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Sacristie et "librairie" de la cathédrale Saint-Tugdual

Sacristie et "librairie" de la cathédrale Saint-Tugdual (sacristie, milieu 15e siècle ; 4e quart 15e siècle) fait partie du patrimoine de Tréguier (Côtes-d'Armor) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationsacristie ; bibliothèque
Datationmilieu 15e siècle ; 4e quart 15e siècle
Matériauxgranite, pierre de taille, moellon
Statutpropriété de la commune
Domainearchitecture religieuse ; architecture de culture - recherche - sport ou loisir
RéférenceIA22133297

Historique

Selon le "catalogue des évêques de Tréguier rédigé au 15e siècle", la cathédrale Saint-Tugdual est agrandie sous l’épiscopat de Jean de Ploeuc (c’est-à-dire entre 1442 et 1453) d’une sacristie ("revestiarum") et à l’étage d’une librairie ("librariam") pour le chapitre. Pour rappel, il est couramment admis que la construction du cloître a démarré vers 1450 et s’est achevé en 1470 (bénédiction le 25 septembre 1468). Selon les archives des comptes de fabrique analysées par Michel Chauou, la construction de la librairie par Jean Le Jouhaff, maitre charpentier (qui s’occupe des échafaudages avec du bois provenant de Bégard) et des tailleurs de pierre est en réalité lancée en 1484 et s’achève en 1491 par des travaux de serrurerie. Plancher et lambris de la "nouvelle librairie" sont réalisés par Gérard Dru (menuiser et sculpteur) qui travaille également au mobilier : pupitres, bancs, escabeaux et tables (René Couffon, 1930 ; Michel Chauou, 1969). Du côté de la galerie du cloître au niveau des baies de la sacristie, et du côté ouest, la maçonnerie en pierre de taille de granite témoigne ainsi de deux campagnes de construction distinctes.La bibliothèque du chapitre de Tréguier s’enrichissait grâce à des dons : d’après Arthur de La Borderie, c’est l’importante donation faite par Prigent Le Barbu, trésorier de la cathédrale (mort le 1er avril 1486) qui a favorisé la construction d'une nouvelle librairie. Ses armoiries sont d’ailleurs placées en 1487 dans la grande vitre de la librairie due à Albert de Horst (peintre et verrier originaire d’Allemagne). Dans le mur est de la sacristie (située au rez-de-chaussée), le réseau en quadrilobe de la fenêtre principale en arc brisé a conservé en place le seul élément de vitrail ancien de la cathédrale gothique qui confirme parfaitement les sources archivistiques. Sous une mitre épiscopale et portée par deux anges, figurent les armoiries de l’évêque Jean de Ploeuc "chevronné d'hermines et de gueules de six pièces" qui a lancé les travaux du cloître. Sous la verrière éclairée en second jour par la grande lucarne ouverte dans le versant du toit du cloître, se dressait un autel dont la niche-crédence gothique en kersanton témoigne encore de la présence. Entre la tour Hasting (bras nord de la cathédrale) et la sacristie se trouvait, selon Jean-Jacques Rioult, un tambour de porte faisant sas (en colombage ou en menuiserie) conçu afin de sécuriser cet espace. Il était éclairé par une petite fenêtre basse. L'existence de ces dispositions (autel et sas) est confirmée par le procès-verbal du sénéchal de Lannion suite à l'incendie de 1632. Le bras reliquaire de saint Tugdual et le chef de Saint-Yves étaient conservés dans la sacristie avec le "trésor".L’absence de porte distribuant l’étage de comble et l’analyse de la charpente de type armoricaine (le volume des combles était rabattu par un plafond en torchis) permettent d’affirmer la présence d’une salle haute sous charpente accessible depuis l’escalier en vis de la tour Hasting (donc depuis la cathédrale). L'évêque pouvait passer du manoir épiscopal à l'église cathédrale en traversant la pièce située au premier étage et en descendant par l'escalier en vis (modifié à la même époque).En 1632, dans la nuit du 5 au 6 septembre, un incendie se déclare dans la sacristie : le feu s'étant maintenu au rez-de-chaussée, le premier étage et la charpente sont restés intactes. Cet épisode est connu par le "Procès-verbal de justice du trésor, titres et garants de l’église cathédrale de Tréguier" daté du 6 septembre et conservé aux Archives départementales des Côtes-d’Armor (2 G 457- f°1). Il nous apprend que "le feu avait pris dans la sacristie de ladite église, avait brûlé et consommés les trésors sacrés, les plus précieux ornements et les plus importants titres, lettres et garants dudit chapitre et de ladite église" (voir l'annexe intitulée "Incendie de la sacristie de la cathédrale de Tréguier, 6 septembre 1632 : extrait du procès-verbal du sénéchal de Lannion). Conservées dans une pièce du manoir épiscopal accolée à la sacristie, les archives de l’évêché n’ont pas été affectées par l’incendie de la sacristie : elles sont transférées au 19e siècle aux archives départementales des Côtes-d’Armor. Malgré un examen attentif, aucune trace d’incendie n’a pu être observée dans l’édifice.La date de l’aménagement du comble n’est pas connue mais pourrait se rapprocher de celle de la création des trois lucarnes est, c’est-à-dire du 18e siècle ce qui correspond aux travaux d’embellissement du palais épiscopal. La sacristie faisant partie de l’ensemble architectural formé par la cathédrale et le cloître, elle a été classée au titre des Monuments historiques par la liste de 1840.En 1935, les deux lucarnes ouest de la sacristie, originellement en bois, ont été remplacées par des lucarnes à fronton curviligne en granite. Peu après, la couverture de la sacristie a été remplacée par des ardoises épaisses de Sizun tandis que la charpente est consolidée.En 2002, le Mi

