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Moulin à marée, puis restaurant, puis dancing, actuellement lieu d'exposition de Pen Castel

Moulin à marée, puis restaurant, puis dancing, actuellement lieu d'exposition de Pen Castel (moulin à farine, 2e moitié 12e siècle ; 13e siècle ; 14e siècle ; 17e siècle ; 18e siècle) fait partie du patrimoine d'Arzon (Morbihan) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationmoulin à farine ; restaurant ; salle d'exposition
Datation2e moitié 12e siècle ; 13e siècle ; 14e siècle ; 17e siècle ; 18e siècle
Lieu-ditPen castel
Matériauxgranite, pierre de taille, moellon
Statutpropriété d'un établissement public communal
Domainearchitecture industrielle ; architecture artisanale - commerciale et tertiaire ; architecture de culture - recherche - sport ou loisir
RéférenceIA00127513

Historique

Moulin à marée reconstruit au 17e siècle par les moines de l'abbaye de Saint-Gildas à l'emplacement d'un édifice analogue existant dès 1380, qui leur avait été donné par le duc de Bretagne Jean IV. Resserre au sud-est construite à la fin du 18e siècle (date 1786 mentionnée par travaux historiques). Site classé en 1933. [Catherine Toscer], [Olivier Renaudeau].Reconstruit au XVIIe siècle, le moulin de Pen Castel, attesté en 1186, est très probablement antérieur et pourrait remonter au XIe siècle. Notons que, selon les travaux de Pierre Beunon et de l'association La Maison Forte et le Patrimoine de Rhuys, la presqu'île présente une concentration exceptionnelle de moulins à marée très anciens, dont certains pourraient être liés à une motte féodale, et remontant à une période comprise entre l'an Mil et le XIIIe siècle (Pen Castel donc, mais aussi Ludré, Le Hézo, Le Lindin, voire Banastère, Caden ainsi que celui de L'Epinaye sur la commune de Surzur aux marges de la presqu'île). Cette situation semble alors directement liée à la présence sur ce territoire des siècles durant de seigneuries et d'une abbaye puissantes.On ne sait pas qui est à l'origine de la réalisation du moulin de Pen Castel. Si celui-ci est antérieur à 1140-1150, il pourrait s'agir d'un seigneur local (seigneurie de Kerners, de Pen Castel ou de Bernon) mais plus probablement du duc de Bretagne lui-même sachant que le duc Conan Ier fît l'acquisition de la forêt de Rhuys dès 1008. En revanche, si sa construction est postérieure au milieu du XIIe siècle, époque de l'arrivée des templiers en Bretagne et sur la presqu'île de Rhuys, il serait plutôt l’œuvre de ces derniers qui, comme les grands seigneurs ou les moines, avaient les moyens financiers d'ériger un moulin à marée et sa digue. Il est possible, qu'à défaut de l'avoir créé, ils aient possédé puis aménagé ce moulin de Pen Castel à partir de cette seconde moitié du XIIe siècle et ce jusqu'en 1250. Après cette date, il revînt au duché de Bretagne.En 1367, le duc Jean IV l'échangea contre le Moulin des Lices (parfois dit « de la Garenne »), qui jouxtait son château de l'Hermine à Vannes, et que possédaient alors les moines de l'abbaye de Saint-Gildas de Rhuys située à quelques kilomètres de Pen Castel. Déjà détenteurs du moulin à marée du Lindin, ils acquièrent dès lors le monopole de la mouture sur l'ouest de la presqu'île. Par la suite, leur mainmise s'étendît à l'est via d'autres moulins à marée : Le Ludré (en 1474) et Le Hézo. Comme la plupart des moulins à marée du Morbihan, celui de Pen Castel fonctionnait environ 8 heures par jour. Si peu de documents font mention de la production et de la productivité des moulins à marée, on dispose d'une telle donnée pour Pen Castel au XVIIe siècle qui apparaît alors comme le plus productif du pays vannetais avec un total annuel de 200 perrées (petite mesure alors en cours à Vannes et aux environs) de froment et 70 de seigles, soit 432 quintaux.Les moines, détenteurs du droit de mouture, louaient le moulin à un meunier qui devait veiller à son monopole, parfois de façon zélée. En 1703, le meunier André Le Blouhic a ainsi dénoncé un bâtelier, ensuite poursuivi et condamné pour être revenu de Vannes avec un sac de farine de contrebande.Le moulin de Pen Castel présente une grande similitude avec celui du Lindin en matière de gestion. Ils sont en effet régis par le même contrat de fermage (ou ferme), daté du 28 octobre 1745, établi pour 9 ans et précisant les droits et devoirs du meunier. Par ce contrat, les meuniers s'engageaient en premier lieu à bien servir les mouteaux, soit toutes les personnes tenues de faire moudre leurs grains dans ce moulin. Alors que le loyer dont devait s'acquitter un meunier se versait généralement en une ou deux fois par an, ce document stipulait qu'il devait être versé pour ces deux moulins par quartier tous les trois mois et par avance. Le meunier de Pen Castel effectuait couramment son paiement en grain pour une quantité annuelle totale de 15 tonneaux et 5 perrées de froment, soit un tonneau de plus qu'au Lindin. Faute de paiement, le contrat de fermage précisait que le bailleur pouvait ordonner l'expulsion du loueur sans sommation ni formalité. En outre, l'autorité de l'abbaye se réservait le droit de résilier le bail en cas de partage de ses biens, là encore sans contrepartie vis à vis du Meunier. Au loyer, s'ajoutait une rente féodale (ou convenancière) annuelle d'un montant de 6 livres pour chacun des deux moulins. Par ailleurs, le meunier devait entretenir le moulin et ses mécanismes (bâtisse, charpente, roues, meules) afin de pouvoir le restituer à tout moment tel qu'il était en début de bail. Il devait également se servir de son chômage pour entretenir ou réparer la digue. Toutes ces conditions devaient être acceptées par le meunier et ses ayants droits sans garantie de parvenir au terme du bail.Dans une note de 1743, écrite par l'abbé de Villeneuve, il était indiqué que I'autorité de l'abbaye pouvait créer un moulin su

