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Ville de La Roche-Derrien

Ville de La Roche-Derrien (ville, Fin du Moyen Age ; Temps modernes ; 19e siècle ; 20e siècle ; 1er quart 21e siècle ; Moyen Age) fait partie du patrimoine de La Roche-Jaudy (Côtes-d'Armor) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationville
DatationFin du Moyen Age ; Temps modernes ; 19e siècle ; 20e siècle ; 1er quart 21e siècle ; Moyen Age
Lieu-ditRoche-Derrien (La)
Domaineurbanisme et espaces amenages
RéférenceIA22132179

Historique

Naissance d'une ville castrale au sein de la seigneurie de PenthièvreLa ville de La Roche-Derrien est née à l'abri d'un château fort, à quinze kilomètres environ des côtes de la Manche, au fond de la ria du Jaudy. Celui-ci est établi sur une éminence rocheuse pour surveiller le fond de la ria, à la limite des eaux fluviales et maritimes, là où la rivière est facile à traverser et où peut s'installer le premier pont. Le passage de la rivière, la défense de ce passage et l'adaptation aux conditions naturelles ont déterminé le choix du site. Les possibilités de transfert de marchandises par voie d'eau n'ont pas constitué l'élément déterminant pour l'installation du site car aux 11e et 12e siècles, la plupart des fleuves bretons ne jouent aucun rôle commercial important.Les nombreux avantages topographiques offerts par le site expliquent l'occupation ancienne des lieux, probablement dès l'Age du bronze. Des vestiges de substructions (briques, tuiles, ciments) retrouvés au milieu du 19e siècle à l'emplacement de l'ancien château fort témoignent de l'existence d'une cité gallo-romaines. D'après les historiens, il faudrait attribuer la fondation du château fort primitif, autour de 1070, à Derrien, fils du comte Eudon de Penthièvre (contexte historique en annexe) : il reçoit en apanage la seigneurie de la Roche-Jaudy et fait bâtir un premier donjon en bois avec palissades sur le promontoire rocheux qui domine le Jaudy, désormais place forte de la région appelée La Roche-Derrien. Avec Guingamp, Lamballe, Moncontour, elle participe à la structuration de l'espace de la seigneurie de Penthièvre. Les différents éléments laissent supposer que le premier château de pierre, remplaçant le donjon de bois de la motte castrale, fut érigé dans la seconde moitié du 12e siècle avec basse cour fortifiée et fossés.En 1160, un des descendants de Derrien obtient de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes que quelques moines viennent s'installer à La Roche-Derrien pour fonder un prieuré et une première église dédiée à la Sainte-Croix, pôle spirituel indispensable au développement d'un bourg castral. On doit sans doute à ce prieuré (disparu) la création de la paroisse de La Roche-Derrien, probablement situé à proximité de l'ancienne chapelle Saint-Jean. Un second prieuré était situé dans l'actuelle rue de la rive comme l'évoque Marie Charant dans son histoire de La commune :" Au quai, maison qui fût jadis une communauté religieuse habitée par des moines, chapelains des seigneurs de La Roche-Derrien..." et que l'on identifie aisément sur le cadastre ancien avec ses bâtiments disposés autour d'une cour close (ensemble formé par le 7 venelle des Anglais et les 6 et 6 bis rue de la rive). Peut-être la ville a-t-elle compté deux prieurés, l'un au nord, l'autre au sud. Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, il semble que la Roche-Derrien soit toujours rattachée à la paroisse d'origine de Ploezal et ce n'est que vers 1330 que son église est pour la première fois citée comme paroisse. Cette mention est sans doute à rapprocher de la construction de l'actuel édifice, à la mesure de l'importance de la seigneurie et de son château. La fondation de l'hôpital (ou maladrerie) et de la chapelle Saint-Eutrope, à l'est de la place du Martray, est due à Geoffroy de Kersaliou, seigneur de Kersaliou (Pommerit-Jaudy), à son retour de croisade avec Saint-Louis en 1254. En effet, la seigneurie de La Roche-Derrien concède aux Kersaliou des privilèges très étendus dans son propre fief dont celui de haute, moyenne et basse justice dans l'auditoire de la châtellenie de La Roche. L'hôpital et la chapelle Saint-Eutrope sont détruits en 1850. Seules deux baies de la chapelle dont une du 13e siècle témoignent de son existence. C'est vraisemblablement au cours du 13e siècle que la ville de La Roche-Derrien commence à se fortifier, à l'instar de beaucoup d'autres villes castrales de Bretagne. La période féconde en évènements militaires occupe une place de premier ordre dans l'histoire des fortifications bretonnes. C'est également à cette époque que le bourg castral se développe ainsi que le trafic sur la rivière. Le port d'échouage permet d'approvisionner la ville. Le contrôle d'un axe de passage permet au seigneur de percevoir une taxe sur les bateaux qui viennent relâcher sous les murs du château et d'établir halles, marchés et foires. La naissance de la ville autour du château, sur un axe de passage, s'inscrit dans un mouvement général de lent renouveau urbain entre le 11e et le 13e siècles qui profite de la reprise économique et démographique.Place forte du duché de Bretagne au coeur de la guerre de Succession de BretagneTour à tour place forte du comté de Penthièvre et du duché de Bretagne entre 1034 et 1341 (lire annexe historique), La Roche-Derrien va devenir un lieu d'affrontements successifs durant la Guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) entre le parti de Penthièvre et celui de Montfort. Une trentaine d'années après la signature du traité de paix (1365), les querell

