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Chambre de Commerce et d'Industrie, 21 quai des Indes

Chambre de Commerce et d'Industrie, 21 quai des Indes (chambre de commerce, 2e quart 20e siècle) fait partie du patrimoine de Lorient (Morbihan) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationchambre de commerce
Datation2e quart 20e siècle
Matériauxgranite, pierre de taille
Statutpropriété publique
Domainearchitecture civile publique
RéférenceIA56132306

Historique

La création d’une chambre de commerce à Lorient est souhaitée depuis 1781 par les acteurs du négoce maritime afin de soutenir l’activité économique en difficulté ; une demande alors refusée par le roi Louis XVI. Sous le Premier Empire, le ministre de l’Intérieur Jean-Antoine Chaptal soutient la création d’un conseil de commerce, composé de négociants, d’armateurs et de manufacturiers pour mieux faire connaître le commerce lorientais. Ses membres se concertent et signent une pétition pour « l’établissement d’une chambre de commerce dans cette ville », finalement concédée par Napoléon Ier. Le décret impérial établissant une Chambre de Commerce à Lorient est signé le 30 septembre 1807.Dès ses débuts, elle représente un levier pour l’économie portuaire lorientaise, les membres siégeant à la Chambre percevant en cette institution un moteur de la relance de l'économie portuaire, alors en plein marasme. Le port du grand commerce est en déclin, des suites de la Révolution française et du blocus général du commerce en Europe pendant les guerres napoléoniennes.Jusqu’en 1884 la Chambre se contente de bureaux à l’hôtel de ville et de magasins sur le quai de Rohan. Elle vient ensuite s’installer sur la rive droite du port de commerce, dans un immeuble des magasins généraux tout juste construits sur le quai de la Nouvelle Ville (actuel quai de Rohan) et dont elle assure la gestion. A partir des années 1880-1890, le port-arsenal, le port de commerce et le port de pêche connaissent une croissance simultanée, concomitant au redéploiement de la ville au-delà de ses murs. Le développement du port de commerce et la modernisation de ses infrastructures constituent alors une préoccupation majeure de la Chambre de commerce de Lorient, devenue établissement public d’intérêt local en 1898, aboutissant à la création du port de commerce de Kergroise.Des tensions entre le monde économique de Vannes et celui de Lorient persistent jusqu’en 1920, année où le titre officiel de « Chambre de commerce de Lorient et du Morbihan » est donné à l’établissement, affirmant sa vocation départementale. Présidée par Émile Marcesche, elle devient une institution influente, fer de lance d’une élite entrepreneuriale créative et dynamique, partenaire privilégiée du pouvoir politique local où figurent des personnalités d’envergure nationale. Outre la concession du port de commerce depuis 1889, elle est impliquée dans le chantier du nouveau port de pêche industrielle de Keroman et devient, durant quelques années, gestionnaire du frigorifique mis en service en 1922. Le 1er janvier 1920, le président de la Chambre de commerce rappelle les vœux de ses collègues qui attendent de voir s’élever « en un point bien placé de la ville un bel immeuble digne de notre compagnie, de la grande ville de Lorient et du département du Morbihan », où s’installera « une bourse de commerce avec de larges halls, des bureaux spacieux et confortables, une grande salle de réception, de nombreuses salles de réunions ». Le projet de construction d’un nouveau siège pour la chambre consulaire est lancé la même année, s’inscrivant dans une dynamique de développement de la ville et de ses institutions représentatives. À cet égard, une parcelle d’environ 1 000 m² est acquise à l’angle du cours des quais (futur quai des Indes) et de la rue du commerce (actuelle rue Pasteur) en 1922 pour y construire le nouvel hôtel consulaire. Dans ce programme conçu pour répondre aux besoins des entrepreneurs lorientais, il est proposé d’adjoindre le tribunal de commerce, sur un terrain qui jouxte le premier et acquis en 1922.Après approbation des plans et devis par le Conseil général des bâtiments civils, en ses séances des 16 juin et 7 juillet 1927, le ministre du Commerce et de l’Industrie autorise la construction de l’édifice par un courrier en date du 5 août de la même année. La commande de l’édifice est passée au cabinet de l’architecte lorientais Louis Marie Dutartre, actif à Lorient et dans sa région au cours des années 1920 et 1930, associé à Charles Caro-Picard et Édouard Ramonatxo. La première pierre est symboliquement posée le 17 juillet 1927, jour de l’inauguration du nouveau port de pêche, par le ministre des Travaux publics André Tardieu et les travaux, d’un montant de 4 200 000 F entièrement financés par l’institution (fonds propres et emprunts), s’achèvent en septembre 1929. S’ensuivent le second œuvre et la décoration intérieure jusqu’à l’inauguration du bâtiment le 29 novembre 1931 par le ministre des Travaux publics Maurice Deligne.L’édifice s’affiche comme une réalisation de prestige, dont la monumentalité sévère se veut représentative de l’importance et de la dignité des institutions qu’il abrite. Le tribunal de commerce possède sa propre entrée indépendante sur la rue Pasteur. Ce dernier comprend un ensemble de bureaux pour son président, le greffe et les avocats, ainsi qu’une salle pour les témoins et une petite salle des délibérations, organisés autour de la salle des audiences au

