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Tour Solidor, Anse Solidor, Saint-Servan

Tour Solidor, Anse Solidor, Saint-Servan (château fort) fait partie du patrimoine de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationchâteau fort ; tour
Lieu-ditSaint-Servan ; Anse Solidor ; Anse Saint-Père
Matériauxgranite, maçonnerie, moellon, pierre de taille
Statutpropriété de l'État
Domainearchitecture militaire ; partie ou element commun a tous les types d'architecture et aux espaces amenages
RéférenceIA35032912

Historique

L’occupation du rocher dans l’Antiquité : Haut-Empire, Bas-Empire romainDominant l’embouchure de la Rance, le rocher supportant le "bastion Solidor" est occupé dès le Haut-Empire romain au moins comme l'ont montré les fouilles archéologiques menées par le Centre régional d’Archéologie d’Alet (association fondée en 1967 par Antoine Dos) sous la direction de Loïc Langouët (1941-2018).Sur le rocher est attesté la présence d’une source naturelle alimentant un bassin puis un aqueduc, alimentant lui-même une station de pompage et sa machinerie datée du Haut-Empire romain, situées en bordure d’une voie charretière sur l’actuel estran. Ces infrastructures de génie civil et d’hydraulique, situées au pied du promontoire de la Cité d’Aleth*, agglomération importante des Coriosolites détruite par un incendie au 1er siècle (les Coriosolites s’installent ensuite à Corseul, Fanum Martis), témoignent de la présence de la station maritime nommée Reginca figurant sur la Table de Peutinger (copie de la fin du 12e siècle d'une carte romaine) et au cœur du trafic trans-Manche. La Rance permettant à l’époque de naviguer jusqu’à Taden, près de Dinan.* Par convention, l’Inventaire général adopte la graphie de la carte au 1:25 000 de l’Institut national de l'information géographique et forestière (IGN).Vers la fin du 3e siècle, dans le contexte d’insécurité globale dans l’Empire romain, le promontoire devient une place forte gallo-romaine. Parallèlement, la hausse du niveau marin et la percé du cordon alluvionnaire a vraisemblablement déplacé le port d’échouage dans l’anse Saint-Père (les navires pouvant mouiller dans la Rance). Sur le rocher devenu îlot, est probablement implantée au 4e siècle une fortification de type castellum (un petit fort) pour protéger les installations portuaires voire des navires de guerre. Au nord de la basse-cour, le mur de soutènement montre la roche-mère et une maçonnerie mêlant moellon et chainage en brique correspondant au niveau d'occupation gallo-romain.Dans la Notitia dignitatum Imperii romani (littéralement, le registre des dignitaires de l’Empire romain), document administratif du Bas-Empire daté entre 390 et 425 et connu par des copies médiévales (comme ce manuscrit en latin daté de 1436 de la Bibliothèque nationale de France avec la figure imaginaire du castellum d’Aleth), il est fait mention d’un préfet militaire commandant la garnison de Martenses d’Aleth (Praefectus militum Martensium, Aleto), troupe d’infanterie chargé de la défense des côtes contre les pirates saxons. Avec le départ de l’administration romaine au début du 5ème siècle, la place-forte est abandonnée alors que des Bretons arrivent en Armorique : le quartier général militaire (principia), implanté à la croisée du cardo et du decumanus est transformé en église.Le rocher durant le long Moyen Âge (5e-14e siècles)L’agglomération d’Aleth a gagné de nombreux habitants dans les siècles suivants. A partir de la fin du 8e siècle, elle abrite le siège de l’évêché jusqu’à son transfert à Saint-Malo après 1145. Située à 200 m du rocher, la cathédrale Saint-Pierre est datée de la seconde moitié du 10e siècle.L’archéologie semble attester d’une occupation du castellum au 10e siècle : le rempart est réparé et rehaussé, des terrasses sont aménagées et des bâtiments en bois sur poteaux sont construits. Le castellum gallo-romain est probablement remis en état.Aleth et la tour Aiquin ou d’Oreigle sont mentionnées dans la chanson d’Aquin datant du 12e siècle, connue par une copie du 15e siècle : le récit semble peu fiable mais atteste cependant de la présence d’une fortification.En 1255, suite à la rébellion du seigneur Guillaume du Mottay contre les privilèges, droits et juridictions de l’église de Saint-Malo, le "castrum Aletis, la forteresse et la ville d’Alet" sont ruinées [cf. QUERCI (de), Thomas, De l'Antiquité de la ville et cité d'Aleth ou Quidalet. 1628].Adossé au mur sud-est de la basse-cour, un bâtiment d’au moins trois pièces, daté du milieu du 14e siècle, a été fouillé par le Centre régional d’Archéologie d’Alet en 1980. Abritant divers objets : des poteries, une caisse de graines, une épée, des éperons, une pointe d’épieu, des carreaux d’arbalètes… il a été détruit par un incendie à la fin du 14e siècle ou dans la première moitié du 15 siècle [cf. Langouët, Loïc, 1980 ; 1981].La reconstruction de la tour Solidor (fin du 14e siècle)La tour Solidor est réputée construite vers 1370-1382 par Jean IV, duc de Bretagne de 1365 à 1399. L’ensemble fortifié se compose d’une tour et d’une basse-cour défendue par un châtelet d’entrée. Il a pour fonction de surveiller l’entrée de la Rance et Saint-Malo, le port et la ville. Stiridor, toponyme transcrit en latin au 14e siècle, signifierait en breton la "Porte de la Rivière" (ster, la rivière et de dor, la porte).La perception d’une taxe sur les marchandises entrantes et sortantes du port et la construction et/ou reconstruction de la tour Solidor entraînent des tensions entre les évêques de Saint