Description

Édifice situé entre la tour Hasting (bras nord de la cathédrale) et le palais épiscopal constituant la limite ouest du cloître. Il fermait à l’est l’avant-cour du palais épiscopal (aujourd’hui place du Général Leclerc). Construction soignée en pierre de taille et en moellon de granite comprenant à l’origine un rez-de-chaussée à usage de sacristie-chapelle, un étage sous charpente à usage de bibliothèque. La pièce du rez-de-chaussée est éclairée à l’est, côté cloître, par trois baies (dont une grande baie à remplage gothique) ; à l’ouest, par deux hautes baies à linteau droit chanfreiné et par une fenêtre basse éclairant à l’origine un tambour de porte situé entre la Tour Hasting et la sacristie. Les vitraux en petit losange de couleur claire des baies du rez-de-chaussée ont été conservés. La salle haute est dotée de dix fenêtres (menuiseries à petits bois) : cinq vers l’est, cinq vers l’ouest comportant chacune un glacis à trois degrés. Cette salle surprend par la qualité de son éclairage naturel donnant un aspect solennel à cet espace. Le plancher est constitué de tomettes reposant sur de la terre. La vocation de "coffre-fort" de l’édifice est renforcée par la présence de grilles sur chacune des fenêtres du rez-de-chaussée et de l’étage à l’est et à l’ouest. Le parement intérieur des maçonneries de moellon, autrefois enduit, est malheureusement jointoyé au ciment.La couverture actuelle en ardoises épaisses de Sizun est percée à l’est de trois lucarnes à linteau en arc segmentaire, à l’ouest de deux lucarnes à linteau droit et à fronton curviligne en pierre de taille de granite dans le style du palais épiscopal (lucarnes ouest créées au 20e siècle). Le bâtiment a conservé sa charpente ancienne en dépit de plusieurs campagnes de restauration (et de l’incendie de 1632). Le positionnement de la souche de cheminée située entre la sacristie-bibliothèque et le palais épiscopal laisse penser à la présence d’une cheminée dans la sacristie ou dans la salle haute (cheminée aujourd’hui disparue). Une corniche en granite souligne les murs gouttereaux. Le pignon nord, découvert, a conservé ses rampants et crossettes sculptées de têtes mi-humaines, mi-animales. Contrairement à la façade ouest restaurée au 20e siècle (le linteau en granite de la petite baie ouest a été changé en raison de sa fracture), à l’est, côté cloître, l’état sanitaire des maçonneries en pierre de taille est peu satisfaisant notamment au niveau de l’étage. De nouvelles techniques permettent de restaurer les pierres de taille sans avoir à les remplacer : une solution pour conserver les pierres d’origine de l’édifice.

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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