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Digue et cale de l'avant-port de Saint-Servan, terre-plein du Naye

Digue et cale de l'avant-port de Saint-Servan, terre-plein du Naye (digue, 2e quart 19e siècle) fait partie du patrimoine de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) décrit par l'Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne.

Dénominationdigue ; cale
Datation2e quart 19e siècle
Lieu-ditLe Naye
Matériauxgranite, maçonnerie, pierre de taille
Statutpropriété de la région
Domainegenie civil ; genie civil
RéférenceIA35132911

Historique

L’avant-port de Saint-Servan figure sur le plan du projet d'établissement d'un bassin à flot commun aux deux villes de Saint-Malo et Saint-Servan signé par Charles Girard de Caudemberg du 29 novembre 1834.La digue et la cale de l’avant-port de Saint-Servan ont été construites entre 1837 et 1840 ; elles sont contemporaines du fort du Naye, agrandi et reconstruit à partir de 1838. Côté Saint-Malo, l’avant-port est formé par le môle des Noires élevé entre 1837 et 1842.Le musoir de la digue a été réalisé en 1863.La légende explicative du plan des ports de Saint-Malo et Saint-Servan de 1870 précise que ce môle devait créer de l'abri pour les embarquements et, dans un second temps, protéger les portes des pertuis. L’avant-port, dont le fond est constitué de rocher, n'est facilement accessible qu'au-dessus de la mi-marée. La cale d’embarquement est accessible aux voitures hippomobiles.Entre 1890 et 1923, la digue ouest de l’avant-port de Saint-Servan semble avoir été réduite de 50 m de longueur [cf. comparaison des plans du port et de l’orthophotographie de 1923].Dans les années 1920, la réalisation de la grande écluse du Naye entraîne le remblaiement de l’avant-port de Saint-Servan et la création d’un terre-plein [cf. photographie oblique du chantier en 1929].La grande écluse du Naye est mise en service en 1931.C’est sur le terre-plein du Naye qu’un ensemble fortifié et une batterie d’artillerie antiaérienne lourde sont construits par l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale.En novembre 2025, les vestiges de la digue et un bunker de type L 401A sont réapparus lors des travaux d’aménagement de la nouvelle gare maritime du terminal ferry du Naye. Le terrassement lié à la construction du bunker numéroté III a nécessité en 1943 la démolition d’un tronçon de la digue de l’avant-port alors enfouie. Ces vestiges ont fait l’objet d’un relevé topographique par l’entreprise Colas en charge des travaux de terrassement et d’une couverture photographique par la Région Bretagne les 5 et 17 décembre 2025.Début janvier 2026, le signalement par l’Unité départementale de l'architecture et du patrimoine d’Ille-et-Vilaine au Service régional de l’archéologie de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de Bretagne de la présence de structures bâties en granite et de trois bunkers dans le périmètre du chantier a suscité l’intervention du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM), seul service compétent dans le cas de découverte sur le domaine public maritime artificiel.Le DRASSM s’est déplacé sur le terrain le 22 janvier 2026 pour examiner et comprendre les structures mises à jour. Après déblaiement à la pelle mécanique, la digue et le bunker numéroté III ont fait l’objet d’une couverture photographique par la Région Bretagne. Cette intervention a permis de sensibiliser au patrimoine les équipes en charge des travaux d’aménagement et à l’obligation légale de déclaration de découverte fortuite.Le jeudi 26 février 2026, lors du terrassement pour la réalisation du parking de la nouvelle gare maritime du terminal ferry du Naye, l’entreprise Colas a fortuitement découvert à 8.04 m NGF, sous un monticule de déblais en attente de réemploi, des structures bâties en granite correspondant à la digue [Cf. fiche évènement n° 39 du 26 février 2026, par l’entreprise Colas - VRD - Le Carré Emeric].La déclaration de découverte de bien culturel maritime, à savoir les vestiges d’une ancienne digue, par la SemBreizh, maître d’ouvrage délégué par la Région Bretagne pour l’aménagement du terminal du Naye à Saint-Malo, a motivé le DRASSM à prescrire le 5 mars 2026 une opération de sondage archéologique urgent afin de documenter cet ancien ouvrage portuaire. L’objectif du sondage était de cerner l’emprise exacte de la digue, d’observer si un niveau de circulation côté port était conservé, mais aussi de comprendre le fonctionnement de l’ensemble digue/cale et fort du Naye.Réalisée les 11 et 12 mars 2026 avec le soutien de l’entreprise Colas (mise à disposition d’une pelle mécanique équipée d’un godet lisse rotatif et d’un tombereau avec chauffeurs), cette fouille a été confiée à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP Grand Ouest) sous la direction scientifique de Ronan Louessard. La digue a été suivie en surface sur plus d’une quarantaine de mètres de longueur (une superficie de 461 m2 a été ouverte pour la fouille). En accord avec le maître d’ouvrage, le sondage a été laissé en l’état à l’issue de l’opération.L’étude historique de Ronan Louessard a été réalisée en collaboration avec la Région Bretagne - service de l'Inventaire du patrimoine culturel.