Description

La tour Solidor est située à Saint-Servan dans la commune de Saint-Malo, sur la rive orientale de l’embouchure de la Rance, à l’abri sous la pointe de la Cité d’Aleth. Ces fortifications - basse-cour et tour - sont implantées sur une avancée rocheuse située entre les anses Solidor et Saint-Père qui servent de port d’échouage. Garengeau appelle l’ouvrage "château de Solidor". La basse-cour est souvent surnommée "bastion de Solidor".La basse-courGarengeau l’appelle "l’enceinte".Isolée de la terre par un fossé et défendue par un petit châtelet, la basse-cour est desservie par un pont à deux arches en pierre de taille (à l’origine, elle est desservie par un pont dormant suivi d’un pont-levis). Une rampe en pente douce, bordée d’un mur, dessert l’accès au pont. Sous ce pont passe une ancienne voie charretière dont subsistent les traces de roulement sur l’estran rocheux. L’extrémité nord du passage est remplacée par un escalier monumental.Les deux tours circulaires du châtelet de la basse-cour, à léger fruit, sont élevées en pierre de taille et en moellon équarri de granite. Celle située au sud-est est partiellement arasée en-dessous de la mi-hauteur ; celle située au nord-ouest, percée de plusieurs archères-canonnières et coiffée d’un toit conique en ardoise, a vu sa partie sommitale reconstruite. Plusieurs graffitis - dont un navire à voile - sont visibles, gravés sur des pierres au pied de cette tour.La basse-cour forme une plate-forme surélevée grossièrement rectangulaire d’une surface de 1 200 m2 environ orientée vers le sud-ouest. Au nord, le mur de soutènement montre la roche-mère et une maçonnerie mêlant moellon et chainage en brique (niveau d’occupation gallo-romain). Le parapet de la basse-cour a été rabaissé. Une poterne (en arc plein cintre) et une arbalétrière-canonnière - accessibles par un escalier droit depuis la plate-forme et commandée par la tour - sont visibles au sud-ouest. Trois autres arbalétrières-canonnières ont également été repérées : l’une orientée vers le sud-ouest, les deux autres vers le sud-est (vers l’anse de Solidor).A l’entrée de la basse-cour se dresse un bâtiment à usage de corps de garde commandant une large porte fermée par deux battants en bois à claire-voie. Construit en maçonnerie de moellon et couvert à deux pans en ardoise, ce bâtiment par lequel on entre par une porte percée dans le pignon nord-ouest, comprend au rez-de-chaussée une pièce avec cheminée éclairée par une grande fenêtre percée dans l’élévation sud-ouest et un étage de comble éclairé par une lucarne de même orientation. Il est flanqué au sud-est d’un appentis abritant des toilettes communiquant avec le bâtiment précité.A l’ouest, contre la basse-cour est implanté un bunker-poste d’observation et de tir en béton armé (Seconde Guerre mondiale, vers 1943). Ce Tobruk présente la particularité d’être surélevé pour battre la route venant du nord-est. Il présente de nombreux impacts issus des combats d’août 1944 pour la Libération de Saint-Malo.Dans la basse-cour sont conservés un tube de canon de marine, une bombe pour mortier (fin 17e siècle - début 18e siècle) et des ancres de marine, dont certaines sont encore prises dans leur gangue.La tourGarengeau l’appelle le "château".Depuis la basse-cour, la tour Solidor est desservie par un pont (ce dernier remplace un pont-levis à flèche) permettant de franchir un large fossé.L’édifice se compose de trois tours de plan circulaire reliées par des courtines délimitant une pièce intermédiaire de plan trapézoïdal. La surface au sol de l’édifice est d’environ 120 m2 hors-tout. Directement fondé sur le rocher-mère, il est construit en maçonnerie de moellon et/ou en pierre de taille (à partir du premier étage). L’épaisseur des maçonneries est d’environ 2 m.L’élévation est : le front d’attaque terrestre et le dispositif d’entréeReliées par une petite courtine dans laquelle est aménagée la porte d’entrée, les tours sud et nord forment le front d’attaque terrestre. Il est doté de huit arbalétrières-canonnières, non compris les ouvertures de tir du chemin de ronde orientées vers l’est. L’arbalétrière-canonnière implantée au-dessus de la porte d’entrée est surmonté d’un double arc de décharge.Surmontée par des armoiries aujourd’hui muettes, la porte d’entrée est en arc en tiers-point en pierre de taille. Selon Antoine Dos [cf. bibliographie], il était peint "Malo au riche duc".Le dispositif d’entrée comprenait à l’origine : le pont-levis à flèche et son tablier (les deux rainures permettaient de remonter les flèches tandis que la feuillure permettait d’encastrer le tablier dans la façade), une première porte à battant unique en bois donnant sur le passage d’entrée, un sas défendu par cinq assommoirs abritant le poste de garde et un placard mural, une rainure où se logeait la herse ainsi qu’une seconde porte à battant unique en bois.Défendu par son propre assommoir, le poste de garde dispose d’un banc en pierre, d’une niche murale et d’une cheminée. Au premier étage, au-dessus du

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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