait déjà 15 000 ans d´âge, alors que le Sillon Noir (au Nord-Est de la petite grève) serait antérieur à la dernière glaciation. Une autre hypothèse sur la formation du Sillon est proposée par le chercheur Pierre Stéphan du Laboratoire GEOMER (annexe n°3). Les recherches archéologiques de R.P. Giot, publiées en 1967, ont permis de dater l'occupation humaine du Sillon au moins depuis la fin du Néolithique (3300 et 2300 avant J.C.), avec la découverte de silex, tessons de poteries et restes de foyers. Depuis sans doute un bon millier d'années, le Sillon de Talbert sert de base à la récolte du goémon (goémon de coupe et d'épave). La petite grève du Sillon accueille les bateaux goémoniers et les dromes (radeaux de goémon). Les pêcheurs à pied exercent leur activité sur le platier rocheux et dans les îlots d'Ollone, y aménagent de véritables pêcheries, posent des lignes de fond et des filets de barrage (entre l'Île Blanche et le Sillon et au niveau du 'Genouil' ou du 'Ster' dans la 'grande Grève'). Louis-Marie Faudacq (1840-1916) a peint et dessiné ces 'travailleurs de la mer' à la fin du 19ème siècle. Dans son article intitulé 'Les faucheurs de la mer', publié en janvier 1906 dans la 'Revue des Deux Mondes', Charles Le Goffic donne un étonnant tableau de ce qu'était le Sillon quand commençait cette moisson ou coupe du goémon, nommée 'ar verz', à partir du mois de février.Plus récemment, les témoignages oraux évoquent les fours à goémon à la base du sillon (déjà cités au cours du 19ème siècle et peints par le douanier Faudacq), le séchage du goémon en meules imposantes et la pratique du pacage sur la dune et dans la petite grève. En 1844, un industriel de la soude, Chauvel fit construire plusieurs 'fourneaux' et un magasin sur le Sillon. Cependant, le comice agricole du canton obtint auprès du Conseil général et du préfet, selon ses doléances, de chasser cet 'étranger', fabricant de soude. Pour aller de l´une à l´autre de ces grèves on traversait autrefois le sillon (soixante mètres environ de large au maximum) avec des attelages, au niveau du et derrière le 'Chouk' ('le dos', 'la nuque' en breton) pour charger algues et galets sur la côte au vent. Cette multiplicité des usages sur un même site s'est développée de façon cohérente et en ménageant tant la ressource algale que le support physique de ces activités jusqu'au milieu du 20ème siècle. C'est la valeur d'usage qui fait la référence et la parité entre des acteurs et des producteurs locaux. Ce qui construit et cimente une culture littorale.L'exploitation industrielle des agglomérats marins (sables, graviers) effectués aux alentours du sillon depuis le début du 20ème siècle par les sabliers a contribué à la fragilisation du cordon littoral qui protège la pointe de Lanneros. L'exploitation par une compagnie privée en 1928 est dénoncée par le Conseil municipal de Pleubian. Lequel autorise néanmoins en 1930 l'extraction de galets de 100 m3 pendant 6 mois pour l'entretien des chemins communaux.Le véritable divorce ethno-écologique s'est déclaré une première fois lorsque des nouveaux usagers du site (les soldats de l'organisation allemande 'Todt', pour construire le 'Mur de l'Atlantique') ont prélevé des quantités importantes de galets à partir de 1942 pour construire des blockhaus et empierré les routes. La modélisation de cette activité s'est poursuivie au niveau de l'Île Blanche par les habitants eux mêmes pendant le temps de la reconstruction. Puis à partir des années 1960, les tracteurs des cultivateurs avec leurs remorques sont venus, depuis les communes environnantes (Paimpol), envahir le Sillon et ramasser les goémon d'épave, en négligeant certains règles d'usages. A partir de 1969, le Sillon qui faisait partie du domaine privé de l'Etat, est passé sous la responsabilité de la commune de Pleubian, pour essayer de freiner la dégradation du site et la rupture prévisible du cordon de galets. Elle a obtenu le renfort de 11 autres communes pour créer sous la présidence de Max Querrien, maire de Paimpol, le 'Syndicat intercommunal pour la sauvegarde du Sillon' et la constitution d'un syndicat mixte associant le Conseil général et la Chambre d'agriculture. Dés 1974-75, un premier enrochement et un épi transversal (à la base) sont réalisés ; l'enrochement en ligne sera prolongé en 1982 sur 1300 mètres, alors qu'on pratique un re-profilage de la crête et qu'on empierre un passage dans la dune en 1982. D'autres grands travaux seront réalisés par la suite entre 1987 et 1989, afin de remodeler les enrochements para

