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Les anciennes mines de plomb et d'argent de la commune de Locmaria-Berrien

Les anciennes mines de plomb et d'argent de la commune de Locmaria-Berrien (mine, 2e quart 18e siècle ; 2e moitié 18e siècle ; 19e siècle ; 1ère moitié 20e siècle) fait partie du patrimoine de Poullaouen (Finistère) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationmine
Datation2e quart 18e siècle ; 2e moitié 18e siècle ; 19e siècle ; 1ère moitié 20e siècle
Lieu-ditLocmaria-Berrien
Domainearchitecture industrielle
RéférenceIA29003960

Historique

L'existance de mines est probablement antérieure au 15e - 16e siècle (dès l´âge du Bronze, puis à l´époque gallo-romaine, mais de manière sporadique). Ce n´est qu´à l´époque moderne, mais surtout après 1732, que s´organise une véritable exploitation des mines du secteur, en lien avec la création de la Compagnie des Mines de Basse Bretagne fondée par Guillonou de Kerever, négociant-armateur à Morlaix. Il obtient alors une concession de 36 lieues carrés (soit 547 km²) qui s´étend sur 13 paroisses dont Huelgoat et Locmaria-Berrien. Dés lors, la Compagnie fait appel à une main d´oeuvre étrangère, anglaise puis allemande, dont le savoir-faire en développement et exploitation minière était alors reconnu en Europe, surtout pour l´encadrement des mines. La Compagnie passe ensuite rapidement entre les mains de banquiers protestants dont les plus connus sont les Trochin.En 1749, l´ingénieur allemand Koenig, directeur des mines de Poullaouen, redécouvre la mine de Huelgoat-Locmaria. Dés lors, il procède à de nombreux aménagements du site, notamment à la mise en place de machines hydrauliques pour l´exhaure (évacuation des eaux d´infiltration souterraines des puits de mine) en place à Locmaria-Berrien en 1762, la réalisation de réserves et de canaux pour alimenter ces machines en eau (deux réserves d´eau en 1755 et 1765, ainsi que deux canaux, inférieur et supérieur, en 1761 et 1774), le fonçage de nouveaux puits d´extraction et la multiplication des galeries.En quelques années, la mine, comprenant également le site de Poullaouën, devient la plus importante du royaume. Plusieurs puits de Locmaria sont construits à cette époque : le puits inférieur (1783), celui de Poullaba (1786), celui de Humboldt (1786 - 1787), celui de la Molette. Entre 1766 et 1778, la production annuelle des deux mines, à leur apogée, étaient en moyenne de 650 tonnes de plomb marchand et 1750 kg d'argent. La mine d'Huelgoat-Locmaria donnait 2,105 kg d'argent par tonne de plomb. Leur production globale durant un siècle et demi d'activité a été d'environ 65 000 tonnes de plomb et 100 tonnes d'argent.Fin 1770, la compagnie emploie 1300 personnes sur les sites, et 400 à l'extérieur (transport du minerai, travail du bois en forêt pour les galeries et carbonisation pour les fourneaux des fonderies). La main d´oeuvre, concernant les emplois qualifiés, est essentiellement étrangère ; pour les postes de journaliers, laveuses et autres, elle est paysanne et provient des campagnes environnantes (Huelgoat, Berrien, Locmaria) et non régulière (en complément de l´activité agricole).En 1794, suite à une importante révolte ouvrière, les mines sont nationalisées.Au 19e siècle, avec la multiplication du nombre de galeries, les machines hydrauliques ne suffisent plus pour l´exhaure. A partir de 1831, c´est la machine à colonne d´eau dite « la machine de Juncker » du nom de l´ingénieur alsacien qui l´a perfectionné et adapté à la mine de Locmaria-Huelgoat, qui assure l´évacuation des eaux souterraines d´infiltration. Cet ingénieux système utilise l´eau du canal supérieur (six kilomètres de long depuis le lac d´Huelgoat) via la galerie de l´aqueduc « comme force motrice, et, agissant à la manière de la vapeur dans un cylindre de machine à vapeur, elle communique un mouvement de va-et-vient rectiligne à un piston » (Jean Monot).L´activité de la mine cesse en 1866 (liquidation de la compagnie pour des raisons financières). L´exploitation reprendra à partir de 1897 par la société Malfidano puis la Métalfra, mais les résultats sont faibles et l´activité cesse définitivement en 1934.

Description

Malgré l´abandon du site depuis 1934 et le pillage de pierres de construction, de nombreux vestiges de l'ancienne mine subsistent. Cependant, sans une signalétique efficace et plusieurs panneau d´interprétation nécessaires, il est difficile d´appréhender et de comprendre le site sans visite guidée.Les vestiges :- Laverie et vieux Bocard alimenté en eau par le canal inférieur au 18e siècle (lieu du lavage et concassage du minerai brut).- De nombreux entrées ou sorties de galeries et de puits de mine (grillagées par le BRGM).- Plusieurs terrils résultant de l´accumulation de déchets d´extraction.- La maison du directeur (en ruine) du début 20e siècle sur le carreau minier du côteau.- La roue hydraulique et le chevalement d´un puits reconstitués sur le carreau minier du côteau.- Les maisons des ingénieurs (en ruine) du début du 20e siècle.- Le canal supérieur et la galerie de l´aqueduc amenant l´eau jusqu´à la machine de Juncker (galerie grillagée par le BRGM).- La cité de la mine au lieu-dit « La Molette » : les corons, probablement de la fin du premier quart du 20e siècle, composés de six bâtiments (deux alignements de trois bâtiments) servant de logements aux mineurs ainsi qu´une cantine, probablement de la même période.

Dossier d'inventaire complet et photographies sur patrimoine.bzh

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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