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Palais épiscopal puis hôtel de ville actuellement mairie et bibliothèque, boulevard Anatole Le Braz

Palais épiscopal puis hôtel de ville actuellement mairie et bibliothèque, boulevard Anatole Le Braz (évêché, Fin du Moyen Age ; 1er quart 17e siècle ; 2e moitié 17e siècle ; 18e siècle) fait partie du patrimoine de Tréguier (Côtes-d'Armor) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationévêché ; palais ; écurie ; dépendance ; logement
DatationFin du Moyen Age ; 1er quart 17e siècle ; 2e moitié 17e siècle ; 18e siècle
Matériauxgranite, moellon, maçonnerie
Statutpropriété de la commune
Domainearchitecture domestique ; architecture domestique ; architecture domestique ; architecture domestique ; architecture domestique
RéférenceIA22132853

Historique

Le palais épiscopal fut la résidence des évêques de Tréguier jusqu’en 1790. Augustin-René-Louis Le Mintier fut ainsi le dernier évêque de Tréguier. L'édifice, quelquefois désigné comme "manoir épiscopal", revêt l’allure d’un bâtiment à travée régulière datable du début du 18e siècle mais l’histoire de sa construction est plus complexe.Un manoir épiscopal construit au 15e siècleLe manoir épiscopal est reconstruit à partir de 1433, sous l’épiscopat de Pierre Piedru (1430-1435) par Jean Le Gac et Jean Jamet (Chauou, 1969). Le "catalogue des évêques de Tréguier rédigé au 15e siècle" transcrit par René Couffon précise que c’est sous l’épiscopat de Jean de Ploeuc (1442-1453) que le manoir épiscopal est achevé : "Fecit etiam multum aperte planare plateam villae unde fecit ad ipsius magnum decorem removere inestimabilem quantitatem terrae et ejusdem pavementum quod nunquam habuerat fieri et signanter inter ecclesiam polygonius et portem episcopalem. Item magnam cochleam cum habitationibus seu estagiis sibi inherentibus et magna stabula seu magnam grangiam et magnum puteum episcopales.""Il [Jean de Ploeuc] fit aussi beaucoup aplanir à découvert la place de la ville d'où il fit enlever pour sa décoration une quantité difficile à estimer de terre et son pavement qui n'avait jamais existé et clairement entre l'église polygonale et la porte [du manoir] épiscopal. Il fit aussi une grande tour avec des logements ou pour les bâtiments lui étant attachés et de grandes étables ou une grande grange et un grand puits épiscopaux." Les ailes est et ouest du palais recèlent cependant encore des éléments datables du 15e siècle comme les vestiges d’une cheminée, un décor peint (?) et des maçonneries anciennes (étage de comble de l’aile est, tour des latrines à l’est ou encore mur postérieur de l’aile ouest).Le manoir épiscopal au 17e siècle : des travaux de reconstruction ?Au cours de la guerre de la Ligue (1588-1598), le manoir épiscopal est partiellement détruit. Selon René Couffon (1929), le manoir épiscopal (qui abrite la chambre de l’évêque) a été reconstruit à partir de 1608 à la demande d'Adrien d'Amboise, évêque de Tréguier mais nous n’avons pas pu identifier les sources qu’il a utilisé. A la même époque débutent les travaux d’alimentation en eau de la ville depuis une fontaine située à Plouguiel : une conduite d’eau de 2700 mètres et un pont aqueduc sont construits à cet effet (Archives communales de Tréguier : "Plan de la pompe de Tréguier fait par le soussignant Charles Symon, maître peintre", 1610). Outre la fontaine située au sud de la cathédrale (actuelle place du Martray), cette conduite alimentait en eau un bassin situé dans le jardin du manoir épiscopal (Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, 1853). Diligenté en 1691 par l’évêque Eustache Le Sénéchal de Carcado (évêque de 1686 à 1694), un état du manoir épiscopal révèle son mauvais état sanitaire à cette époque. Les experts s’attachent à distinguer ce que l’on doit à la "caducité", à des erreurs de conception ou au manque de réparation donc, ce qui peut être imputé à l’évêque. Il en est ainsi de la "voûte de la porte cochère" de la basse-cour ou cour de service située au nord du palais épiscopal, qui "menace ruine". A proximité immédiate de cette porte charretière, l’état évoque un "très ancien corps de logis" (rasé après 1757) mesurant environ 15 m de longueur : il est bien stipulé que "l’état où il se trouve ne provient d’aucun défaut de réparation, mais de la caducité". Le manoir épiscopal au 18e siècle : des travaux de reconstruction et d’embellissementL’étude de la mise en œuvre et l’analyse stylistique du corps principal de logis, des pavillons (est et ouest), des cheminées et des boiseries permettent de dater ces bâtiments des années 1700-1715. Cela place cet important chantier sous l’épiscopat de Olivier Jégou de Kervilio, évêque de 1694 à 1731. L’aile nord-ouest a été construite sous l’épiscopat de François-Hyacinthe de La Fruglaye de Kervers, c’est-à-dire entre 1730-1745 ce qui est confirmé par l’analyse stylistique des cheminées et boiseries des trois pièces situées à l’ouest mais aussi, par une mention de l’évêque Gui Le Borgne de Kermorvan des travaux réalisés par son prédécesseur.Dans les archives départementales des Côtes-d’Armor subsiste un "devis de l’embellissement du palais épiscopal de Tréguier" daté de mai 1757. Il a été réalisé sous l’épiscopat de Charles-Gui Le Borgne de Kermorvan (1746-1761). A cette occasion, l’évêque demande l’autorisation au roi de raser le vieux logis ruiné de la basse-cour reconverti en grenier car masquant la vue vers le jardin, le "bois de décoration" et la "campagne". Dans l’avant-cour pavée, sont mentionnés en 1791 "un puits ragrée avec son couronnement en tailles [pierre de taille], à côté une auge de grosse pierre". Dans la seconde cour est décrite : "une fontaine sur pyramide avec son bassin et tympan en plomb, à côté deux petites auges de grosses pierres" (un bassin circulaire figure

