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Lazaret puis sanatorium de l'Île Trébéron

Lazaret puis sanatorium de l'Île Trébéron (lazaret, 2e quart 19e siècle) fait partie du patrimoine de Crozon (Finistère) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationlazaret ; hôpital ; sanatorium ; latrine ; édifice logistique ; citerne ; cale
Datation2e quart 19e siècle
Lieu-ditIle Trébéron
Matériauxmicrodiorite quartzique, moellon, gneiss, moellon, granite, pierre de taille, kersantite, pierre de taille
Statutpropriété de l'État
Domainearchitecture hospitaliere - d'assistance ou de protection sociale ; architecture hospitaliere - d'assistance ou de protection sociale ; architecture hospitaliere - d'assistance ou de protection sociale ; architecture domestique ; architecture militaire ; genie civil ; genie civil
RéférenceIA29001813

Historique

L'île Trébéron à Crozon est située dans la rade de Brest, entre la presqu'île de Roscanvel et l'île Longue. Son nom vient de la seigneurie homonyme dont le chef-lieu est situé à Roscanvel. Dès la fin du 17e siècle, l’île Trébéron est utilisée pour la quarantaine des marins et devient une "ambulance", c’est-à-dire un hôpital temporaire. A leur arrivée dans la rade de Brest, les navires devaient "se déclarer" et mouiller à proximité de l’île Trébéron. Abritée des vents dominants d'ouest et disposant de deux cales (aménagée au 19e siècle), l’île Trébéron est d’un accès facile pour les navires. L’hôpital d’isolement du lazaret est tenu par des officiers de santé, des infirmiers de la marine et des religieuses hospitalières (les Sœurs de la Sagesse). En début de quarantaine, le personnel de l’île reçoit les équipages de bateaux, les militaires, les bagnards (750 hommes en 1768) et les prisonniers de guerre suspectés de contagion (peste, fièvre jaune, typhus, gale, grippe… dysenterie voire scorbut) pour un contrôle sanitaire. Il soignait ensuite sur place les malades dans un strict isolement. Les malades sont d’abord abrités sous des toiles, en baraquements puis dans des bâtiments dédiés à la fin du 18e siècle (1772 ?). L’île voisine dite des Morts doit son nom au fait qu’on y enterre les morts du lazaret de l'île Trébéron jusqu’à la construction, au début du 19e siècle, d’un ensemble de trois magasins à poudre. Un cimetière est alors implanté sur l’île Trébéron.En 1810, les bâtiments du lazaret sont jugés dans un état important de délabrement par Jean-Nicolas Trouille, ingénieur et directeur des Travaux maritimes. Afin de mettre en place les nouvelles mesures de police sanitaire, l’établissement est réaménagé entre 1826 et 1832 par l’ingénieur des Travaux maritimes Antoine-Elie Lamblardie (1784-1852). Entre 1856 et 1858, l’ensemble des installations fait l’objet de nouveaux travaux : la cale sud-ouest est reconstruite, le bâtiment principal est surélevé pour augmenter la capacité d’accueil tandis que les bâtiments sont assainis. On trouve notamment "quatre salles destinées aux matelots et soldats" (long bâtiment - aujourd’hui disparu - situé au sud-est de l’île) et "un hangar dont une partie sert de chapelle et l’autre de salle d’autopsie" (LEVOT, 1865). Afin de limiter la contagion, l´île est divisée par des murs en plusieurs sections disposant chacune de bâtiments et de latrines dédiées : sections destinées aux personnels de l’hôpital, aux "bien portants", aux malades contagieux et aux malades convalescents. Enfin, l’île est plantée d’arbres ("ormes, tamarins et peuplier de Virginie", "sapins et pin"). Le cimetière - aplani et réaménagé - reçoit une croix (datée par millésime de 1856). En 1871, l’hôpital du lazaret sert aux prisonniers Communards retenus sur les navires mouillant en rade de Brest.En 1909-1910, le lazaret est transformé en sanatorium pour les militaires ayant besoin d'une "cure d'air" ou devant être mis l'écart de l'alcool et du tabac. Le lazaret - sanatorium est dirigé par le médecin de marine de première classe Hutin. Le médecin de la marine Cazamian (1879-1963) rédige un rapport complet sur son fonctionnement et ses bienfaits en 1909 (cf. bibliographie).Au début de la Première guerre mondiale, un "hôpital temporaire" de 200 lits, nommé "hôpital du lazaret de Trébéron", et relevant de la marine est établi. Il accueille également des soldats malades de la tuberculose de maladies vénériennes. L’écrivain, dessinateur et soldat du 19e régiment d’infanterie de Brest, Jacques Vaché (1895-1919), ami d’André Breton rejoint ainsi le lazaret de Trébéron le 19 février 1915 pour une "orchite blennorragique". Il décrit Trébéron ainsi : "Mon île déserte est une vraie île de roman de Conan Doyle. Toute petite, à peine 1 km de tour, sans communication avec la terre, sauf par un rare bateau à vapeur, parfois empêché par le mauvais temps. Un vieux sanatorium, ancien asile de pestiférés, puis de lépreux, puis de tuberculeux. Des rochers à pic. Et puis comme malades dans cet étrange hôpital une bande [de] coloniaux et de marins abrutis par de trop formidables "bordées" et dont le plus innocent sort de Biribi. Enfin à la tête de tout cela un vieux médecin à cinq galons, invisible et taciturne " (lettre citée par François Olier). L’hôpital temporaire ferme ses portes le 21 octobre 1915 mais accueille ensuite les internés austro-allemands du camp tout proche de l’île Longue. En avril 1918, le lazaret accueille des soldats portugais suspectés d’être porteurs du typhus puis à l’automne 1918 des soldats suspectés d'avoir contracté la grippe espagnole. En janvier 1919, le lazaret abrite en quarantaine les prisonniers de guerre français et belges de retour d’Allemagne par voie maritime.Durant la Seconde guerre mondiale, l'île Trébéron est utilisée comme centre de convalescence de l’hôpital militaire de Brest.Située dans le périmètre des installations militaires de l’île Longue abritant les sous-marins nucléaires lanceur