Description

Le Sillon de Talber (t), situé à la pointe extrême septentrionale de la 'Presqu´île' de Pleubian, parallèle à la ria du Trieux et à l'estuaire du Jaudy, est caractéristique, selon les géomorphologues, d'une 'flèche littorale à pointe libre' ('hegger' en breton), de 3 km de long et de 100 mètres de large, dans sa plus grande étendue, à son extrémité. La surface du site est de 18 hectares. Le Sillon Noir et l´Île Blanche sont d'autres sillons fossiles, proches du Sillon, situés dans la petite grève Est. Cet ensemble forme une réserve naturelle de 205 hectares.Façonné en permanence par la mer et les hommes, le Sillon de Talbert semble en perpétuelle recherche d'un équilibre introuvable, en raison de son orientation générale, perpendiculairement aux houles dominantes d'Ouest et de la dérive littorale, qui fait migrer les galets de la base vers la pointe. Ce phénomène continu mais variable provoque l'allongement régulier de celle-ci (quelques dizaines de mètres par siècle) et la formation d'un crochet terminal, sous l'effet des houles latérales. La première carte du Sillon est datée de 1666 : le portulan de Colin, qui représente un sillon relativement rectiligne, s'appuyant à son extrémité sur les premiers îlots. La carte de Belin, datée de 1764, lui donne une courbure concave très accentuée en son milieu. Cependant, le Sillon s'est déjà rompu au cours du 18ème siècle, en se séparant de l'archipel d'Olonne ('l'île au sel', vestiges d'ateliers de sauniers d'origine gauloise, formé de 6 îlots), et au 19ème siècle au niveau de l'Île Blanche. A la fin du 18ème siècle, une brèche s´est ouverte et l´a coupé en deux parties distinctes. Au nord, les galets se sont étalés pour former un vaste estran. D'autre part, on observe un recul frontal dû au fait que le cordon n'est plus réalimenté naturellement par l'apport de nouveaux matériaux (les stocks du platier rocheux et des falaises s'épuisent) et qu'il roule sur lui même, en ensablant la petite grève Est. La flèche recule (50 mètres en deux siècles), rapetisse (1, 50 mètres en dix ans) et rétrécit (10 à 30 mètres en soixante ans), tout en se creusant plus fortement juste après le rocher qui, à 400 mètres de la base, fournit un ultime appui. Cette évolution s'est accélérée ces 70 dernières années, à cause des effets conjugués du prélèvement de galets pendant la seconde guerre mondiale (pour construire le 'Mur de l'Atlantique'), des usages goémoniers intensifs (passage des tombereaux attelés puis des tracteurs), des derniers enrochements et tempêtes.Sur les premières photos aériennes du début du 20ème siècle et d'après les croquis du peintre Faudacq, le sillon affecte la forme d'une longue jetée de 60 hectares aux courbures élégantes, dont l'ardillon final s'orne de multiples crochets et sillons secondaires, alors que la base présente un front dunaire sablonneux plus important qu'aujourd'hui. Son front de mer Ouest-Nord-Ouest fait face à la grande grève sur les hauts fonds d'un plateau rocheux, semé de nombreux écueils (des 'Epées de Tréguier au plateau des Héaux de Bréhat), avec le grand rocher 'Men Buas', en son milieu, le passage de 'Toull Sten' à son extrémité et les îlots de Talbert et d'Olonne. La partie Sud-Ouest du sillon, s'enracine dans la micro falaise (dite falaise morte) de Pors Rand, relativement protégée par les 'queues de comètes', perpendiculaires au rivage. Le front de mer Est-Sud-Est du Sillon donne sur la petite grève et la presqu'île de Lanneros. Son extrémité Est s'élargit pour forme une longue langue de galets, très évasée, avec une petite dépression en son milieu (marais à obione et salicorne) et des caoudeyres en formation. C'est le lieu privilégié de nidification de plusieurs espèces de sternes.La dune de sable et de galets constitue la base du Sillon, où s'appuie la flèche littorale. Sous la dune primaire, on peut découvrir de la tourbe, dont la présence pourrait révéler d'anciennes plantations et une végétation arbustive. Cette tourbe en décomposition favorise avec les algues d'échouage la progression des plantes littorales halophiles et nitrophiles (matricaire, choux marin, chardon bleu, bette maritime, renouée). Cependant, le piétinement et le passage des tracteurs ont réduit considérablement cette végétation tropique, depuis plusieurs décennies, avant que de nouveaux usages réglementent l'accès au site (Conservatoire du Littoral).Le Sillon est constitué d'une grande variété de galets, issus des littoraux de proximité (micro-granodiorite de Pleubian, de Talbert, microgranite de Pommelin, de Bréhat et de Launay, roches d'origine volcanique, albitophyre de l'Île d'Er, dolérite, gneiss de Port-Béni et roches sédimentaires), et de quelques silex.Le Sillon se présente aujourd'hui comme une cordon dunaire, dont les premiers 200 mètres (plus sablonneux), ont été sauvegardés par une action de re-végétalisation et l'aménagement d'enclos, laissant un passage central pour les piétons exclusivement. Cependant, le Sillon s'est considérablement affaissé et

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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