Description

Malgré la destruction du château et des remparts, la forme circulaire dans le parcellaire de la ville témoigne de son passé de bourg castral. L'étude du cadastre ancien combinée à l'observation des vestiges sur le terrain permet de reconstituer approximativement les limites de l'ancienne ville close et son évolution hors les murs.La forteresse : le château et la basse-courImplanté sur la partie la moins vulnérable du site, le château, aujourd'hui remplacé par la chapelle du Calvaire, dominait la ville. Son plan semble adopter la forme d'un polygone irrégulier au sommet de l'éperon rocheux. En l'absence de fouilles archéologiques, la position du donjon disparu n'est pas connue : isolé dans la forteresse ou engagé dans la courtine ? De même la forme du donjon n'est pas connue : gros donjon carré comparable à celui de La Roche-Maurice (Finistère nord) ou donjon circulaire ? Le soubassement de la forteresse est conservé, formant une première couronne de rempart. Côté sud-ouest, la falaise tombe à pic sur la rue de la rive, formant une protection naturelle renforcée par des murailles dont on devine les vestiges sous la végétation. Au nord et au sud-est s'étend la basse-cour, ceinturée par une seconde couronne de remparts dont il subsiste la trace à l'arrière des maisons bordant le côté gauche de la rue de la fontaine (dans le sens de la montée). L'appareil des remparts est encore fruste et trahit une construction antérieure au 14e siècle : construction en moellons irréguliers de schiste ardoisier provenant de carrières voisines, reliés entre eux par un mortier de chaux liquide. Les murs reposent parfois sur de gros blocs de rocher.La ville s'est peut-être développée à partir de la basse-cour du château en direction du nord et du nord-est. Au 12e siècle, l'emprise du bourg castral se limite probablement à la partie haute, à l'emplacement de la rue de l'église et de l'actuelle place du martray, avant de s'étendre vers la partie basse, rue de la fontaine. Cependant, les maisons ne sont pas construites au pied des remparts de la basse-cour, afin de ne pas servir de postes avancés aux ennemis, en cas d'attaque du château.L'enceinte urbaineA la fin du 14e siècle, dans ses chroniques sur les batailles de la Guerre de Succession, Jean Froissart signale la présence d'une enceinte urbaine à La Roche-Derrien comme Pierre Le Baud un siècle plus tard. Les enluminures de ces chroniques représentent l'enceinte de manière symbolique sans chercher à restituer la réalité mais plutôt l'idée que les hommes du Moyen Age se faisaient d'une ville enclose. De l'enceinte urbaine qui forme la troisième couronne de rempart et clôture la ville, il subsiste quelques vestiges localisés au sud, au sud-est et au nord du château. Son tracé utilise l'escarpement du site à défendre ce qui explique son tracé irrégulier. Il est difficile d'affirmer que des tours semi-circulaires interrompaient les courtines pour protéger les angles et assurer le meilleur flanquement possible même si la présence de ces éléments de défense est probable. Au sud, une guérite est encore en place, ménagée dans l'épaisseur de la muraille, probablement à quelques mètres de la jonction de l'enceinte urbaine et du rempart de la basse-cour. Ce pourrait être un élément d'un poste avancé, sorte de barbacane, situé devant l'entrée la plus vulnérable de la ville, au sud, près de la rivière. Le passage ancien qui longe cette muraille et descend vers la rue de la fontaine rejoignait peut-être l'ancienne porte de la jument.Au nord-ouest du château, la base de la muraille de l'enceinte urbaine est bien visible : elle passe au bas du jardin de l'ancien presbytère et semble obliquer au niveau du poste de guet établi au 17e siècle, non plus dans un but militaire mais pour surveiller le trafic des bateaux et lever l'impôt sur ceux qui relâchent dans le port de La Roche-Derrien. Il est plus difficile de retrouver le tracé au nord de la ville, au niveau de l'église paroissiale. Celle-ci étant fortifiée à la fin du 14e siècle, il est possible qu'elle soit hors les murs d'enceinte de la ville.D'autres indices comme la forme circulaire du parcellaire et le relief offrent des clés de lecture supplémentaires qui permettent de retrouver par endroits le tracé initial de l'enceinte : derrière la maladrerie et les maisons au nord de la place du Martray, les parcelles non loties sur le cadastre ancien pourraient correspondre au fossé creusé derrière l'enceinte urbaine. La légère déclivité du terrain à cet endroit milite également en faveur de cette hypothèse. Les rues du pouliet et des buttes (actuellement rue de pitié) auraient été établies sur la contrescarpe du fossé. Par delà l'enceinte urbaine, les marais situés au nord et à l'est constituaient une zone de défense naturelle dont le toponyme pouliet (marais) est significatif.Quatre portes établies au sud, à l'est et au nord mettaient en communication les principales rues de la ville close avec les faubourgs d'où partent les chemins ruraux : la p

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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