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Poste central de la gare de Rennes

Poste central de la gare de Rennes (poste d'aiguillage, 20e siècle) fait partie du patrimoine de Rennes (Ille-et-Vilaine) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationposte d'aiguillage
Datation20e siècle
Matériauxbéton, brique
Domainegenie civil
RéférenceIA35132546

Historique

La Société MorsLouis Mors (1855-1917) est ingénieur centralien. Avec son frère Émile (1859-1952), ils sont particulièrement intéressés par les nouvelles techniques en rapport avec le chemin de fer, l’électricité ou l’automobile. À la fin du XIXe siècle Louis Mors prend la succession de l’entreprise de P. Prud’homme qui a produit les premiers appareils électro-sémaphoriques pour la Compagnie du Nord. Il crée à partir de celle-ci la Société d’électricité Mors. Sa société produit des moteurs de signal, des postes d’aiguillages à leviers d’itinéraires ou leviers individuels. Elle a une importante production de relais et de verrous électromécaniques. Dans sa première période d’expansion la société a surtout produit pour les réseaux de l’Ouest-Etat, du Nord et de l’Est. La société fabrique, outre la signalisation ferroviaire, des voitures et… des fleurs artificielles. Pendant l’entre-deux guerres elle rencontre des difficultés financières, entrainant la fin de la fabrication des voitures Mors qui est reprise par André Citroën.Cependant, la société n’arrête pas son activité pour les chemins de fer. À partir de 1935 elle est dirigée par M. Egnell. Elle comporte alors plusieurs secteurs, dont l’appareillage électrique industriel (relais) et la signalisation (moteurs d’aiguilles, de signaux, pédales électriques, signaux lumineux, freins de voies, etc.). La société Mors réalise des installations de sécurité sur le terrain et celles qui assurent la télécommande des sous-stations.Après 1960, Mors fonde avec Saxby et Jeumont la SARL JMS (Jeumont-Mors-Saxby). En 1967 le département signalisation est racheté par Jeumont-Schneider. Toutefois, en 1982 la Société Mors reprend sous le nom de Mors Railways une partie de sa production du département signalisation : l’exploitation des procédés Paulvé du Muy et Meunier ainsi qu’une filiale de Saxby (produisant des relais industriels). En 1988, Mors Railways est absorbée par Siferdec filiale de De Dietrich et de Cogifer. La société Mors a développé deux types de postes à leviers d’itinéraires :- le poste à leviers curseurs entre 1922 et 1930 ;- le poste à leviers particuliers d’itinéraires après 1930.Pour le premier type les leviers se déplacent verticalement dans un gril, puis horizontalement dans une fente déterminée. Chaque fente correspond à un itinéraire. Ces postes ont été construits sur le réseau de la Compagnie du Nord et pour l’État : La Rochelle 1, 2 et 3 (1922-1992), Laon 5 (1923-1944), Lens-Avion 1 (1925-1977), Lens 4 (3) (1925-1988), Tergnier B (fin des années 1920-1957), Valenciennes 7 (fin des années 1920-1956), Amiens 3 (fin des années 1920-1960)Les postes Mors à leviers particuliers d’itinéraires (deuxième type) ont équipé des nœuds importants du réseau de l’État. Chaque levier correspond alors à un itinéraire et ils se déplacent horizontalement (voir description technique). En France, six postes furent installés à partir de 1932 : - Versailles-Chantiers Central (1932-1976) ;- Caen Central (1936-1964) ;- Porchefontaine (1937-1976) ;- Clamart (1937-1987) ;- Le Mans Central (1938-1969);- Rennes Central (1941).Ainsi, le poste central de Rennes est le dernier poste d’aiguillage de la Société Mors à avoir été installé et à être encore en fonctionnement en 2016.Le poste central de Rennes (1939-1941)Le poste central de Rennes est installé en 1941 dans le cadre du plan de modernisation de la gare. De vastes hangars en bois jouxtant le buffet (1913) sont détruits pour pouvoir construire le poste central. Le bâtiment lui-même est construit en 1939, mais le poste Mors à leviers particuliers d’itinéraires n’est en fonctionnement qu’à partir de 1941. Il vient remplacer les postes n° 2, 3 et 4 qui se situaient entre le pont de Châtillon et celui de Saint-Hélier. Le poste comprenait 80 leviers d’itinéraires en 1964.Au début des années 1960 la ligne entre Le Mans et Rennes est électrifiée en 25 KV 50 Hz (courant alternatif monophasé depuis lors adopté pour les LGV, la ligne Paris-Le Mans ayant été électrifiée en 1500 V continu en 1937) dans le cadre d’un plan plus général d’électrification pour les lignes au trafic assez élevé. La première section, entre Le Mans et Laval, est inaugurée le 26 septembre 1964 puis la deuxième section, entre Laval et Rennes, est mise en service le 1er juillet 1965. Ce changement nécessite la modification du poste central afin de répondre à l’augmentation du trafic. Le 14 juin 1964, il est livré aux techniciens du service électrique et de la Société Mors pour l’adapter aux nouvelles installations. Pendant ce temps, un poste provisoire, équipé de 132 manettes individuelles, moins souple, vient le remplacer.Quelques semaines avant l’ouverture de la ligne électrifiée, le 9 mai 1965, le poste central est remis en service. Il a été amélioré et transformé : c’est toujours un poste de type Mors à leviers d’itinéraires. Le combinateur a fait peau neuve, dorénavant vert clair, mais surtout le poste est équipé de nouveaux leviers, de 80 il passe à 138 leviers. D