Description

Le palais épiscopal de Tréguier est implanté directement au nord-ouest de la cathédrale Saint-Tugdual. Autrefois clos d’un mur, le domaine de l’évêque s’étendait de la cathédrale jusqu’au Guindy et comprenait bois et jardins. Le palais communique à la cathédrale et au cloître via la sacristie. Au sud du palais, s’étendait l’avant-cour ou cour d’honneur aujourd’hui place du Général Leclerc, au nord une basse-cour entourée de dépendances et close de mur. L’avant-cour était agrémentée d’un puits. La basse-cour est doublée d’un jardin se prolongeant par un bois de décoration à usage de promenade. L’avant-cour était fermée par un mur et un portail monumental en arc plein cintre surmonté d’un mascaron (portail déplacé) flanqué d’un bâtiment à usage de porterie (bâtiment disparu). Si la communication entre la cour haute et la cour basse dite basse-cour se faisait par une simple porte charretière située au rez-de-chaussée du corps de logis principal, elle a été remplacée par un double passage de 4 mètres de largeur permettant l’aménagement d’une route descendant de la Place du Martray vers le Pont Noir (actuellement boulevard Anatole Le Braz).Le palais se compose d’un grand corps de logis orienté nord-sud encadré par deux pavillons nommés respectivement "pavillon est" et "pavillon ouest". Le palais est prolongé à l’est et à l’ouest par deux ailes de bâtiment, vers le nord-ouest par une autre aile de bâtiment. Le pavillon est est flanqué d’un bâtiment nommé "maison Ejebo" disposant au sud d’une courette. Côté nord, une cave accessible de plain-pied depuis le jardin est éclairée par deux oculi. L’avant-cour donnait accès à la "salle synodale" ou "galerie" située au premier étage via le vestibule et l’escalier d’honneur en pierre de taille de granite flanqué d’une rampe en fer forgé. Au même niveau se trouvait la "chambre de l’évêque" et des appartements. Au rez-de-chaussée étaient rejetées les pièces de service : laverie, garde-manger, cuisine, office… Situé dans le prolongement de la cuisine, la "salle à manger " disposait d’un accès direct au jardin via un perron et un petit escalier. Plusieurs pièces du palais ont conservé leurs boiseries.L’aile orientale du palais est desservie par un escalier rampe sur rampe en bois à balustres (prolongé par un petit escalier secondaire donnant accès au niveau de comble) tandis que l’aile ouest est desservie par un escalier en vis (et un escalier rampe sur rampe autrefois situé à l’extrémité sud). L’aile nord-ouest à usage actuel de mairie est desservie par un escalier principal et un escalier en vis en bois secondaire.La construction du palais a majoritairement fait appel à des moellons de granite dont les parements extérieurs étaient enduits avec un mélange de sable et de chaux. Les entourages des ouvertures reçoivent des éléments en pierre de taille de granite. Un bandeau en pierre de taille de granite vient souligner l’étage. Portes et fenêtres sont dotées de linteaux droits à l’exception des ouvertures du rez-de-chaussée de l’aile nord-ouest qui reçoivent des linteaux en arc segmentaire (comme les arcs des deux passages pour automobile). Les trois anciennes remises (actuellement transformées en fenêtre) étaient chacune dotées d’un arc en plein cintre. Les chainages d’angle de l’aile nord-ouest et de la "maison Ejebo" montrent chacun le pilier d’une arcade et des pierres de taille en attente. A la jonction du pavillon et de l’aile ouest, deux petites fenêtres et un jour témoignent des dispositions anciennes du palais (fenêtre éclairant notamment l’escalier en vis). Sur la façade sud du pavillon ouest ont été intégrées des armoiries d’évêque. Contre cette façade est également présenté un ancien manteau de cheminée en granite portant l’inscription suivante : "DEV [DEUM] FIDE. SPE AC CHARITATE COLITO (Honore Dieu par la foi, l’espérance et la charité)" et le millésime 1574.

Dossier d'inventaire complet et photographies sur patrimoine.bzh

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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