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Moulin à farine puis teillage, Moulin de Keranré [Keranraiz ; Keranraix]

Moulin à farine puis teillage, Moulin de Keranré [Keranraiz ; Keranraix] (moulin, 2e moitié 17e siècle ; 18e siècle) fait partie du patrimoine du Vieux-Marché (Côtes-d'Armor) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationmoulin ; logis
Datation2e moitié 17e siècle ; 18e siècle
Matériauxgranite, moellon
Domainearchitecture industrielle ; architecture domestique
RéférenceIA22133269

Historique

Le moulin appartenait à l'origine aux seigneurs de Keranraiz (cités dès le 15e siècle) dont le manoir se situait à 2,1 km à l'ouest (manoir reconstruit à la fin du 19e siècle). Le toponyme "M[ou]lin de K[er]anré" est mentionné sur le cadastre de 1835. Dans les archives, on le trouve également écrit "Keranrais" ou "Keranraiz". Il est formé de "Kêr" qui signifie le village, le lieu habité. On ne connaît pas la date précise de création : le moulin à farine de Keranré pourrait remonter à la seconde moitié du 17e siècle ou au début du 18e siècle selon la forme, le volume et l'analyse stylistique du bâtiment. Selon le cadastre de 1835, le bâtiment principal - le moulin - est implanté perpendiculairement au Léguer. Les deux roues du moulin sont alimentées via un bief provenant du barrage barrant la totalité du cours d’eau. Deux autres bâtiments, dont l’un se développant en longueur, sont figurés sur le cadastre. Le cadastre montre un ilot au milieu du Léguer.Dans la nuit du 9 au 10 février 1784, les bâtiments annexes du moulin (crèches et grange) ont été ravagés par un incendie. Yves Le Ravazet, meunier et propriétaire du moulin, ne se rendit compte qu’au matin de la destruction des édifices par le feu. Rapidement les soupçons se portent sur Marie Riou et son fils Louis, deux anciens employés du moulin. Plusieurs semaines auparavant, Yves Le Ravazet les avait expulsés d’une ferme qu’ils exploitaient en domaine congédiable. Les deux incendiaires présumés se seraient ainsi vengés de l’expulsion subie.Les statistiques des moulins à céréales de l’arrondissement de Lannion en 1848 mentionnent le moulin de Keranraix [sic], il était la propriété d’Allain L’hémeillet. Vers 1870, le moulin à blé est transformé en moulin à teiller le lin. En 1918, François Meudic est propriétaire du moulin : 23 ouvriers sont employés au teillage.En 1952, le teillage est exploité par Jean Jégou, domicilié à Plouaret. Suite à une circulaire du préfet en date du 12 février 1952 concernant les "établissements insalubres" du département et à une circulaire rectificative du "Syndicat des teilleurs de lins" du 15 février, Jean Jégou écrit le 27 février au préfet qu’il ne se croit "nullement astreint à demander une autorisation quelconque pour son établissement" et donne les arguments suivants :- "le teillage de Keranraix existe, sous sa forme actuelle, et sans le moindre changement apporté depuis 1906" ;- le teillage se situe en "pleine campagne et non en bordure de voie publique" ; les plus proches voisins sont "à plus de trois cents cinquante mètres à vol d’oiseau" ; " […] que les bruits, insignifiant, s’agissant d’une installation mue par la force hydraulique, ne peuvent gêner quiconque" ;- le teillage est doté d’un système de dépoussiérage "assuré par deux aspirateurs de poussières, en parfait état de fonctionnement". A son courrier sont annexés deux plans : un plan général ou plan de situation et un plan de détail du bâtiment abritant le teillage. Le plan de situation figure plusieurs hangars :- un "hangar à étoupes et réduit pour secoueuse d’étoupes" : bâtiment numéroté 2 sur le plan ;- un "hangar à lins, maçonnerie et pilier sous ardoises" : bâtiment de très grandes dimensions, numéroté 3 sur le plan ;- un "hangar à lins, maçonnerie et pilier sous ardoises" : bâtiment numéroté 6 sur le plan ;Si le hangar accosté à l’ouest de la maison d’habitation existe toujours (bâtiment numéroté 6 sur le plan), le "hangar à étoupes" et le "hangar à lins" ont été déconstruits dans les années 1960 comme l'attestent les photographies aériennes.Derrière la maison d’habitation dite "maison du contremaître" se trouvait un "appentis, maçonnerie sous fibrociment" à usage de "caves à filasse" (bâtiment numéroté 5 sur le plan). La petite habitation secondaire en "maçonnerie sous ardoises" était à "usage de réfectoire" pour les ouvriers (bâtiment numéroté 7 sur le plan).Le plan de détail du bâtiment abritant le teillage nous renseigne sur l’emplacement des ateliers et des machines.L’exploitation du teillage par Jean Jégou fait finalement l’objet d’une enquête publique en avril 1953.L'activité de teillage s'est arrêtée en 1955.En 1981, Raphaël et Françoise Demetz, les propriétaires actuels, en font l’acquisition. Ils ont transformé la "maison du contremaître" en gîte.

Description

Plusieurs bâtiments composent le teillage : le moulin à teiller lui-même, un hangar à lin, la maison d'habitation dite "maison du contremaître" et une habitation annexe ayant servi de réfectoire.Le moulin est construit en moellon de granite, couvert avec un toit en ardoise. Son plan était anciennement divisé en deux : la partie dédiée à l'habitation et la partie dédié au teillage. Il a été restauré et remanié, il y a eu ainsi une extension dans l’angle nord-ouest. La roue à aubes du moulin, disposée parallèlement à la façade est, est en mauvais état (il ne reste que la structure en fer) ; un second trou dans la maçonnerie indique qu’il y a eu deux roues côte à côte ce qu'atteste également le cadastre de 1835. Sur la même façade, deux autres trous laissent penser que des poutres étaient encastrées dans le mur... C'était l'emplacement - au-dessus du canal de fuite - d'une salle sur pilotis et couverte en appentis, dédiée au javelage (préparation du lin en poignées).Le sous-sol abrite le mécanisme hydraulique ; le rez-de-chaussée est surélevé et il y a un étage à comble. Une cheminée est présente sur le pignon ouest, trois ouvertures principales sur la façade sud sont visibles, avec notamment une porte d'entrée en arc en plein cintre. Graffitis et inscriptions pieuses sont visibles sur les piédroits de la porte.Les "postes à espader" ont été préservés : il y avait - avant restauration et réhabilitation - des panneaux de bois qui enfermaient cette partie du moulin pour limiter la propagation de la poussière. Il y a douze postes à espader et chacun a un axe de rotation en fonte, lui-même constitué de 10 spatules en bois. Trois axes ont conservé la totalité de leurs spatules. Des trappes sont aménagées entre les postes de travail.

Dossier d'inventaire complet et photographies sur patrimoine.bzh

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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