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Cité scolaire Kerichen, dite aussi "Campus Kerichen", 34 rue Jules Lesven

Cité scolaire Kerichen, dite aussi "Campus Kerichen", 34 rue Jules Lesven (lycée, 3e quart 20e siècle ; 1er quart 21e siècle ; 4e quart 20e siècle) fait partie du patrimoine de Brest (Finistère) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationlycée
Datation3e quart 20e siècle ; 1er quart 21e siècle ; 4e quart 20e siècle
Matériauxbéton, béton aggloméré
Statutpropriété de la région
Domainearchitecture scolaire
RéférenceIA29010182

Historique

A la Libération, dans Brest dévastée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, les établissements scolaires du second degré s'installent dans des baraques, notamment place de l'Harteloire, place Sanquer et dans les quartiers Saint-Marc et Saint-Pierre-Quilbignon.Une cité scolaire immense et... mixteUn premier plan de Reconstruction, proposé par l'architecte en chef de Jean-Baptiste Mathon, en 1946, prévoit d'implanter les lycées de garçons et de filles en centre-ville. Cependant, le Conseil municipal qui l'adopte en septembre émet, entre autres réserves, son souhait de localiser les établissements du second degré en périphérie. Une implantation dans les cent hectares du périmètre de reconstruction central aurait, aux yeux des édiles, conduit à se priver de trop importantes surfaces de terrains de compensation.Le plan d'aménagement de Brest, approuvé par arrêté interministériel, le 14 avril 1948, réserve ainsi à la cité scolaire un vaste espace de plus de 15 ha, deux kilomètres au nord du centre-ville, sur le territoire de l'ancienne commune de Lambézellec. Dimensionnée pour 4300 élèves, il est prévu d'y regrouper l'ensemble des enseignements du second degré, classiques, modernes et techniques. Des projets de même type sont développés dans d'autres villes qui doivent être reconstruites, Lorient ou Saint-Nazaire, par exemple. La croissance exponentielle des effectifs scolaires, associée à la dynamique démographique brestoise, ne permettent cependant pas l'accueil de l'ensemble des élèves à Kerichen. La création d'autres établissements est nécessaire, avant-même que la construction soit achevée. De nouveaux établissements sont ainsi programmés. A partir de 1960, débute par exemple, à proximité des baraques, la construction du lycée annexe de l'Harteloire, vite appelé à devenir autonome.Le premier plan masse de la cité scolaire de Kerichen est daté de décembre 1948 et signé Jean-Baptiste Mathon — les études avaient débuté en 1947, le conseil municipal du 31 janvier 1949, avait officialisé la nomination de Jean-Baptiste Mathon comme architecte de l'opération. Le Conseil général des bâtiments de France approuve ce plan en avril 1949. Les grands principes sont dès lors fixés, mais le plan évolue quelque peu en 1955.Le lycée en baraques tout comme le lycée technique sont mixtes. La cité scolaire l'est également, ainsi que les lycées annexes implantés sur d'autres sites de la ville et à Landerneau. A l'intérieur de la cité, on note cependant le soin de ménager une certaine séparation entre garçons et filles. C'est néanmoins un exemple très intéressant de mise en place progressive de la mixité en France, de nombreuses années avant la réforme de 1959, qui autorise la construction de lycées mixtes, et la loi Haby de 1975, qui la rend obligatoire. Lors de la pose de la première pierre, le maire de Brest, M. Chupin, estime qu'au vu des expériences déjà menées "l'enseignement mixte comporte en définitive plus d'avantages que d'inconvénients" (Le Télégramme, 25 janvier 1952).Construction très lente et arrivée progressive des élèvesEntre la pose de la première pierre, en janvier 1952, et les travaux de parachèvement qui se terminent en 1966, la construction de la cité réclame une quinzaine d'années. Les deux premiers bâtiments sont inaugurés en 1955 à la suite, déjà, de retards. Il s'agit d'un bâtiment d'externat (A) du lycée classique et moderne et d'un internat (B), dévolu aux filles mais occupé dans un premier temps par des garçons. La construction de la deuxième tranche (bâtiments C, D, I, J : réfectoire, externat, infirmerie, internat de garçons) tarde alors à débuter. Une réunion "de crise" se tient en mairie, en décembre 1955. Y participent : le maire, le préfet, l'architecte, un représentant du ministère, les directeurs d'établissements ainsi que des délégués des professeurs et des parents d'élèves. L'inspecteur général représentant la direction du second degré au ministère, M. Plande, assure de sa volonté de débloquer la situation, car parmi les 50 opérations en cours au plan national, deux sont bloquées : Brest et Toulon*. Un engagement est alors pris pour que les travaux de cette tranche soient achevés pour la rentrée d'octobre 1957. Pourtant, le 19 juin 1957, les professeurs sont en grève pour dénoncer la lenteur des travaux. Les élèves et leurs parents manifestent avec eux. Le lendemain, la présidente de l’association des parents d'élèves est reçue au ministère par le directeur de la Construction, M. Donzelot, qui s'engage à moderniser "le processus démodé qui préside à l’élaboration des projets de construction et à leur exécution".Plusieurs facteurs semblent à l'origine de cette lenteur :- l'organisation ministérielle, qui sépare l'enseignement du second degré et l'enseignement technique en deux directions encore responsables de leurs propres constructions ;- la procédure de validation des plans ;- la mise en place de nouvelles normes constructives qui conduit à surseoir aux procédures d'adjudicatio

