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Base de sous-marins dite Petite base du Scorff, Zone industrialo-portuaire du Scorff

Base de sous-marins dite Petite base du Scorff, Zone industrialo-portuaire du Scorff (blockhaus, 2e quart 20e siècle) fait partie du patrimoine de Lanester (Morbihan) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationblockhaus ; arsenal ; édifice logistique ; centrale électrique
Datation2e quart 20e siècle
Lieu-ditZone industrialo-portuaire du Scorff
Matériauxbéton, béton armé
Statutpropriété de la région
Domainearchitecture militaire ; architecture militaire ; architecture militaire ; architecture industrielle
RéférenceIA56132173

Historique

La construction de la base par l'Allemagne nazieLes plans de construction de la base de sous-marins du Scorff sont fournis par le service de construction de la Kriegsmarine. Le bunker est construit par l’entreprise allemande de travaux publics Carl Brand de Düren sous contrat avec l’Organisation Todt. Cette entreprise construit déjà depuis février 1941 les deux Dom-bunkers (bunkers cathédrales) situés sur l’aire du slipway du port de pêche de Lorient (les travaux s’achèvent en mai 1941). Le chantier de construction de la base du Scorff s’étale de mars 1941 (dès novembre 1940 selon certaines sources : s’agit-il des opérations de battage des pieux de fondation ?) au 1er octobre 1941. Le 21 avril 1941, Fritz Todt, ministre du Reich pour l'armement et les munitions, constate sur place le retard important du chantier en raison d’erreurs de planification, d’un manque de matériaux et d’engins de chantier et adresse un courrier de mécontentement à l’entreprise Carl Brand. Des photographies de la construction du bunker montrent le front ouest de la base encore dépourvu de ses deux linteaux de protection en béton armé. La cuve, conçue pour accueillir un canon antiaérien (4 cm Flak 28 Bofors, Flak étant l'acronyme allemand pour Flugabwehrkanone, canon antiaérien) sur la dalle de couverture du bunker, est coulée fin août - début septembre 1941 (elle est achevée le 6 septembre). Sur des photographies aériennes, on peut voir la peinture camouflage de la base. Les travaux se sont étalés sur sept mois, mais la base du Scorff est finalement opérationnelle après le bunker KI de Keroman livré le 1er septembre 1941 et dont les travaux de bétonnage ont été conduits par l’entreprise Philipp Holzmann de Frankfurt.Le fonctionnement de la base de sous-marinsDans ses deux bassins soumis aux marées, mais protégés des bombardements aériens par une dalle de béton armé de 3,5 m d’épaisseur, la base du Scorff peut accueillir simultanément quatre sous-marins de type VII et IX. Le 1er octobre 1941, date d’inauguration de la base du Scorff, le sous-marin "U-124" de type IX-B commandé par Johann Mohr et son équipage, de retour d’une mission de 16 jours, sont accueillis par l’amiral Dönitz.La base du Scorff sert principalement à l'avitaillement des sous-marins (carburant, eau et denrées alimentaires...) lors de leur départ en mission.L’isolement relatif de la base du Scorff, l’envasement régulier des deux bassins obligeant à des travaux réguliers de dragage et le risque d’échouement des sous-marins entraînent progressivement sa désaffectation alors que le bunker KIII de Keroman est opérationnel en janvier 1943. De plus, du fait de son implantation sur pieux, la dalle de couverture en béton armé de 3,5 m d'épaisseur du Scorff ne peut être renforcée pour faire face à des bombes aériennes de plus en plus puissantes. Deux sous-marins japonais dans la baseLe 7 août 1942, le sous-marin japonais "I-30" de type B1 baptisé "Sakura", placé sous le commandement de Endo Shinobu est mis à l’abri dans la base du Scorff. Arrivé le 5 août, le sous-marin est d’abord amarré au port de Lorient où son équipage de 101 officiers et marins est accueilli par les amiraux Otto Schultze et Karl Dönitz et l’attaché naval japonais Yokoi Tadao. Le sous-marin est ensuite mis à l’abri dans la base du Scorff par deux remorqueurs venus de Brest. Le bassin de 99,5 m de longueur ne suffit pas à protéger ce navire long de 106,88 m pour un maître-bau de 9,3 m. Celui-ci arrive du Japon chargé de 2 t d’or, de matériaux rares (mica et shellac) et de technologies nipponnes, dont des torpilles aériennes à destination de l'Allemagne nazie. Des travaux de peinture (pour être moins visible, le sous-marin est repeint en gris clair) de réparation et d’armement (détecteur de radar et canon), sont effectués dans la base du Scorff pendant que l’équipage japonais se repose et sert la propagande nazie en voyageant en France et en Allemagne. Chargés de matériels et de technologies nazies, le sous-marin part de Lorient le 22 août pour Singapour où il arrive le 13 octobre 1942.Le 11 mars 1944, c’est le sous-marin japonais "I-29" commandé par Takakazu Kinashqui, parti de Singapour le 16 décembre 1943, qui arrive à Lorient et s’abrite dans la base du Scorff après son arrivée au port. Chargé également de matériaux précieux et rares, il transporte seize passagers dont le nouvel attaché naval pour Berlin. Le navire repart le 16 avril pour Singapour qu’il rejoint le 14 juin 1944 avec des matériaux rares (bauxite et radium) et des équipements militaires : moteur d’avion fusée Messerschmitt Me 163 Komet, réacteur pour chasseur bombardier Messerschmitt Me 262, bombe volante V1, plans de vedettes rapides et de mines acoustiques et des passagers. La petite base du Scorff est le lieu d'importants transferts de technologie entre les forces de l'Axe.La réutilisation de la base par l’Armée françaiseLe 10 mai 1945, la base du Scorff est livrée intacte. Elle est réutilisée et adaptée aux besoins de l’Armée françai