Description

Le poste central se trouve à l’intérieur de la gare de Rennes. Contrairement à beaucoup de postes il se présente en dehors des voies et est accessible depuis le quai n° 1, mais aussi depuis le boulevard de Beaumont. Situé à l’ouest du bâtiment des voyageurs, il est entouré du buffet de 1913 à l’est et du bâtiment de la direction régionale de la SNCF au nord et à l’ouest. Description architecturale⧁ description extérieure : bâtiment, orientation, matériaux…Le bâtiment du poste suit un plan relativement simple. Son style épuré est typique des postes d’aiguillages construits par la SNCF. La cabine de l’aiguilleur est surélevée. Le bâtiment est conçu pour accueillir le poste de type Mors qui nécessite un bâtiment à plusieurs niveaux (deux étages) pour son fonctionnement. Ainsi chaque niveau a une ou plusieurs destinations précises.En termes de volumétrie, le bâtiment se compose de quatre volumes parallélépipédiques : deux volumes principaux qui forment un " T " et s’élèvent sur trois niveaux. À ce volume viennent se coller deux volumes parallélépipédiques (plus petits) pour former quasiment un rectangle. Le toit est en grande partie un toit terrasse mais avec une légère pente sur les débords de toit (résultat des derniers grands travaux au début des années 1990). Une visière en béton déborde de l’édifice de façon dissymétrique : sur la façade principale et une partie des deux façades latérales couvrant une coursive au 2e étage. Une bande bleue vient marquer visuellement ce débord. Il permet d’abriter la cabine de l’aiguilleur du rayonnement direct du soleil. Le bâtiment est construit en béton. Les façades sont recouvertes d’un enduit bâtard de couleur claire. L’enduit est lisse, seul le soubassement en saillie souligné par de fins bandeaux (formant trois lignes) vient rythmer horizontalement la façade du bâtiment. Le bâtiment a probablement toujours été enduit. La façade principale du bâtiment donne sur les quais et porte en grande lettres capitales bleues le nom de la ville de Rennes. Le premier niveau est éclairé par une grande baie grillagée. Le second niveau comporte des petites baies hautes. Le dernier niveau en encorbellement est entièrement vitré et équipé d’une coursive en partie condamnée (suite aux travaux d’agrandissement de 1991). La présence des vitres sur la façade principale et en retour sur les deux autres faces du bâtiment permettent à l’aiguilleur de garder un œil directement sur les voies. Cette configuration est caractéristique de l’architecture des postes d’aiguillage.Un bâtiment préfabriqué d’un seul niveau jouxte la façade du côté de Brest. Ce bâtiment communique par une porte avec le bâtiment du poste central. Au dernier niveau une passerelle permet un accès direct entre la cabine de l’aiguilleur et le bâtiment de la Direction régionaleLa façade arrière du bâtiment, côté cour, présente au centre une double porte dans un léger renfoncement. Cette porte permet d’accéder au hall d’entrée et à l’escalier qui dessert le bâtiment. Elle est surmontée d’une seconde porte au 1er étage qui permet d’accéder à une coursive. Dans le même axe une grande fenêtre éclaire le dernier étage. Un escalier démarre au pied du bâtiment et continue sur la façade latérale (côté Paris). Cette façade était symétrique à sa construction, un volume (côté Brest) a été surélevé d’un étage dans les travaux d’agrandissement des années 1990.La façade côté Paris présente un aspect similaire à celle initialement dessiné côté Brest. Un escalier courant dans la largeur permet un accès direct depuis l’extérieur à la cabine de l’aiguilleur. La façade est agrémentée de deux portes, l’une au rez-de-chaussée et la seconde au 1er étage accessible par une échelle fixée dans le mur.⧁ description intérieure : différents niveaux, organisation des niveaux…L’intérieur du bâtiment a connu différentes modifications au cours des phases de rénovation, dont deux sont connues, la première en 1964 et la seconde au tout début des années 1990. Cependant la distribution des pièces et le fonctionnement du bâtiment sont restés sensiblement les mêmes. Les revêtements des sols ainsi que ceux des murs ou les peintures datent probablement des derniers travaux des débuts des années 1990. Les sols sont majoritairement recouverts par un revêtement plastique. Les murs ont été recouverts d’un revêtement à peindre, puis de couches de peinture. Le rez-de-chaussée est occupé par un hall d’entrée donnant accès aux différentes pièces et à un escalier qui dessert les deux étages du bâtiment. Cet escalier en béton est équipé d’une rambarde en fonte au dessin simple et élégant.Trois salles occupent le rez-de-chaussée : - une première contient les armoires d’arrivée et de contrôle du courant électrique qui alimente le poste ;- une seconde salle est occupée par un groupe électrogène de secours qui est utilisé en cas de panne du secteur ;- une troisième salle renferme /renfermait des tubes alignés de bromure de méthyle.Sur le palier de chaque étage se trouvent de petite

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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