Description

L'architecte en chef chargé du plan de masse de la cité scolaire est Jean-Baptiste Mathon, Premier Grand Prix de Rome en 1923, également urbaniste et architecte en chef de la reconstruction de Brest. Son œuvre scolaire est donc en pleine cohérence avec les principes généraux de la Reconstruction de la vile.Une implantation périphérique à l'origine, sur plus de 14 ha.Implantée à l'origine à l'écart du centre-ville, au nord, la cité scolaire est aujourd'hui insérée dans un environnement totalement urbanisé, dense, où se côtoient des tours, des petits collectifs ou des maisons individuelles ainsi que des espaces commerciaux. L'urbanisation a ménagé, jusqu'à présent, d'importants espaces verts à proximité immédiate de l'ensemble scolaire : parc de Kerinou, bosquets, terrains de sports.De par son gigantisme (plus de 14 ha actuellement) l'un des premiers enjeux de la cité scolaire réside dans l'établissement du plan de masse et l'articulation des fonctions : externat, internat, administration, infirmerie, restauration, logements, salle audio-visuelle.Un plan de masse ambitieux mais fort classiqueLa revue l'Architecture d'Aujourd'hui publie, en février -mars 1951, dans un numéro dédié aux constructions scolaires, le plan masse de la cité Kerichen. Elle est cependant critique, à ce stade du projet, à tout le moins :"La superficie est faible, 9ha seulement (...) Aussi la cité n'est pas épanouie largement comme l'aurait souhaité notre idéal ; son internat n'aura pas l'allure indépendante et libre que confère la construction en petits pavillons accueillants. Par ailleurs les ateliers et certaines classes de l'enseignement technique manifestent un tendance à l'isolement qui ne peut qu'être fâcheuse au point de vue de l'économie et de la pédagogie (...) sans que l'architecte puisse en être rendu responsable, bien au contraire. Avec les moyens mis à sa disposition M. Mathon, a réalisé - sur le papier pour le moment - une composition intermédiaire entre la formule ancienne des grands bâtiments groupés et l'idéal moderne d'une "dispersion dirigée".Si la séparation des fonctions répond en effet aux principes de l'urbanisme moderne, la composition d'ensemble est des plus classiques, bien que l'architecte a dû s'adapter aux normes que le ministère met en place progressivement, et aux modes constructifs modernes qu'elles imposent.Les bâtiments sont disposés, à très peu près, de façon symétrique, de part et d'autre d'un axe majeur orienté ouest est. A chacune de ses extrémités se situent les deux entrées principales. Sur cet axe prennent place, à l'ouest, les services communs dédiés à la restauration et à la santé. Les six barres d'internat sont implantées perpendiculairement à l'axe majeur, à l'ouest. Au centre de la cité, perpendiculaire à l'axe, trône le bâtiment qui accueille les salles scientifiques du lycée classique et moderne ainsi que son administration. Enfin, les principaux bâtiments du lycée Jules Lesven et de l'ancien collège bordent cet axe à l'ouest.Des axes de composition secondaires, orientés nord sud, permettent aux internes de rejoindre les services communs, côté ouest, et aux lycéens de se rendre dans les gymnases, côté est, tandis que deux autres axes secondaires, orientés est ouest, sont empruntés par les élèves de l'ensemble des établissements pour rejoindre les services communs ou les internats.Le lycée technique de garçons, actuellement lycée Vauban, occupe un espace asymétrique au nord-est de la parcelle. Cette rupture s'est accentuée dans les années 1980, avec les extensions successives du bâti dédié aux formations techniques (anciens ateliers des matériaux composites, notamment).Une architecture à la fois classique et moderne, uniforme et diversifiéeLa cité scolaire compte à l'origine une vingtaine de bâtiments dont l'architecture paraît de prime abord extrêmement uniforme, renforçant le sentiment de classicisme.Les internats et externats sont en effet tous de longues barres, dotées d'une trame régulière, de trois à cinq niveaux et de plan rectangulaire. Ils sont parfois positionnés en équerre. Ils peuvent dépasser les 100 mètres de longueur. Les toitures à faible pente sont en pavillon, et les couvertures en zinc. Sur toutes les façades s'affirme une corniche qui forme un important débord de plus d'un mètre.il existe cependant une vraie diversité dans le bâti. Classes et dortoirs sont par exemple le plus souvent desservis par des couloirs latéraux et des escaliers dans œuvres, situés aux extrémités des barres. L'architecte a introduit des nuances : l'internat des filles (bâtiment B) est desservi en partie par un couloir central. L'externat du lycée Lesven (bâtiment T et P) comporte des escaliers hors œuvre. Certaines façades sont ponctuées d'avants corps. Jean-Baptiste Mathon a même cédé ponctuellement à une figure des plus modernes : de vastes murs vitrés en pavés de verre.La construction s'étant étalée sur plus de dix ans (de 1952 à 1966), les modes constructifs ont évolué, de la maçonnerie tradit

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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