Description

Principe de construction et dimensionsIsolé des eaux du Scorff par un gigantesque batardeau constitué de palplanches, le chantier de la base de sous-marins a nécessité le battage de 2 557 pieux d’acier de 20 m de longueur via une "sonnette" ou machine diesel à battre, afin d’atteindre la roche (une coupe de la base montre le niveau de la roche-mère à 14,5 m de profondeur). Ces pieux de 70 cm de diamètre ont ensuite été remplis de béton. Les pieux ont servi d’assise aux murs périphériques de 3 m d’épaisseur et au mur de refend de 1,5 m d’épaisseur. Ces murs de béton, coulés dans de gigantesques coffrages en bois solidement étayés, sont constitués d’un important ferraillage. La dalle de couverture en béton armé mesure 3,5 m d’épaisseur (Baustärke A, résistance structurelle A). C’est seulement après la construction du bunker qu’ont été creusées les deux bassins. Selon les plans (allemand et français, vers 1970-1980), la base de sous-marins du Scorff mesure 144,55 m de longueur pour 51 m de largeur et 14,5 m de hauteur (21,1 m au-dessus du niveau de la mer). Elle s’accompagne également côté Scorff de deux quais en béton armé construits sur pieux.Les accès maritimes et terrestresOutre les deux bassins ouverts sur le Scorff qui en constituent l'accès maritime, la base est desservie au nord et au sud par deux grandes portes blindées avec petite avancée de protection qui donnent accès à un large passage transversal de 7,45 m de largeur appelé la "rue". La rue est dotée d’une voie de chemin de fer dont subsistent encore les rails au sol (écartement standard de 1435 mm). Locomotive et wagons pouvaient à l'origine circuler dans la base : matériels et marchandises étaient ainsi déchargées directement à l’abri. Des filets pare-éclats étaient vraisemblablement tendus du côté du Scorff afin de protéger l’intérieur des alvéoles, comme le suggèrent les importantes fixations visibles sur le front ouest.Les bassins nord et sudLes deux bassins mesurent 98,40 m de longueur (99,50 m sur le plan français) pour une largeur de 17,55 m : ils sont desservis par des quai mesurant 2 m de largeur (2,1 m pour les quais extérieurs) avec platelage en bois. Le long des quais, à intervalles réguliers, se trouvent des postes d’amarrage sur caisson flottant suivant le niveau de l’eau, reconnaissables à leur taquet. Sur les quais, se trouvent des organeaux, des bittes d’amarrage et des cabestans électriques à commande à pédale (marqués au nom de l’établissement "Hillairet Paris Persan"). Sous les quais passaient les fluides destinés à avitailler les sous-marins : eau douce, carburant, air comprimé et eau salé pour l’extinction en cas d’incendie du sous-marin à quai. Sur les murs de refend de la base sont encore fixés des tableaux et prises électriques de différentes capacités.Une station de pompage se situe à l'angle nord-ouest de la base. Elle alimentait vraisemblablement le réseau d’eau en cas d’incendie.Les locaux situés derrière les bassins et la "rue"Derrière les bassins et la "rue" se trouvent des ateliers de réparation, des magasins, des bureaux et des casernements sur trois niveaux : rez-de-chaussée, entresol désigné comme "mezzanine" et premier étage. Un escalier en béton armé dessert le premier étage et le pont roulant de chaque alvéole.Les ponts roulants des alvéolesLes alvéoles nord et sud sont chacune équipées d'un pont roulant électrique Levman construit à Livry-Gargan. Avec son treuil électrique d'une capacité maximale de 2 tonnes, le pont roulant permettait le levage et le transfert de charges lourdes. L'ensemble est peint en jaune pour être bien visible des ouvriers. Les chemins de roulement du pont sont en place. Les communications entre les alvéoles et les locaux techniques Les deux alvéoles communiquaient à l’origine avec les locaux techniques et la centrale électrique, par un large passage percé au rez-de-chaussée (débouchant dans la partie sud des locaux techniques) et par un passage piéton percé au premier étage (débouchant dans la partie nord). L’épaisseur du mur en béton armé atteint 3 m et le niveau de sol des alvéoles est plus bas que celui des ateliers techniques (différence estimée à 80 cm). Ces deux passages sont fermés par un mur de brique monté au ciment (état en 2023).Etat sanitaire généralLa base de sous-marins du Scorff demeure dans un bon état général de conservation : des désordres sont cependant observables à l’intérieur des alvéoles du fait de l'infiltration de l’eau de pluie au niveau des joints de la dalle de couverture entraînant la corrosion des tôles nervurées en acier du plafond. Certaines palplanches montrent également des signes de corrosion. Les ponts roulants sont en mauvais état et non fonctionnels. A l’extérieur de la base, un filet empêche les éclats de béton - fragilisé par la corrosion du ferraillage - de tomber au sol. Le remblai situé le long du mur sud contribue à maintenir l'humidité au pied du mur.

Dossier d'inventaire complet et photographies sur patrimoine.bzh

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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