Description

Le moulin de Pen Castel est localisé au sud du golfe du Morbihan sur la rive nord de la commune d'Arzon au bout de la Presqu'île de Rhuys. Il est positionné à l’extrémité d'une digue rectiligne de 120 m qu'il chevauche côté aval sur un tiers de la largeur. Il s'agit d'une configuration assez peu répandue, la plupart des moulins à marée flanquant leur digue sur ce même côté aval. Cette digue, large de 8 mètres et en affichant une douzaine au niveau du moulin, fait office de chaussée. Le positionnement du pied de cette digue est atypique car situé en dessous de la ligne de mi-marée. Or, selon les observations faites par J.-L. Boithias et A. de La Vernhe dans les années 1980, les pieds de digues se situent le plus souvent entre 1 et 1,5 mètres au-dessus de cette ligne de mi-marée, ce qui est une disposition préférable pour un fonctionnement optimal du moulin. Quelques uns chevauchent cette ligne mais aucun en dehors de celui de Pen Castel n'est situé en dessous. Il est possible que la cause de ce positionnement peu approprié soit une absence de retour sur expérience à l'époque. Ceci conforterait l'hypothèse de son apparition dès le XIe siècle, peut-être seulement quelques années après l'an Mil, à peu près au même moment que d'autres moulins de la presqu'île (Ludré, Le Hézo, voire Le Lindin et Caden).Autrefois inondée lors des grandes marées, cette digue ne l'est plus depuis qu'elle fut rehaussée d'un mètre environ et délimitée par un muret sur toute sa longueur et de part et d'autre de la voie. Elle est aujourd'hui empruntée par la D 198 et le GR 34. Cette digue crée une retenue d'eau de 13 hectares se remplissant totalement par marée de coefficient de 60 et déjà aux trois quart par coefficient de 25. Le remplissage s'effectue par une vanne positionnée à près d'une soixantaine de mètres du moulin.La bâtisse du moulin est de plan rectangulaire de 16 par 7 mètres. Une largeur de 7 mètres ou approchante était fréquente pour ces bâtiments, en particulier dans le Morbihan. En effet, cette récurrence du chiffre 7 s'explique par la règle du nombre d'or chère aux compagnons qui adoptaient une telle mesure pour la réalisation des pignons de nombreux moulins. La toiture en ardoises à deux longs pans présente un coyau dont l'angle est peu marqué. L'entrée se situe sur le pignon sud-est et se présente sous la forme d'une porte ronde en plein cintre. La date de 1786 sur ce même pignon laisse à penser à des travaux significatifs à l'époque.Les soubassements et les angles du bâtiment sont en pierres de tailles. Les façades en comportent également mais elles sont principalement réalisées en moellons de granit. A chacun des quatre angles, à la jonction du haut de la façade et du toit, on note la présence d'un corbeau arrondi ou crossette. La façade aval présente deux fenêtres de part et d'autre d'une porte haute donnant au dessus de la mer. Cette ouverture caractéristique des moulins à marée permettait de décharger ou charger des navires en sacs de grains ou de farine à l'aide d'une poulie toujours présente à Pen Castel. Au bas de cette même façade aval, chacun des deux coursiers est surmonté d'un linteau plat et étroit reposant sur deux corbelets. Depuis la dernière restauration réalisée en deux tranches de travaux entre 2002 et 2009, ces coursiers qui accueillaient autrefois deux roues verticales intérieures, ont été réhabilité. Il est depuis possible de les observer au travers d'un sol vitré. La façade opposée, côté chaussée, ne dispose pour sa part que de deux petites fenêtres en guise d'ouverture.Dans le prolongement de la façade nord-est côté aval, un appentis de 13 par 5 mètres de longueur prolonge la bâtisse. Il présente une toiture en ardoises à un seul pan orienté au sud-ouest côté étang. Toujours côté aval, deux longs linteaux surmontent chacun une série de trois fenêtres identiques. Côté chaussée, la façade de cet appentis présente deux fenêtres et deux portes, dont une perpendiculaire et au contact du pignon, tout près de l'entrée du moulin. Une lucarne prend place sur le pan du toit, au tiers de la longueur de la façade et aligné avec l'une des fenêtres.Si le moulin de Pen Castel présente des similitudes avec de nombreux moulins artisanaux, il possède aussi plusieurs éléments qui le distinguent assurément au-delà de son appentis. Chacun des deux pans de la toiture dispose tout d'abord une lucarne, ce qui est propre aux moulins qui dépendaient d'un château ou, comme Pen Castel, d'une abbaye, moulins qui étaient les moins nombreux. Chaque lucarne présente des montants feuillurés afin de recevoir les vantails et un fronton sculpté de motifs divers. C'est surtout l'unique moulin à marée de Bretagne à présenter trois cheminées, une sur chaque pignon au niveau du faîtage et une cheminée à larmier à l'angle est côté aval (positionnement rare que l'on retrouve aussi au moulin à marée de Pont-Minaouët dans le Finistère). Une quatrième cheminée est en outre présente sur l'appentis. Les cheminées de Pen Castel sont par aill

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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