Description

Etablissement public à caractère administratif, l’immeuble de la Chambre de Commerce et d’Industrie s’élève sur quatre niveaux à l’angle du quai des Indes et de la rue Pasteur. Les façades sur rue sont parementées en pierres de taille de tuffeau et de granite pour les soubassements. L’édifice se développe en profondeur depuis le quai, formé de deux corps de bâtiments d’inégale importance, couverts de toitures à faible pente en zinc, et placés dans la continuité l’un de l’autre : à l’avant, le bâtiment réservé à l’origine à la chambre de commerce proprement dite, qui occupe l’angle des deux voies ; à l’arrière l’ancien bâtiment du tribunal de commerce, dont la façade donne sur la rue Pasteur. Ce tribunal ayant déménagé, la totalité de l’immeuble est aujourd’hui occupée par la Chambre de Commerce et d’Industrie.Les sept travées de sa façade principale, longue de 24 m environ, se dressent sur le quai des Indes dans un style Art déco. Le rez-de-chaussée, en granite et aux lignes horizontales, exprime la stabilité de l’institution tandis que l’usage de la verticalité sur les niveaux supérieurs accentue la monumentalité de l’Hôtel consulaire. La composition tripartite de cette façade s’ordonnance autour d’un triplet central souligné d’un balcon à balustres en pierre, posé sur de solides corbeaux et où sont apposées les armoiries des villes de Lorient, Vannes, Pontivy et Ploërmel, illustrant les quatre pays du Morbihan. Cet ensemble, au pied duquel s’ouvrent trois portes, est surmonté d’un large fronton, orné d’un caducée affublé du casque d’Hermès et d’ailes proéminentes, et où s’inscrit, originellement en lettres d’or, « Chambre de commerce de Lorient et du Morbihan ». La rigueur de la façade s’agrémente d’une discrète modénature aux réminiscences classiques (bossages en parties basses, cadres, chambranles moulurés...) et d’une frise dont les chevrons zigzaguent entre les fenêtres du dernier niveau. Ces fenêtres étaient à l’origine garnies de garde-corps en ferronnerie aujourd’hui supprimés.Le pan coupé formant dosseret sur l’angle du bâtiment, est orné de cannelures et dominé par une horloge dont la rondeur se démarque de la géométrie d’ensemble du bâtiment, symbolisant le temps civil.Bordant la rue Pasteur qui s’élève depuis le port en une pente assez marquée, la façade latérale présente un traitement très proche de la façade principale par ses dimensions, sa composition d’ensemble et ses détails ornementaux, ses matériaux, ne s’en distinguant que par l’absence de porte d’entrée et de balcon. Dans la continuité de la précédente, la façade de l’ancien tribunal de commerce, établie sur deux niveaux, reprend le style adopté jusqu’ici : même association du tuffeau et du granite, même sobriété classique et ternaire de travées régulières, fenêtres d’étage à impostes, corniche débordante interrompue par un fronton rectangulaire identifiant la fonction du bâtiment.Les élévations postérieures de l’immeuble donnent sur une petite cour qui a été récemment équipée d’un ensemble d’escaliers et de passerelles métalliques permettant au personnel de circuler par l’extérieur d’un étage à l’autre. Une coursive fermée a également été installée au dernier niveau de cette façade sur cour. Par ailleurs, toutes les menuiseries en bois des portes et fenêtres extérieures de l’immeuble ont été remplacées par des profilés aluminium, couleur anthracite côté ville et blanches côté cour.L’intérieur du bâtiment historique de la Chambre de commerce s’organise autour d’un vaste atrium (18x13 m environ actuellement) de style Art déco, établi sur toute la hauteur du bâtiment et éclairé par une grande verrière zénithale rectangulaire. Le mur ouest de ce hall est orné d’une grande toile marouflée (40 m²) de l’artiste Pierre Cadre (1884-1972), représentant La visite de la marquise de Sévigné à L’Orient le 10 août 1689, en compagnie du gouverneur de Bretagne, le duc de Chaulnes, et de son épouse, œuvre de commande pour laquelle il reçoit les Palmes académiques le jour de l’inauguration du bâtiment en 1931.Au fond du hall nord s’élève un escalier monumental sur rampe de quatre volées en marbre rose soutenues par de hautes piles carrées, qui dessert les deux premiers étages et donne accès, au second, à une galerie conduisant sur deux côtés à des bureaux. La cage d’escalier est éclairée par une verrière de même type que celle du hall, tandis que les rampes et balustrades en ferronnerie noire s’accordent au style Art déco de l’ensemble. Un tableau commandé en 1936 au peintre Henri Barnoin (1882-1940), occupe une niche du second repos de l’escalier : intitulé Le bassin à flot de Lorient, il représente un cargo à vapeur près d’une grue et des voiliers de pêche traditionnels. Il s’agit cette fois de représenter la modernité des transports commerciaux.Le volume d’origine de cette salle des pas-perdus a été réduit avec l’aménagement de bureaux au rez-de-chaussée de la partie est, donnant sur la rue Pasteur : cette installation cache aujourd’hui les parties

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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