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Pont de Sainte-Anne

Pont de Sainte-Anne (pont, 3e quart 19e siècle) fait partie du patrimoine de Lannion (Côtes-d'Armor) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationpont
Datation3e quart 19e siècle
Matériauxbéton, métal, granite
Statutpropriété de la commune
Domainegenie civil
RéférenceIA22133553

Historique

Au milieu du 14e siècle, un deuxième pont est construit à Lannion, dénommé Pont-Leguer, en aval du précédent, le pont Kermaria, installé près du gué de même nom qui fut le premier franchissement de la rivière à la naissance de la ville de Lannion.Ce pont de bois favorise la communication entre la rive droite et le quartier de la rive gauche dénommé Kerampont (Ker an pont : la ville ou le quartier du pont). Il ouvre un axe de communication de Morlaix vers Tréguier. Il favorise l’augmentation de l’activité commerciale de la ville qui va se développer sur la rive gauche. Il prendra un peu plus tard le nom de pont de Sainte-Anne à l’arrivée des sœurs hospitalières du même nom en rive gauche.En 1364, le couvent des Augustins est fondé en rive droite par Geoffroy de Kerimel et Adelice de Launay. Désigné sous le nom de Porchou, il est construit au bout du Pont-Léguer.Au fil des années le pont de sainte-Anne se fragilise. Les frais occasionnés par des travaux de restauration rencontrent des réticences. La ville répare partiellement le pont pour permettre aux paysans de Ploulec’h, de Ploumilliau et d’ailleurs d’apporter les produits de leurs fermes ou de leurs convenants au Marchallac’h, et de s’approvisionner dans les boutiques 1Au début du 17e siècle, la communauté de ville veut laisser la charge des travaux de la réfection du pont au roi, comme par le passé. Elle répare quand même partiellement l’ouvrage. En 1607, Michel de La Vallée, lieutenant général de monseigneur le duc de Sully grand voyer2 de Bretagne, vint à Lannion dresser les plans et les devis d’une restauration que demandait l’état d’immense ruine du pont de Sainte-Anne. En cette occurrence le syndic de Lannion voulait parvenir à la décharge de la ville des frais de travaux, pour en faire supporter la dépense à l’autorité royale. Après s’être entendu sur les malheurs du temps qui ont ruiné Lannion, plus que tout autre ville : « il nous appers sans indication d’année, que ladite ville avait été brûlée jusqu’au nombre de deux cents maisons qui faisaient le tiers de la ville par les espagnols, et que leurs titres avaient été perdus lors dudit brûlement , tellement qu’ils avaient discontinué de lever certaines marchandises et ailleurs , toutes choses qui les empêchaient de pouvoir continuer la restauration du pont de Sainte-Anne. » 3Le pont de Sainte-Anne revêt une importance vitale pour la traversée du Léguer vers le faubourg de Kerampont et les communes voisines en direction de Morlaix.Le pont s’écroule en 1768 lors d’une crue. L’ingénieur des Ponts et Chaussées Anfray dresse un état des lieux consigné dans un procès-verbal : « L’éboulement contient dix-huit pieds de longueur. La clé de voûte, les contre-clefs, plusieurs clavaux et tout l’arrière bec de la pile, sont tombés dans la rivière. Les assises ne conservent plus leur niveau. Toutes ces défectuosités ont paru si considérables qu’il sera indispensable de reconstruire le pont, à neuf, au printemps prochain ; en attendant ce temps et pour empêcher que la communication ne soit interrompue nous estimons qu’il convient d’étrésillonner les deux arches qui menacent ruine, afin d’en prévenir la chute totale, de reconstruire une barrière, sur le pavé du pont, et rétrécir le passage de façon que les charrettes et les voitures n’y puissent passer. » Seul le passage de piétons ou d’animaux non attelés restent possible sur les ruines. En attendant la réparation, la communauté fait aménager le passage qui mène du faubourg de Kerampont à celui de Buzulzo, pour rejoindre le pont Kermaria épargné par la crue. La communauté formule plusieurs demandes auprès des Etats de Bretagne pour obtenir des fonds, à prendre sur ceux destinés aux grands chemins et aux ponts et chaussées. Mais en vain, les Etats demeurent insensibles aux arguments développés, tels que : « Si ce pont n’est pas promptement rétabli, toute circulation cesse entre les paroisses circonvoisines et entre ces villes d’où Morlaix fait exporter ses lins, fils, chanvres, suifs, miels et autres denrées qui sont les principales branches d’un commerce dont une grande partie de la Province tire des avantages certains et considérables. »La communauté ne peut tout réparer. Anfray estime les travaux à près de 25 000 livres, soit, compte-tenu des revenus dont dispose la ville pour les travaux publics, plus de six ans de travaux, alors que d’autres sont en cours. En juillet 1773, le pont est encore « à peu près dans la même situation qu’auparavant ». Pour éviter la ruine complète, la ville décide de le faire réparer partiellement « pour lui permettre de subsister encore une vingtaine d’années ».Dix ans après la crue de 1768, le pont demeure impraticable faute d’argent. Il est réparé petit à petit sans retrouver son état initial.En juillet 1809, suite à de nouvelles fissures, la destruction totale du pont est entreprise. Une partie des matériaux récupérés doit servir à la construction des piles du nouveau pont. Pendant les travaux, une crue emporte tout le chantier.

Description

Le premier pont est un pont à voûtes constitué de 3 arches en pierres de granit s'appuyant sur 2 piles au centre et des culées également en pierres de granit. Le tablier repose sur les voûtes en pierres et est recouvert de bitume. Les bords du tablier sont en pierres taillées grises, du côté de l'amont de la rivière ils sont surmontés d'un garde-corps métallique d'une hauteur d'environ 1,20 m, peint en noir, auquel sont accrochées des bannettes de fleurs naturelles. La largeur du pont est d'environ 13 m pour une longueur de 34 m. Des parapets en pierres taillées, arrondies sur le haut du muret, prolongent le garde-corps. Sur la rive gauche, coté amont, un accès à la rivière est possible par un escalier et une pente inclinée. Au 19e siècle, en amont du pont, la rive gauche était une lagune (parking de Caërphilly, site de l'ancienne gare, berges du Min Ran).Le second pont est un pont à poutres, avec un tablier et 3 piles en béton armé. Un garde-corps métallique d'une hauteur d'environ 1,20 m, peint en noir, protège les piétons au-dessus de la rivière, coté aval des bannettes de fleurs naturelles y sont accrochées. La largeur du pont est d'environ 9 m. Coté rive droite, près de la pile du pont la plus proche du quai, on observe, à mi-hauteur du mur du quai, une bouche d'évacuation d'un ancien réseau de collecte d'eaux pluviales de la ville, avec un linteau cintré.Les deux ponts sont séparés par un espace d'environ 4 à 5 mètres. L'espace piétons de l'ancien pont est agrémenté de 3 bacs de massifs plantés. La largeur de l'ensemble des deux ponts a créé des difficultés de raccordement avec les rues adjacentes. Le tablier du deuxième pont a du être prolongé par un arrondi pour sécuriser et faciliter la liaison avec les rues adjacentes. Le tablier du pont le plus ancien sert de support à l'acheminement des fluides entre les 2 rives (gaz et eau). Des lampadaires permettent l'éclairage nocturne des 2 ponts.

Dossier d'inventaire complet et photographies sur patrimoine.bzh

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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