Description

Etat primitifL’avant-port de Saint-Servan était relié au faubourg de Saint-Servan par une digue faisant chaussée et progressivement élargie au fil du temps. Il était constitué d’un bassin ouvert vers le nord, mais protégé par la ville close de Saint-Malo, à l’est par la digue du bassin à flot et à l’ouest par une digue doublée d’une cale. Dans la digue du bassin à flot se trouvait le barrage du bassin nommé pertuis.Selon la légende explicative du plan des ports de Saint-Malo et Saint-Servan de 1870, la digue ouest de l’avant-port mesure 150 m de longueur, sa largeur est de 2 m dont 1 m pour le parapet. Au fond de l'avant-port, il y a 43 m de quais accostables.Les évolutions observées entre 1923 et 2025Selon l’orthophotographie de 1923, la digue mesure environ 100 m de longueur (cf. historique) pour une largeur d’environ 2,4 m. La cale mesure 10 m de largeur.La digue et la cale de l'avant-port de Saint-Servan sont remblayés dans le terre-plein du Naye (dans les années 1920).Le mur faisant digue, long d’une dizaine de mètres, située entre la digue du fort du Naye et la digue de l'avant-port de Saint-Servan, a été détruit (entre 1952 et 1966, vraisemblablement au début des travaux d’agrandissement du terre-plein du Naye). Dans cet intervalle se trouvait un bunker pour tourelle de char de combat appartenant au secteur défensif des écluses, Schleusenverteidigung numéroté "Ra 274". Encore visible sur l’orthophotographie de 1966, l’ouvrage a disparu en 1970.État d’après la fouille archéologique de l’INRAP (mars 2026)La partie sommitale de la digue est arasée à 8,04 m NGF au point le plus haut.La partie nord-ouest de la digue conserve trois blocs semi-circulaires du couronnement du parapet en pierre de taille de granite. Au moins cinq blocs semi-circulaires ont été trouvés à l’est de la digue dans le remblai composé de sable coquiller. Du côté ouest de la digue, ont été mis à jour des blocs de béton armé de grandes dimensions correspondant à la déconstruction des bunkers du terre-plein du Naye ou du fort du Naye. Derrière le parapet, l’espace de circulation avoisine un mètre de largeur.A léger fruit, le parement occidental de la digue est en pierre de taille montée au mortier de chaux. Il s’agit de granite de Lanhélin reconnaissable à ses nuances bleutée, similaire à celui mis en œuvre dans la digue du fort du Naye [Cf. Chauris, 2014].Au sud-est, la digue intègre partiellement les rochers du Naye, en migmatites de Saint-Malo, mélange de roches de type granite et de gneiss ou micaschistes. Ces rochers sont notamment visibles sur une photographie oblique de 1929 et figure sur un tableau Étienne Bouillé (1858-1933).A léger fruit, le parement oriental est en pierre de taille de Lanhélin montée au mortier de chaux. Le millésime "1924", peint sur une pierre de taille, a été observé au sud-est de digue ainsi que d’autres inscriptions malheureusement illisibles. L’année 1924 correspond aux travaux de construction de la grande écluse du Naye. Parallèle à la digue, la cale filant en pente douce vers le nord-ouest a été observée sur une quinzaine de mètres jusqu’à 5 m NGF. Elle est constituée de pavé de granite. Des dispositifs d’ancrage de câbles ont été observés dans le pavage. Ils pourraient correspondre aux fixations des élingues des équipements utilisées pour les travaux de construction de la grande écluse du Naye [cf. photographie oblique du chantier en 1929].

Dossier d'inventaire complet et photographies sur patrimoine.bzh

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Sources : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne (patrimoine.bzh), Licence Ouverte. Informations publiques mises à jour automatiquement : vérifiez dates, horaires et conditions d'accès auprès de l'organisateur ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer.

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