Description

Longue de 400 mètres environ pour 160 mètres au point le plus large, l’île Trébéron abrite deux cales et au moins huit bâtiments réduits à l'état de vestiges : étuve (située près de la cale pour la désinfection), poste sanitaire - logement du gardien, hôpital d’isolement dit "bâtiment principal", bâtiment en équerre, chapelle, citerne et deux latrines. De hauts murs de clôture séparent l'île en différentes zones : est, ouest, nord et sud.Deux cales permettent d’accoster sur l’île : au sud, directement sur la grève au pied du bâtiment en équerre et au sud-ouest. En haut de la cale sud-ouest subsistent deux canons-bollards (anciennes pièces d’artillerie). Le bâtiment situé en haut de la cale a abrité l’étuve destinée à désinfecter les vêtements des entrants. Dans un deuxième temps, le bâtiment sert de maison au gardien de l’île et selon la tradition, elle est affectée comme "résidence" au préfet maritime. Situé un peu à l’écart, un petit bâtiment servait de poste sanitaire aux médecins puis de logement au gardien.A l’est et à l’ouest de l’île, deux latrines ont été aménagées. Construites en moellon, dotées de deux orifices d’évacuation en arc plein cintre (celle de l’est est en encorbellement au-dessus de la mer), elles sont couvertes en appentis.(A) Bâtiment en équerre à double orientation, parfaitement ordonnancé (7 travées pour l’aile nord et 4 travées pour l’aile sud), orienté vers le sud-ouest, construit en moellon et enduit comprenant deux niveaux. Encadrements des ouvertures, chaînages d’angles, bandeaux et corniche en pierre de taille de granite. Rez-de-chaussée à ouvertures - portes et fenêtres - en arc plein cintre ; premier étage à fenêtre rectangulaire. A l’intérieur du bâtiment, vestiges de cheminées dites d’ingénieur à linteau droit. Toiture à deux pans en ardoise (charpente et couverture ont disparu), pignon découvert.(B) Haut bâtiment, identifié comme l'hôpital du lazaret conçu pour accueillir 150 à 200 malades, il domine le bâtiment (A) situé à l’est : il a été surélevé comme le montre la corniche en kersanton située entre le troisième et le quatrième niveau. Bâtiment double en profondeur, parfaitement ordonnancé (10 travées), orienté est-ouest, élevé en moellon et enduit, comprenant un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé (pour rattraper la pente naturelle du terrain), un premier étage et un étage de comble éclairé par des lucarnes. Encadrements des ouvertures, chaînages d’angles et bandeaux en pierre de taille de granite. Corniche et encadrements du dernier niveau en kersanton. A l’est contre la façade, deux escaliers desservent les portes orientales du rez-de-chaussée surélevé. A l’ouest, des portes desservent le sous-sol. A l’intérieur du bâtiment, cheminées dites d’ingénieur à linteau droit sur plusieurs niveaux. Au rez-de-chaussée, vestiges du plafond en lattis et d’un escalier tournant en charpente. Toiture à deux pans en ardoise (charpente et couverture ont disparu), pignon découvert en gradin.Un cimetière est implanté au nord de l’île Trébéron : dominé par une croix, on peut encore déceler l’emplacement de tombes sous la végétation.

Dossier d'inventaire complet et photographies sur patrimoine.bzh

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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